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val ? Est-il un seul producteur* un seul travailleur, à qui sa bonne conduite, sa prévoyance, sa sagesse, soient de sûres garanties contre l'effet dune crise industrielle? La concurrence force la production à se développer dans les ténèbres, à l'aventure,-un vue de consommateurs hypothétiques et de marchés inconnus. De là un désordre inexprimable; de là impossibilité absolue d'établir entre la production et la consommation cet équilibre d'où sort la richesses Il faut admettre que le travailleur a quelque intelligence, que par suite il a quelque raison pour produire telle valeur plutôt, que telle autre. Sans doute, si un être surnaturel, infaillible, voulait indiquer aux hommes six mois à l'avance, la quantité de chaque denrée qui sera réellement consommée, ce serait un grand bien; mais nous ne sachions pas que la Providence se charge d'aucune publication de cette nature. Le choix n'existe donc qu'entre le producteur, éclairé par son expérience, par les renseignements statistiques mis à sa disposition par la société, l'état des marchés, les variations du prix de la denrée; et un administrateur non intéressé qui lixerait à chacun la quantité qu'il doit produire de chaque chose. Qui ne voit que la misère serait le prix de la confiscation de la liberté! L'équilibre entre la production et la consommation ne peut résulter que d'une détermination humaine et par suite sujette à des erreurs : mieux vaut mille fois celle de F homme libre que celle de l’esclave,
— Aussi, que voyons-nous? À côté de telle industrie qui regorge de bras, telle autre en appelle vainement, A côté de tel marché qui reste désert, tel autre se montre déplorablement engorgé. C'est l'impuissance dans la confusion, c'est la pauvreté par le chaos. Et quelle sécurité possible
dans un semblable régime? Quand j’aurai dit que la concurrence réduit l'industrie à 11 ’étre plus qu’une loterie meurtrière, osera-t-on me répondre comme les économistes anglais : « Tant pis pour celui qui tire un billet perdant ! » Où 1 anarchie est installée, tenez pour certain qu’il y a ruine, et que la ruine éclatera tôt ou tard, dans un an, dans deux ans, à un jour donné, qui sera, par exemple, le 24 février 1848. (Applaudissements prolongés.) Grande leçon qui prouve que nul moyen n’existe d’éluder cette invincible loi de la solidarité humaine ! Leçon terrible qui crie aux hommes : \ous n avez pas voulu de la solidarité dans le bonheur ; vous la subirez dans les désastres ! (Énergiques et unanimes applaudissements.) »
Quant aux industries qui manquent de bras, dont il est d abord question, soyez certains qu’elles rémunèrent misélablement les travailleurs, car ceux-ci s’y précipiteraient si leur intérêt les y appelait. Que l’agriculture, que 11. L. blanc a en vue, dorme t0 irancs par jour à ses ouvriers, et il verra les travailleurs des villes émigrer vers les campagnes, et le courant qui se produit aujourd’hui en sens inverse changera de direction. Répandez les capitaux dans l agriculture, et vous obtiendrez ce résultat j mais ne forcez pas le citoyen qui veut être libre, à adopter malgré lui le travail le moins profitable !
L’industrie n’est-eîle qu’une loterie? Oui, si on ne développe pas les institutions qui assurent le succès du plus digne et du plus capable. G est parce que l’injustice produit toujours le malheur, parce que nous avons foi dans la loi de solidarité qu’invoque M. L. Blanc, et dont la Révolution de F évrier a prouvé la vérité, que nous combattons les monopoles abusifs et croissants qui tendaient è se développer
MMUÜIL&T1B INDUSTRIELLE*
avant la révolution. C'est de là que sortait la misère et ïa souffrance et nullement de la liberté du travailleur.
— cLa concurrence est une cause d'appauvrissement général, parce qu'elle rend nécessaire une foule de parasites qui ne vivent que du désordre quelle crée. Si la société était fondée sur ce principe de fraternité qui, je le proclame bien haut, est la vraie source de la richesse, où serait la nécessité de tant île fonctions qui, aujourd'hui* ne consistent qu'à régler les débats, qu'à terminer les discussions, qu'à couper court aux querelles et aux haines, engendrés par la séparation des intérêts? Imaginez des milliers d'hommes sans cesse occupés à reconstruire un mur que des milliers d'hommes sont sans cesse occupés à abattre : voilà limage de l'activité sociale, telle que la concurrence la détermine. (C'est vrai ! ) »
M. L. Blanc veut que les hommes soient toujours d'accord, qull ne s'élève jamais entre eux le moindre dissentiment: c'est vouloir qull n'y ait plus de gens de mauvaise foi, de voleurs, etc.; ce qui est assez difficile. S'il trouve inutile, la foule d'&m parasites , appelés habituellement avocats, juges, etc., que ne les remplace-1—il parla justice expéditive du cadi ? le moyen de simplification est connu depuis longtemps et la bastonnade est employée avec succès chez les Arabes, pour rendre les procès moins longs. Peut* être les Français aimeront-ils mieux encore le système actuel dans lequel l'individu leur parait mieux protégé.
