‹ De la démocratie chez les prédicateurs de la Ligue [microform]Chapitre 49 sur 196 · CHAPITRE 1, § IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1, § IV

quelqu'un de la cour. Boucher, par V Histoire tragique de Gaverston, frappa à son tour sur Nogaret d'Epernon, le mignon de Henri IIL Sans doute le corps de l'opuscule n'est pas fort curieux ; c'est une traduction de Walsingham, historien anglais du x\^ siècle, et comme il s'agit d'un favori d'Edouard II, la transparence des allusions est manifeste ; mais la lettre qui précède ces pages assez insignifiantes est d'une incroyable audace : Boucher pousse ouvertement au meurtre de d'Epernon, dont il a dit ailleurs: qua bellua nihil terra vidit impurius (1). « Ainsi finit Gaverston , dit-il ; nous en espérons autant, quand il plaira à Dieu vous chasser, comme un proditeur de la patrie , de ce royaume , ou bien (de peur que ne retourniez comme fit Gaverston ) de vous oster de ce monde. » Ces menaces de mort sont semées de plaisanteries atroces et fort peu dignes d'un docteur en théologie. Il serait impossible de s'en figurer la minutieuse platitude : en voici un exemple. Cherchant l'anagramme de Periure de Nogaret dans Pierre de Gaverston , Boucher trouve d'abord une S de trop. « Mais cette S, dit-il , est proche du T ; or le T est un simulacre de la potence ; l'S qui y touche figure donc le cordeau que vous traînez après vous. » Voilà les aménités de la Ligue. Nous n'en sommes pas au dernier anagramme. La Ménippée ellemême ne retrouvera-t-elle pas dans le nom d^ frère Jacques Clément « c'est l'enfer qui m'a créé ? » Pour produire plus d'effet , Boucher avait aussi inséré, dans cette diatribe , des vers de sa façon , dont voici quelques uns. L'auteur les

(1) Dejusta abdicatione Henrici HI, p. 142. — Le Gaverston esl bien de Boucher, quoique Palma Gayet, dans sa Chronologie novennaire, dise seulement : « Le bruit esloit que c'estoit du cure de Saint-Benoît. » Boucher paraît avoir été aidé dans la rédaction par l'archevêque de Lyon, Pierre d'Espinac. Cela se sut, et, dans l'incertitude de l'anonyme, l'ami de d'Epernon , qui répliqua par l'Anti-Gaverston , nccumiûai contre d'Espinac les plus abominables accusations, jusqu'à lui reprocher un inceste avec sa sœur. M. de Sismondi a eu tort d'attribuer V Histoire de Gaverston au seul d'Espinac. ( Histoire des Français, t. XX, p. 324).

adresse à Henri III , et il s'agit des prodigalités inouies du

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