‹ De la democratie en AméricqueChapitre 30 sur 48 · II · texte numérisé non relu

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nojnt capaUey^ie» gouyemés sont (dos ëdairét et plas attentifs. ^ " '*,

Le peuple, clans les démocraties, occupé comme il Test sans cesse de ses affaires, et jaloux de ses droits, empêche ses représentants de s'écarter d'une certaine ligne générale que son intérêt lui trace.

Remarquez encore que , si le magistrat démocratique use plus mal qu'un autre du pouvoir ; il le possède eu général moins longtemps»

Mais il y a une raison plus générale que celle-là , et plus satisfaisante.

Il importé sans doute au bien des nations que les gouvernants aient des vertus ou des talents ; mais ce qui, peut-être, leur importe encore davantage, c'est que les gouvernants n'aient pas d'intérêts contraires à la masse des gouvernés* Car, dans ces cas, les vertus pourraient devenir presque inutiles, et les talents funestes.

J'ai dit qu'il importait que les gouvernants n'aient point d'intérêts contraires.ou différents de la masse des gouvernés; je n'ai point dit qu'il importait qu'ils eussent des intérêts semblables i ceux de tou$ les gouvernés; car je ne sache point que la chose se soit encore rencontrée.

On n'a point découvert jusqu'ici de forme po* Ittique qui favorisât également le développement et la prospérité de toutes les classes dont la société se compose. Ces classes ont continué à former comme autant de natioflf distinctes dans la

mènie wÊ6att^ ft'flenpërlence a prouvé qu'il était presque aussi dangereux de s'en remettre com^ plétement à aucune d^eHes dusort des aiftres, que de faire d'un peuple l'arbitre des destinées d'un autre peuple. Lorsque les riches seuls gouvernent, yintérét des pauvres est toujou^ en péril; et lorsque les pauvres font la loi , celui des i*icbes court de grands hasards. Quel est doncl'avantage de la démocratie? L'avantage réel de la démocratie n'est pas, comme on l'a dit, de favoriser la prospérité de tous, mais seulement de servir au bien-être du plus grand nombre.

Ceux qu'on charge, aux États-lMis , de diriger les affaires du public sont souvent inférieurs en capacité et en moralité aux hommes que l'aristocratie porterait au pouvoir.Mais leur intérêt se cou» fbnd et s'identifie avec celui de la majorité de leurs concitoyens. Il peuvent donc commettre de fréquentes infidélités et de graves erreurs ; mais ils fie suivront jamais systématiquement une ten^» dance hostile à cette majorité ; e€ il ne saurait leur arriver d'imprimer au gouvernement une allure exclusive et dai^ereuse.

La mauvaise acbninislration d'un magistrat, sous la dénKHsratie , est d'ailleurs un fait isolé qui n'a d'influence que pendant )a> eourte durée de cette administration. La corrup(;^on et l'i^apacité ne sont pas des intérêts communs , qui pi^issent lier entre eux les hommes d'une manière perm^mente»

Un magistrat corrompu, oa>ncapal|le^ m eofUt-

Unem p4Mâ» efforts mme vm^ aoMioi^fMpit, {rib la seule raison que ce demiir est incapable el eorrmUfm ceaMae lui , el ces deun hommes ne travaillevogat jamais de concert à faire fleurir. la o^craptfon et l'incapacité chez leurs arrière-neve«(* L'ambition et lea manœuvres de l'un ser- , Tirent ) au contraire ; à démasquer J'autre. des vices du'ma^^tiat, dans les démocraties, loi sont en général tout personnels.

Mais les hommes publics, sous le gouvememeni de l'aristoc^tie, ont un intérêt de classe qui, s'il se confond quelquefois aveo celui de la majorité, en re^te souvent distinct. Cet intérêt forme entre eux un lien commun et durable; il les invite à unir et à combiner leurs efforts vers unbu^qui n'est pas toujours le bonheur du plus grand nom* bre : il ne lie pas seulement les gouvernants les uns aax autres , il les unit encore à une portion eonsidéraMe de gouvernés; car bea«eoup de citoyens, sans être reiétus d'aucun emploi , font partie de l'asistoékTatie.

Le magistral aristocraÉiquerencoptre donc un appui constant dans la sociélé , ejp même tempa* quKIen trouve on dans le gotvemetnent.

€etolrjet eommum , qui dans lea afristœratîes unit toijnagialrats à l'intérêt d'une partie d^ leors contempomîiM, les idqplifte encore el les soumet, pourliiâi'dire, à celui des raoea futures. Ils tra* TaiHent-^iour l'aveiir aussi Men que pour k pré*sem» U magisIrM lyriatoeraliqàe est donc^fmissé

tout à Ift fw rers- un même poiuAf par le» pi^nlms des gouTernës, par ka si^nae» propres^ «f , je poomûa presque àix^ par les passima db sa: pce^

CoDuneni s'étonner , s'il ne résiste poiat?' Aussi Toit«»on souvent, dans les aristocrafties ^ Fèspfit da classe entraîner cenx même qu'il ne Gorro»|ilpas^ el flaire qu'à leur insu ils aeeommodent peu a peu la société à leur u^a^» et la préparent pour leurs descendants*

Je ne sais s'il a jamais existé nne aristocratie aussi libérale que celle d'Angleterre, et qui ait, sans interruption , fourni au gouvernement du pays des hommes aussi dignes et aassi éclairés.

11 est cependant facile de reconnaître que, dans la législation anglaise , le bien du pauvre a fini par être entièrement sacrifié à celui da riche , et les droits du plus grand nombre aux privilèges de quelques-uns. Aussi l'Angleterre , de nos jours , réunit-elle dans son sein tout ce que l£^ fortune a déplus extrême, et ses dangers, ainsi que ses misères » égalent piresque sa puissance et sa gloire.

Aux Etats-Unis, où les fonctionnsûres- publics n'ont point d'intérêts de classe à faire prévaloir, la marche générale et continue du gouvernement est bienfaisante » quoique les gouvernants soient souvent inbaUlea ,. et quelquefois^ méprisables*

Il y a donc, au fond des institutions démocr^ tiques, une tiçndaiice^ cachée qui&it pouvant Ç99r

ur-ic lealMMwneS'à livprespérit&0énéraie^:9>At-

gré kmrs vices ou leurs erreurs; tandis que, dans les instilu tiens aristocratiques , il se découvre quelquefois une pente secrète qui , en dëplt des talents et des vertus , les entraine à contribuer aux misères de leurs semblables. C'eâlt ainsi qu'il peut ar«ver que , dans les gouvernements aristocratiques, les hommes publicsfassent le mal sans le vouloir, et que , dans les démocraties , ils pro* duisent le l\ien sans en avoir la pensée.

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