‹ De la démence mélancolique [electronic resource]Chapitre 61 sur 79 · DEUXIÈME EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME EXPÉRIENCE

Chien mouton, très intelligent, très doux et caressant.

28 août 1882. Opération pratiquée dans l'après-midi, au niveau du coté gauche, suivant les indications données précédemment. Après l'opération, pendant quelques secondes, mouvement giratoire de gauche à droite. Le soir, tristesse, abattement, refus de de manger ; reste couché.

PHYSIOLOr.IE PATHOLOGIQUE. 249

29. Fièvre légère, abattemcut, tristesse ; ne mange que très-peu ; bon aspect de la plaie.

30. Le cliien mange davantage qu'hier ; n'a plus de fièvre, mais est toujours triste et abattu; il reste coucbé. Quand on veut le faire lever, il grogne, cherche à se coucher, et il faut le frapper pour le faire marcher ; on constate alors de la paralysie de tout le côté droit. Les membres de ce côté, surtout le membre postérieur, sont plus écartés du corps que ceux du côté opposé ; l'animal a de la tendance à décrire un cercle de gauche à, droite et cherche à s'appuyer contre le mur, qui lui sert ainsi de conducteur. La plaie est en voie de cicatrisation.

3L Dans le courant de la matinée, attaque épilepliformc présentant tous les caractères de l'attaque d'épilepsie ordinaire ; cependant, légère prédominance des contractures du côté gauche. Après l'attaque: égarement; va et vient sans savoir ce qu'il fait et toujours en décrivant un cercle de gauche à droite.

L'après-midi, nouvelles attaques présentant les mômes caractères que celle du malin-, et laissant après elles un étal d'égarement très marqué: P. 104; R. 7G; T. 39,5.

1" septembre. Les attaques ont disparu et ne se reproduisent plus ; le pouls, la température et la respiration sont revenus à leur état normal ; cependant encore un peu d'égarement, abattement, tristesse ; le chien mange régulièrement.

2. Pas de fièvre, plus d'égarement, vie végétative normale; plaie en bonne voie de cicatrisation. Un point de suture a cependant été arraché, mais cette plaie ne peut rendre compte des phénomènes psychiques que nous constatons, et qui persistent d'ailleurs après la cicatrisation complète.

Ce chien est toujours triste ; abandonné à lui-môme, il reste couché ou se tient debout et immobile, mais à certains moments on le voit relever la tôte, comme s'il avait peur de quelque chose : c'est qu'en effet le moindre bruit l'effraie ; une feuille qui remue suffit pour le faire se mettre en garde; son ombre, sa chaîne, provo([uent chez lui des mouvements de frayeur ; aussi l'œil de cet animal exprimc-t-il, en môme temps que la tristesse, la défiance et la peur.

Oc chien, autrefois des plus familiers, fuit les caresses ; il est

devenu méchant et menace de mordre même la personne qui lui donne à manger. L'appclle-t-on, il fuit, se blottit contre le mur en grognant; son œil est triste et défiant, et il cl.erclic à mordre (PI. VIII, fig. 1).

Les phénomènes précédents, que caractérisent de la tristesse, un sentiment de crainte poussé très-loin et un changement complet dans le caractère, existaient encore, tels que nous venons de les décrire, le 17 août 1882, jour où nous sacrifions ce chien. A ce moment, depuis plusieurs jours déjà, la plaie extérieure était complètement cicatrisée, et seule la pression au niveau du point- du crâne perforé réveillait de la douleur..

Autopsie faite immédiatement après la mort. Cicatrisation complète de la plaie.

Méninges et système nerveux parfaitement sains au niveau de la convexité.

A la base, aucune altération bien marquée delà dure-mère ; lobes frontaux et occipitaux sains ; lobe sphénoïdal droit sain ; au niveau du lobe sphénoïdal gauche, altération très-nette sous forme de foyer noirâtre (Pl. VIII, fig. 2, n» 1) ; autour de ce foyer et envahissant toute l'étendue du lobe sphénoïdal, existe un ramollissement grisâtre et superficiciel de la substance nerveuse (Pl. VIII, f\g. 2, a. h. c), ramollissement qui atteint le pédoncule cérébral gauche (Pl. VIII, fig. 2,p).

Protubérance, bulbe, cervelet, moelle, normaux.

On retrouve sur les parois du crâne le petit trou produit par le foretr^

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