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Analyse de ce traité.
I. — C'est la nature qui a créé les républiques et les sociétés civiles. La républiqxœ choisit à son gré un gouvernement , soit royal, soit aristocratique , soit démocratique. Le principe de l'élection des
(2) Le Bassigni a été réuni à la couronne de France en 1361 avec la Champagne ; les rois de France établirent même un bailliage à Chaumont. (V. le Dict. Géog. de Lamartinière.) Chaumont ne faisait donc pas partie du royaume de Bourgogne.
APPENDICE
APPENDICE
rois découle de la nature constituée par Dieu , et de la raison que Dieu aussi a donnée à l'homme (1). Le peuple peut, selon les exigences du temps et des mœurs, modifier le gouvernement. Cela dépend de sa volonté (2) , qu'on se souvienne que la royauté est voisine de la tyrannie , vicinam tyrannidcm.
II. Ce serait la marque d'une âme vile de négliger ce noble don de la liberté qui est en nous (3). Tout roi, avant de monter sur le trône , même par succession , doit interroger la volonté nationale. Avant leur couronnement, les monarques n'ont pas d'autres droits sur leur empire que ceux du fiancé sur sa fiancée (4). Un prince qui se croirait roi avant que cette solennité du couronnement ne fût accomplie , serait un tyran (5). Même après l'avénement , la propriété des domaines royaux reste au peuple (6), et c'est au peuple aussi qu'il appartient à son gré d'étendre , de restreindre, de modifier, d'abolir le pouvoir monarchique , ou de substituer un autre pouvoir au pouvoir existant (7).
III. — Qu'est-ce qu'un tyran? Ce n'est pas assurément un roi comme l'excellent et très-clément (8) Charles IX : il suffit de rappeler ses actes, par exemple, la saint Barthélémy, Juslitia Bartholomœana (9). Qu'est-ce donc qu'un tyran? (L'auteur développe ici les idées de La Boëtie ; voir plus haut p. lxiii.)