‹ De la démocratie industrielleChapitre 14 sur 31 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

MONOPOLE DES USSTRUJUENTS 1)E TRAVAIL , PRINCIPALEMENT SOUS FORME DE MACULES.

La possession des instruments de travail, ou des capitaux qui servent à les acquérir, est évidemment le plus important de tous les monopoles, si V accession n’en est pas possible pour tous. Nous dironsplus loin comment elle peut etre tucilitéc par les institutions de crédit, le plus puissant moyen d'assurer A chacun la liberté de fait, Fessor complet de toutes ses facultés. Nous traiterons surtout ici des capitaux accumulés formant des moyens d'action bien puissants, et qui sous forme de machines constituent les grands établissements dont nous avons déjà parlé, et quenous avons cherché à définir en les appelantrindnstÉé à l’anglaise, l'industrie féodale.

« La puissance d’extension inhérente à la richesse acquise sert puissamment, dit M. Passy (de la Division des héritages)

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DÉMOCRATIE INDUSTtUELLE*

■* maintenir les disparités de situation existantes. D une part, avec tes revenus dont ils jouissent, croit, pour les gens riches, la facilité d'accumuler des épargnes ; de f autre les affaires leur offrent des avantages d'autant plus marqués quils ont plus de ressources à y affecter. « Gagnez le premier million, les autres viendront tout seuls. » Ce vieux dicton commercial est plein de vérité : plus les opérations, plus les spéculations demandent de fonds, moins elles sont accessibles au grand nombre, et plus le peu de concurrence qu'elles admettent les rend lucratives. C'est ce qui permet surtout aux grands capitalistes de réaliser des bénéfices considérables ; seuls ils peuvent agir sur de grandes masses de valeurs ; seuls ils peuvent attendre des résultats éloignés et faire entrer beaucoup de temps dans leurs calculs ; seuls ils sont à même d'acquérir les usines, les établissements, les propriétés dont la grandeur empêche le prix de monter au point que devrait fixer le revenu qu elles produisent. En vérité, à l'aspect des facilités de gain et d'accumulation réservées aux plus riches, on comprend que ce n'est pas trop des goûts d ostentation et des penchants désordonnés que leur inspirent si fréquemment là satiété des jouissances, la vanité du rang et les ennuis du désœuvrement pour préserver les sociétés des abus inséparables de la concentrai ion excessive des richesses. r>

Voilà le seul remède à un mal parfaitement défini, que trouve un homme profondément honnête! Ne vaut-il pas mille fois mieux que le pouvoir social combatte cette prépondérance du capital en pesant de tout le poids de la puissance énorme de l’association de tous pour rendre la partie égale au travail et à la capacité, non pus en écrasant

DEMOCRATIE INDUSTRIELLE. i î(

lu capif.il acquis, c est-à-dire en taisant rétrograder les plus avancés, mais en favorisant la création et l'appropriation de la richesse pour ceux placés au bas de l’échelle sociale et qui font des efforts pour s’y élever?

Revenons aux fabrications par machines, modèle phisfiaillant de la concentration des capitaux dans l’industrie productive.

C est au savant Sismondi que revient l’honneur d’avoir le premier fait sentir l’écueil vers lequel tendait le système de fabrication P ar machines de la factorie anglaise. 11 représente comme l’idéal de l’économie politique le roi d’Angleterre mettant seul en mouvement le mécanisme qui décide le mouvement de tous les automates de son royaume qui effectuent seuls le travail, sans intervention de force humaine. Mais, ajoute-t-il avec raison, il faudra alors que les citoyensqui vivent de leur travail seulement disparaissent, meurent de faim.

^ En effet, plus le nombre des machines augmente, plus le rftle du capital dans la production devient prédominant, plus celui du travail s’efface, plus enfin se ferme l’issue qui permet à 1 ouvrier de s’élever, si en même temps la propriété ne se divise pus. C’est pour cela que l’exploitation par grands ateliers, à l’anglaise, se trouve constituer un monopole de lait qui rend la concurrence impossible pour lu plus grand nombre. Quel est le remède possible à cet inconvénient? Ce serait un système qui, se plaçant à la limite ideale que fixait Sismondi établirait le partage général de ce monopole, rendrait tous les citoyens proprietaires du travail des machines. Ce serait l'affranchissement de la race humaine du fardeau du travail, la Véritable tendance du travail par machines etee qui doit

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faire ranger leurs inventeurs parmi les bienfaiteurs de

l'humanité.

Bien nous garde cependant de l'idée de vouloir rendre VÈtat propriétaire d'établissements manufacturiers! Un semblable système serait destructif de la société civile dont le développement et la prospérité doit être le but des travaux de l'homme d'État, Plaise au ciel que la France ne fasse jamais à ses dépens l'expérience que dans le travail manufacturier si varié dans ses détails, la surveillance de l'intérêt personnel, de Tceil du maître, est complètement indispensable, que la décision, la fermeté de caractère est chez le fabricant une cause importante de succès. Il est le général d’une armée qui gagne la victoire quand de bons soldats sont bien commandés.

Voici ce qui nous paraîtrait possible pour aider à la division de la propriété industrielle. De même que l'État se charge de la construction et de l'entretien des routes royales dont le bon état importe à la société tout entière, et que les départements, les municipalités construisent et entretiennent les routes départementales, les chemins vicinaux, voies de communication établies dans un intérêt local, de même nous croyons que l’État se chargeant de certains services généraux d'ordre industriel, les municipalités pourraient aussi aider à la prospérité des industries de leur localité.

L'État propriétaire des chemins de fer, faisant jouir le pays de l'avantage du transport à bon marché ; intervenant par sa puissante assistance dans le développement de la production à bas prix des matières premières telles que le fer, le plomb, etc., asseoirait sur une base admirable les futurs progrès de la production.

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Là, noos croyons, doit s’arrêter l'action directe de l’État ; ce n est plus que pur des encouragements, des tarifs de douane, mais surtout en favorisant les institutions de crédit public qu’il peut agir.

Mais les départements, les municipalités ayant des revenus, un crédit, pourraient ne pas borner l’aide qu'ils apportent à l'industrie du département, de la ville, à l’entretien des routes départementales, mais encore agir directement sur son développement et sa prospérité, et ne pas, comme on 1 a vu trop souvent, la laisser froidement périr sous la concurrence de quelque établissement souvent fondé à une grande distance.

Nous bornant ici à l’industrie proprement dite, nous n’avons pas fi traiter de l’objet principal de l’administration municipale; à savoir de produire la vie à bon marché, d'assurer l'approvisionnement de la ville en denrées alimentaires: de faire circuler l’eau, le gaz, etc.; de faire jouir en un mot ses administrés de tous les avantages qui peuvent résulter de l’association que nous appelons la Cité.

Relativement à la production, il est impossible de préciser le mode d’intervention des municipalités, vu qu’il doit varier pour ainsi dire dans chaque cas, avec le genre d'industrie,

L utilisation et la division des forces motrices naturelles à l aide de grands travaux que la communauté peut seule entreprendre est une des voies que les administrations municipales pourront suivre le plus fréquemment pour le plus grand intérêt de leurs administrés.

Un exemple ou plutôt une hypothèse rendra ceei plus clair. Considérons u tir ville comme Ch&teHerault, où le

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