‹ De la démocratie chez les prédicateurs de la Ligue [microform]Chapitre 127 sur 196 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DEPUIS l'entrée de HENRI IV A PARIS JUSQU'A

l'attentat de RAVAILLAC.

Conséquences de rentrée de Henri IV à Paris.- Boucber se retire avec la garnison de Philippe H.-Garift , déguiséen soldat espagnol, est découvert dans ungrenier.-Obslination d'Aubry.-Le cardinal de Plaisance remmène à Rome.-Arrestalion deCueilly.-Sa {xn.-Billets envoyés à plusieurs prédicateurs.-Amendement de Pelletier. -Esprit conciliant de Henri IV.-Sermons de Boucher à Beauvais. — Les livres du curé de Saint-Benoît sont brûlés par le bourreau. -Réaction. - Sermons absolutistes. -Exil du bedeau Noël.-Pension donnée à Guincestre.- Feuardent se convertit au parti royal.

L'entrée de Henri IV à Paris n'était qu'une suite nécessaire de son abjuration. A ne considérer cette abjuration qu'au point de vue politique , et en mettant à part la question religieuse , on peut dire que ce fut le plus grand événement de la fin du xvi« siècle. Il y avait là autre chose qu'une affaire de succession ; il y avait deux conséquences graves : d'une part , l'équilibre était rétabli en Europe en faveur du catholicisme un moment ébranlé ; de l'autre , la domination de la maison d'Autriche recevait un grave échec. En d'autres termes, l'œuvre de Philippe II était couronnée de succès dans l'ordre rdigieux ; elle échouait dans l'ordre politique.

Mais je n'ai pas à faire l'histoire de France , et il convient de nous renfermer strictement et de plus en plus dans notre donnée spéciale , c'est-à-dire l'histoire de la prédication pendant la Ligue. Je crois avoir épuisé dans tous les sens , et jusqu'à la satiété, je le sens, ce que les historiens et les documents pouvaient fournir de matériaux et de textes à ce sujet. Maintenant , il ne reste plus que deux choses à faire ; 1° à constater les conséquences des sermons de la Ligue ; '2P à retracer la biographie postérieure de ceux auxquels nous avons vu exercer tant d'influence par la parole , durant ces longs troubles. C'est la double tâche que j'ai encore à remplir.

Quand le bruit se répandit que le roi était entré dans Paris, les ligueurs et les prédicateurs en particulier furent attérés, tandis que le peuple, heureux de la nouveauté, heureux de voir cesser la guerre, se jetait du côté du vainqueur et accueillait Henri IV avec enthousiasme.

Les plus fanatiques se retirèrent dans le pays latin et attendirent en armes. Le curé Hamilton, la pertuisane en main , alla les y rejoindre et prêter aide à Crucé , capitaine du quartier Saint-Jacques, qui s'était mis à la tête de ces forcenés. Mais ces airs farouches venaient trop tard, et le conseiller Du Vair, rencontrant Hamilton , l'envoya chanter son Te Deum (1).

La garnison espagnole, on le sait, parlementa et évacua Paris dans la journée. Quelques-uns des prédicateurs des Seize se joignirent à ces bandes étrangères (2). Après leur sortie , dit Palma Cayet, on alluma des feux de joie, autour desquels le peuple chantait le Te Deum laudamus.

Boucher était l'un des soixante moines ou prêtres qui

(!) Lestoile, Journ. de Henri IV, p. 22i A. (Ext. du Suppl. de Téd. de

(2) Palmn Cuyet, Chron. novennaire (Coll. Petitot, sér. I, l. XLII, p. 207.)

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