‹ De la démocratie chez les prédicateurs de la Ligue [microform]Chapitre 69 sur 196 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

DEPUIS l'assassinat DE HENRI III JUSQU'a LA LEVEE DU SIÈGE DE PARIS EN AVRIL 1590.

Mot impie de Guincestre. — Récriminations contre Henri III.— Clément déclaré bienheureux. — Harangue de madame de Montpensier aux Cordeliers. — Propagation de la doctrine du régicide. — Henri IV fait exécuter deux prédicateurs , Chessé et Bourgoing. — Sermons en Espagne et en France contre Sixte V. — Le pape rappelle en vain Panigarolie. — Cet évéque prêche à Paris en italien. — Sa modération relative. — Les Seize le menacent et il devient violent.

Quelques jours avant le meurtre de Henri III , un des principaux chefs de l'Union, ayant scrupule de faire ses Pâques à cause des sentiments de vengeance quMl se sentait au fond de l'âme , était venu consulter Guincestre. « Vous avez conscience de rien , lui répondit le curé ; moi qui consacre chaque jour , en la messe , le précieux corps de Notre-Seigiieur, je ne me ferais aucun scrupule de tuer le tyran , à moins qu'il ne fût à l'autel , et ne tînt une hostie en main d (1).

Ce prêtre cependant , qui prêchait l'assassinat avec tant d'impudeur, retrouvait jusqu'en ses plus grands égarements les traditions de la charité chrétienne. A quelque temps de ces sermons régicides, la populace traîna chez Guincestre, comme chez son chef naturel , deux dames huguenotes, se figurant que le curé de Saint-Gervais allait servir de porte- Ci) Lestoile, Journ. de Henri JII^ p. 289 B.

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