— « Épuisons cette démonstration. La concurrence est une cause d'appauvrissement général, parce que, loin de tendre à universaliser l'application des découvertes du génie, elle les renferme dans le cercle du monopole, et souvent même les transforme en agents de destruction. Ainsi, que.
clans le régime Je concurrence, une machine soit inventée, profilera-t-elle à tous, à tous sans exception ? Non, vous le savez bien. Ce sera une massue avec laquelle l'inventeur breveté écrasera ses compétiteurs et cassera les bras h des légions d'ouvriers. Laissez-moi vous présenter ici une comparaison saisissante. Supposez, pour un moment, que le génie de l’homme se soit élevé, dans la région des découvertes, à une telle hauteur, que tout le travail humain puisse être remplacé par l’action des machines; et voyons ce qui en résulterait dans le système d’association d'abord, puis dans le système actuel, la concurrence.
« Dans le premier de ces deux systèmes, qui par sa nature exclut tout, privilège, tout monopole, tout brevet d’invention, et répartit entre tous ia richesse, il est évident que la substitution générale des machines au travail humain n’aurait qu’un résultat, celui de permettre à tous les hommes le repos du corps, en remplaçant, à leur profit, le labeur manuel par la culture de T intelligence, par le développement des hautes études, par la pratique de plus en plus perfectionnée de ce qui tient à l’imagination, aux arts, à la poésie. Dans le système de concurrence, au contraire, qui livre chacun à ses propres forces et dont l’étendard porte ces sauvages devises: Au plus habile, au plus riche le succès ! Malheur aux vaincus ! Dans le système de la concurrence, qui fait de toute découverte la propriété exclusive d un seul ou de quelques-uns, qu’arriverait-il si l’on parvenait à inventer assez de machines pour rendre tout le travail humain superflu? Ce qui arriverait? je frémis de le penser : les trois quarts de la population mourraient de faim. (Sensation profonde.) Comprenez-vous bien la portée d’un tel rapprochement ? ( Oui ! oui ! oui ! )
DÉÜOCKATIE imüSriUgÊLE. 305
« Les découvertes de la science sont trois fois saintes ; considérée en elle-même, l'invention d'une machine destinée à épargner aux hommes une fatigue est un incommensurable bienfait. D T où vient donc qu aujourd'hui des milliers de travailleurs sont quelquefois réduits à la misère par rapplication d'un procédé nouveauî Est-ce la faute de la science, est-ce la faute du génie, est-ce la faute des machines, qui asservissent la nature à Vhumanité.î Non, c'est la faute d'un régime si absurde, si vicieux, que le bien même ne peut s'y produire qu accompagné d'un immense cortège de maux» En serait-il ainsi, dites-moi, sous une loi d'universelle association ? Concevez-vous que le génie put jamais être pour un seul homme un sujet d'inquiétude là où existerait dans toute sa splendeur la solidarité des intérêts ? Le génie !... ah ! sa grandeur consiste à se mettre au service de l’humanité toi t entière ; et lorsqu'il en est réduit à fournir au monopole, à la cupidité, des armes de combat, c'est, j'en jure, parce que sa mission est dénaturée! (Vive sensation.)»
il est impossible d'être plus complètement dans le faux que M. L. Blanc dans ce passage. Dans un discours lendanL à prouver que la concurrence engendre tous les maux, il donne comme preuve convaincante tout le mal qui lui semble accompagner l'invention des machines : du fait de la concurrence, sans doute? bon, par suite du monopole résultant des brevets d'invention ! Mais un monopole, c'est le contraire de la concurrence, c’est la négation de la liberté de tous 1 Tout ce passage s'applique donc au système du monopole, tel par exemple que celui de M. L. Blanc, où une industrie parquée dans scs ateliers nationaux deviendra inabordable pour quiconque n'y serait pas enrégimenté.
