‹ De la démence mélancolique [electronic resource]Chapitre 60 sur 79 · PREMIÈRE EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE EXPÉRIENCE

Chien de chasse, roux, de taille moyenne, intelligent.

25 août 1882. Opération, dans le courant de l'après-midi, au niveau du côté gauche de la face, suivant le procédé indiqué plus haut. Après l'opération, le chien, délié de ses entraves et mis à terre, présente pendant quelques secondes un mouvement giratoire de gauche à droite. Reconduit dans sa niche, il marche parfaitement. Le soir, ahattement; il refuse la nourriture.

26. Ahattement, refuse de manger, reste couché ; lorsqu'on l'ohlige à se lever et à marcher, il est constamment entraîné vers la droite et recherche, pour s'y appuyer et le suivre, le mur de ce côté: il y a évidemment paralysie des muscles du côté droit.

27. Le chien est couché. Diminution de la fièvre ; a mangé un peu ; les symptômes de paralysie persistent. La plaie se cicatrise régulièrement, la pression fait écouler par l'extrémité inférieure une légère quantité de pus.

28. Disparition de la fièvre : le chien mange ; tous les symptômes généraux ont disparu, la plaie est en voie de guérison avancée, et on ne peut rattacher ni à l'état local ni à l'état général les symptômes qu'on constate à ce moment. D'ailleurs ces symptômes se continuent jusqu'à l'époque où nous sacrifions le chien (12 septembre), et alors, depuis plusieurs jours déjà, la plaie était complètement cicatrisée et la pression ne réveillait de douleur que lorsqu'on arrivait sur l'os au niveau du point perforé. Ce chien mange régulièrement, mais il se plaît à rester couché ; quand on parvient à le faire lever, il se tient dans la position que nous avons cherché à représenter dans la fig. 1 , Pl. VII : complètement immobile, la queue repliée entre les jambes, son regard est vague, comme effrayé, et se porte vers les personnes ou vers les objets qui l'entourent ; son altitude nous rappelle complètement celle de l'individu atteint de stupeur lypémaniaque, lequel, on lésait, tout en restant immobile, promène autour de lui un regard qui reflète un sentiment de vague frayeur. Ce chien

reste dans cette attitude longlcmpa, souvent pendant une heure ; puis il se coucbe. Quand il est excité, il sort de son apathie, devient irritable et méchant ; mais, dés qu'il est abandonné à luimême, il retombe dans la stupeur. La paralysie du côté droit persiste toujours.

Les phénomènes précédents se continuent tels jusqu'au 12 septembre, et comme ils ne subissent aucune modification, nous sacrifions le chien.

Autopsie immédiatement après la mort.

La plaie extérieure est absolument cicatrisée.

Méninges et hémisphères de la convexité normaux.

A la base, on ne constate au niveau de la dure-mère qu'une légère congestion de cette membrane qui tapisse la fosse moyenne gauche; dans le reste du cerveau, elle est parfaitement saine. Le cerveau est normal dans les différents lobes du côté droit ; il en est ainsi au niveau des lobes frontaux et occipitaux à gauche ; mais, sur le lobe sphénoïdal de ce côté, l'injection que nous avons pratiquée a produit en cette région une altération en masse du tissu nerveux, altération d'une couleur rouge foncé et qui occupe la plus grande étendue de ce lobe (Pl. VII, fig. 2, n» 1). Cette altération s'étend assez profondément dans l'intérieur delà substance blanche (Pl. VII, fig. 2, n° 1, 2 ; a. &) et atteint une grande partie du pédoncule cérébral gauche (Pl. VII, fig. 2, p) ; elle a produit autour d'elle une congestion du tissu nerveux.

Protubérance, bulbe, cervelet, moelle, normaux.

A l'intérieur du crâne, on constate très nettement le petit trou produit par la perforation.

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