VI
Les observations que nous avons réunies dans la première partie de ce travail nous paraissent suffisantes pour dégager le type clinique dont nous poursuivons l'étude. Résumons brièvement les enseignements qu'elles renferment.
A côté de la périencéphalite diffuse, doit prendre place une périencéphalite localisée pouvant parcourir toutes ses périodes en tant qu'inflammation localisée ou pouvant au contraire envahir progressivement la plus grande étendue de la périphérie du cerveau; en un mot, pouvant se généraliser.
Cette périencéphalite localisée donne lieu, au point de vue clinique, dans les cas que nous envisageons, à des symptômes dont les plus saillants sont un délire à forme mélancolique et de l'affaiblissement radical de l'intelligence, délire et affaiblissement indépendants l'un de l'autre.
Je dis : dans les cas que nous envisageons. En effet, la périencéphalite localisée n'a pas toujours comme expression symptomatologique le mélange de délire mélancohque et de démence que présentent les faits qui précèdent. Si dans cette encéphalite la démence existe toujours, du moins à une certaine période delà maladie, le délire peut
s'exprimer sous une forme toute autre que la forme mélancolique, et on peut voir, par exemple, apparaître un délire ambitieux ou encore une agitation maniaque sans détermination délirante bien précise. Il existe dans la science et je possède des observations qui me permettent, je crois, d'établir d'ores et déjà ces deux derniers groupes de faits. Mais avant d'aborder ces différents points, j'ai voulu soumettre au jugement de mes Confrères l'étude de la périencéphalite localisée s' accompagnant de délire mélancolique ; c'est elle que j'ai observée le plus souvent et elle reste, d'une manière générale, plus nettement localisée que les deux autres.
Les considérations précédentes me paraissent justifier la dénomination de démence mélancolique^ que nous avons donnée au type clinique dont nous poursuivons l'étude, et indiquer la place de ce type dans le cadre nosologique.