CHAPITRE V. Diagnostic. — Pronostic
Los considérations dans lesquelles nous sommes entré, dans la première partie de ce tiavail, pour dégager la démence mélancolique en tant que type clinique; Tétude détaillée que nous avons faite de la symptomatologie de ce type, nous permettent d'être bref dans l'étude de son diagnostic différentiel. Ge diagnostic se pose surtout avec l'aliénation mentale simple à forme mélancolique et la paralysie générale.
Diagnostic différentiel entre la démence mélancolique et Valiénation mentale simple à forme mélancolique. — Trois symptômes principaux s'associant dans des proportions variables : délire mélancolique, démence et troubles somatiques, nous ont servi à séparer la démence mélancolique du groupe des vésanies.
Dans les cas ordinaires, à la période d'état, alors que les éléments que nous venons de rappeler ont pris leur complet développement, ces éléments impriment à la démence mélancolique une physionomie telle, qu'il nous paraît difficile, maintenant qu'ils ont été mis en relief^ que cette démence puisse être confondue avec une aliénation mentale par troubles fonctionnels. A ce moment, le délire peut bien être encore l'élément prédominant, mais derrière lui se dissimule mal un affaiblissement radical
2g9 DÉMENCE MÉLANCOLIQUE.
de rinlelligonce, qu'un examen un pou attentif montre plus profond qu'il ne paraît au premier abord, et dont souvent on peut retrouver les traces dès les premières périodes de la maladie. En même temps, l'hébétude de la physionomie, la flaccidité des traits, les stases sanguines qui arborisent les pommettes, les paralysies localisées— chute des paupières, paralysies faciales, dilatation pupillaire, diminution du sens de l'olfaction, troubles dans la prononciation — donnent àl'habitus extérieur un cachet particulier, indiquent l'existence d'un travail organique du cerveau, et par conséquent obhgent à rejeter l'idée d'une vésanie simple. De plus, quand on remonte aux antécédents, lorsqu'on suit l'évolution de la maladie, on rencontre d'importants éléments que nous retrouverons tout à l'heure et qui viennent confirmer le diagnostic.
Dans les premières périodes de la maladie, il est plus difficile qu'à la période d'état de distinguer la démence mélancolique de l'aliénation mentale par troubles fonctionnels, k ce moment, en effet, le délire paraît si bien résumer toute la maladie que dans certains cas, il faut je reconnaître, le diagnostic reste en suspens. Quelquefois même, n'étaient l'hébétude et les stases sanguines qui arborisent les pommettes et les ailes du nez, ce diagnostic resterait tel pendant une assez longue période de la maladie. Cependant ces cas sont rares, même alors que le malade est dans sa période d'excitation et que celleci dissimule les symptômes de déchéance intellectuelle, même lorsque les symptômes somatiques sont encore très peu prononcés, fugaces même ; l'habitus extérieur du malade, son teint pâle sur lequel tranchent déjà quelques stases sanguines, un certain relâchement des muscles de la face, souvent un léger ptosis, une faible