‹ De la démocratie chez les prédicateurs de la Ligue [microform]Chapitre 19 sur 196 · XL VIII · texte numérisé non relu

XL VIII

cisme. Ce monarque, au rapportde Brantôme, disait souvent, en parlant de la Hétorme : « Geste nouveauté tend du tout au renversement de la monarchie divin^et humaine. » Et cependant aucun des rois du Nord qui embrassèrent le protestantisme ne tut détrôné, tandis que la résistance orthodoxe assassina le dévot Henri III, et ne cessa de tramer contre la vie de Henri IV converti.

On ne peut nier toutefois que la Réforme ne flattât, dans le cœur des peuples, ce secret principe d'indocilité, comme dit Bossuet, cette liberté farouche qui est la cause des révoltes. D'ailleurs, ainsi que l'écrivait le cardinal Bentivoglio (1), l'organisation toute représentative et républicaine des églises calvinistes, ces consistoire^, ces colloi[ues, ces synodes, ces délibérations fréquentes, cet ensemble enOn d'institutions libres, en dehors du gouvernement, n'étaient pas propres à entretenir le respect de la royauté.

Mais c'est surtout par les pamphlets des réformés que les doctrines démocratiques, que les doctrines du régicide commencèrent à se développer peu à peu, à se propager. La noblesse faisait les guerres civiles ; elle n'écrivait pas. Ce soin secondaire était laissé aux docteurs, aux mini^tres, aux simples érudits, imbus de l'esprit de l'antiquité, nourris de la Bible. Les premiers ouvrages calvinistes répandus en France affectaient la gravité, le ton dogmatique, la phrase solennelle la citation pédante : bientôt o:î imita les satires boutTonnes des Luthériens ; on riposta aux lourds traités des catholiques par des libelles diffamatoires, par des placards de toute espèce, par des cartrs et peinctnrrs, par des livrets railleurs. Ce fut toute une guerre déplume, guerre virulente et amère.

A la longue les idées démocratiques se Grent jour à travers les plaisanteries. On flnitpardiscutercedonton avait appris à se moquer. Ces insinuations contre la royauté n'effrayaient

(1) Relaz. degli Ugonotti di Francia, ap. Sismondi, Ilist. des Fr. t. XX, p. 97.

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