CHAPITRE
MS RELATIONS INTIMES Çtfl EXISTENT ENTRE LA CONSTITUTION l'OU- TIQUE ET LA CONSTITUTION ÉCONOMIQUE ü’CN rAYS*
y histoire, en enregistrant toutes les révolutions qui se sont succédé, constate toujours en même temps les moûefltions que la propriété a eu à supporter au profit du parti vainqueur* Il sutlit de jeter les yeux sur le tableau qaelle présente, pour reconnaître comme une vérité, d'une certitude absolue, la loi que résume ainsi M. Ed. Labcmlaye dans son Histoire du droit de Propriété, livre qui en fournît les preuves convaincantes.
« Cm pour obtenir le pouvoir par la propriété ou la « propriété par le pouvoir, qu'à toutes les époques ont lutté « les classes inférieures, depuis la plèbe romaine deman- « dant le partage du mont Âventin, jusqu’au tiers état, « anéantissant dans une nuit mémorable ce peu qui l'estait « des privilèges territoriaux de la noblesse et du clergé.
« Ainsi, tour à tour cause et effet de la puissance, le droit « de propriété reflète dans ses vicissitudes toutes les révo-
is DÉMOCRATIE INDUSTRIELLE.
« luiions sociales, e’est là qu'aboutissent tous ces change- « raents dans la condition des personnes qui se réduisent « finalement aux capacités ou incapacités de posséder.
« Quoi que soit le nom des partis qui se disputent le pouce voir, — patriciens ou plébéiens, — seigneurs ou vilains,
« — tiers état et noblesse, — La question capitale est tonif jours : A qui le sol?» A qui la propriété?
Que rhistoîre donne à cette proposition la certitude d'une vérité mathématique, il n’y a pas lieu de s’en étonner; il est pour ainsi dire impossible qu’il en soit autrement. Comment peut-on supposer que les classes possédant le pouvoir politique né l’utilisent pas pour modifier à leur profit la loi civile, afin de sortir d’une position précaire et misérable? Aussi croyons-nous inutile d’accumuler ici des preuves historiques, caries faits se passent assez vite aujourd’hui pour que chacun entrevoie les lois qui les régissent.
Quel jour la révolution de 178 b devint-elle irrésistible? Ce fut lorsque le tiers étal, devenu possesseur de richesses importantes, connaissant sa force, vint réclamer une partie des droits politiques dont il se trouvait déshérité. En possession du pouvoir polilique, son œuvre ne futelle pas la législation résumée dans le Code civil qui a fait notre société moderne, et qui par le partage égal des héritages a rendu à tout jamais impossible la renaissance d’une noblesse riche et puissante.
Si l'on veut un exemple bien frappant de ia connexion profonde qui réunit la constitution politique et économique d'un pays, combien la loi de la propriété, la loi civile est intimement liée à la loi polilique, qu’on compare la même race, également industrieuse et active en Angleterre et aux États-Unis d’Amérique.