LÉSIONS DES DIFFÉRENTS ORGANES DE L'ÉCONOMIE
Dans la démence mélancolique, le cerveau peut être seul altéré (Observ. v, vi); d'autres fois on trouve, du côté des autres organes de l'économie, des altérations variables.
ha. protubérance, le bulbe, le cervelet, participent quelquefois h l'altération qui a envahi le cerveau (Obs. m). La moelle peut être atteinte, et dans ce cas les alléra-
tions sont de mémo nature que celles qui existent du côté du cerveau. Chez Gib... (Obs. m), cette malade qui, on s'en souvient, présentait une méningo-encéphalite très nette, la dure-mère rachidienne était très congestionnée et en certains points enflammée, principalement au niveau du renflement lombaire et de la région dorsale, où on rencontrait des adhérences entre elle et la pie-mère. Cette dernière membrane n'avait plus son aspect normal; dans une grande partie de son étendue, elle était dépolie, boursouflée, et ofî'rait, au niveau des points qui adhéraient à la dure-mère, des dépôts fibrino-purulents blanc-jaunâtres, disséminés et minces, mais très nets. Les vaisseaux de la moelle étaient gorgés de sang, principalement à la partie moyenne et inférieure.
Les poumons peuvent présenter des altérations diverses. Ici c'est une pneumonie purement accidentelle (Obs. T...) ; là c'est une pneumonie bypostatique, complication fréquente des dernières périodes de la maladie (Obs. V, IV, III.) ; ailleurs c'est une lésion tuberculeuse (Obs. xvi).
Le cœur est un organe souvent atteint dans la démence mélancolique ; les altérations portent plus particulièrement sur le muscle cardiaque et à peu près exclusivement sur lé ventricule gauche, dont les parois sont tantôt épaissies, tantôt dilatées, souvent dégénérées.
La dilatation cardiaque me paraît toujours consécutive à la lésion cérébrale ; il en est ainsi évidemment chez Cous... (Obs... iv), dont le ventricule gauche surtout offrait une dilatation considérable, en. môme temps que les parois étaient en état de dégénérescence graisseuse.
L'hypertrophie, ainsi que l'indique son développement
' relativement à l'ancienneté de la maladie, est, elle aussi, souvent consécutive (Obs. xiv, xvii, etc.); cependant il n'en est pas toujours ainsi, et la clinique nous la montre précédant parfois l'apparition de la maladie cérébrale (Obs. m, xxii).
Le foie est souvent en état de dégénérescence graisseuse (Obs. III, IV, xvii). Cette altération peut envahir la rate^ le rein ; ce dernier organe est souvent congestionné.
L^estomac et Vintesti7i ne présentent généralement aucune altération, sauf parfois un peu de congestion. Le péritoine, le bassin^ peuvent offrir des traces d'inflammation (Obs. m, IV.)
L'utérus et les ovaires ne présentent aucune altération qui doive nous arrêter ; notons cependant qu'on peut retrouver du côté des organes des dégénérescences graisseuses'semblables à celles qu'on constate ailleurs.
Si nous envisageons dans leur ensemble les lésions des différents organes dans la démence mélancolique, nous voyons : d'une part, que ces lésions sont accidentelles ou au contraire qu'elles se lient à l'évolution de la maladie ; d'autre part, qu'elles sont plus ou moins localisées, et alors les lésions cardiaques sont de beaucoup les plus fréquentes ; ou bien au contraire qu'elles s'étendent à un grand nombre d'organes, et dans ce dernier cas nous nous trouvons en présence de lésions inflammatoires ou de dégénérescence, et plus particulièrement de dégénérescence graisseuse.
En résumé, dans la démence mélancolique, on peut retrouver des altérations du côté des difj'érents organes de Vé^
conomie; mais les seules altérations constantes sont celles qui existent du côté du cerveau, et encore ici faut-il distinguer les lésions accessoires , que caractérisent surtout des troubles vasculaires, et les lésions véritablement essentielles, qui se traduisent par un ramollissement de la substance grise périphérique, ramollisseme7it de même nature que celui de la paralysie générale, mais qui reste localisé et dont le siège principal est la base du cerveau et même certaines régions de cette base.