Mais non-seulement ce passage attaque le système op-
DÉMOCRATIE INütSTKIËLLE.
posé à celui que M. L* Blanc veut détruire, mais il l'attaque sur un point où il est inébranlable. La machine ne profitera pas à tous sans exception, dites-vous ; si, en ce sens que par celte invention la valeur d'un produit sera diminuée, ce qui est accroissement de richesse pour tous, non, quant à tous les bénéfices de l’exploitation de celte machine*
Mais qui a droit à ces bénéfices? La société a-t-elle inventé celte machine? Ne doit-elle rien à l'inventeur? Ne serait-elle pas infâme de ne pas reconnaître les services qui lui sont rendus par une rémunération proportionnée à ceux-ci ?
Mais, dites-vous, si des inventeurs venaient remplacer tout le travail humain par le travail de machines? Mais ces inventeurs ne seraient pas des hommes, ce seraient des dieux, et l’humanité n'aurait pas assez d'honneurs et de richesses à leur donner en récompense dn service qui lui serait rendu* En effet, ils feraient sans doute fonctionner ces machines, et rhomme serait aussitôt affranchi de la loi du travail ; car ce qui ne coûterait rien, il ràurait pour rien, d’autant plus que ne créant plus de produits il ne pourrait que recevoir et non acheter* Mais laissons là une supposition impossible* L’honune travaillera toujours, et la société sera infâme toutes les fois qu’elle ne laissera pas le travailleur, inventeur ou manœuvre, jouir du fruit de son travail* C'est là la loi divine et humaine, et il n’est au pouvoir ni d'un homme ni d’une assemblée d’y rien changer* Dieu merci 1 le juste et Futile sont toujours d’accord, et la société s’enrichit parle travail qui enrichit un des siens*
— « vous expliquant pourquoi la concurrence était une cause d’appauvrissement général, je m vous aï pas dit qu’elle provoquait entre ouvriers une compétition qui les
condamne à se disputer ïmi à l'autre l 1 emploi ; qui les réduit à se vendre au rabais pour obtenir la préférence; qui pèse, par conséquent, sur les salaires et resserre la consommation en môme temps qu'elle donne à la production une ardeur déréglée et dévorante. Que vous aurais-je appris à cet égard que vous ne sachiez, hélas ! par la plus cruelle de toutes les expériences? n
La concurrence fait baisser les prix de salaires dans certains moments, mais elle les fait croître dans d'autres. Occupez-vous de rendre l'industrie prospère et T ouvrier sera satisfait, car avec les salaires élevés qu'il saura bien réclamer et avec raison, il aura le bien-être, et le plus intelligent construira, par Vépargne d'abord et bientôt par son industrie, T édifice de sa fortune.
— a Mais un trait essentiel manquerait à ce triste tableau, si j'oubliais d'ajouter qu’en créant la misère, la concurrence crée l’immoralité* Car, qui oserait le nier? c'est la misère, qui fait les voleurs; c’est la misère qui, en greffant le désespoir et la haine sur l'ignorance, fait la plupart des assassins; c’est la misère qui fait descendre tant de jeunes filles à vendre hideusement le doux nom d'amour. Qu'on lise les feuilles judiciaires, qu'on interroge le registre des écrous, qu oii fouille dans les archives de la prostitution, et qu on réponde l Voilà donc la société introduisant au milieu d'elle, par le seul vice de sa constitution, la haine, la violence, l’envie ; la voilà se plaçant elle-mômedans cette alternative ou d'ôtre opprimée par en haut ou d'ôtre incessamment troublée par les attaques d'en bas. Que le système d'où naît une situation aussi désastreuse se défende 1 Nous l’accusons hautement d'immoralité. (Bravo 1) »
Ce que vous tracez dans ce tableau, ce sont les résultats
DEMOCRATIE ÏTTOU5TRIELLF.,
de là misère. Personne n'en veut plus que vous. Mais cette misère ,qui la produit? la concurrence, dites-vous* Les vices, les désordres n'y contribuent-ils pas aussi quelquefois? Mais passons, ne voyez-vous pas que vous ne voulez toujours regarder que la concurrence dans la misère qui dégrade tout le monde, et jamais la concurrence dans la prospérité qui élève toute la nation? Allez donc aux États-Unis voir un pays où la concurrence toujours ascendante tend à élever tous ceux qui ont capacité et énergie. Cependant il y a là encore des assassins! Est-ce la faute de la concurrence?
— <t Mais quoi ! on nous avertit que si nous touchons h la concurrence, nous portons la main sur la liberté. Une pareille objection est-elle sérieuse?...
<r Avant de la repousser, fai à vous prémunir contre tout sentiment d'irritation- Dieu me préserve de venir ici vous exciter à la colère et faire appel à des impatiences farouches dont vous seriez victimes les premiers! La manière même dont je pose la question vous montre assez que les maux signalés accusent non pas tel ou tel homme, telle ou telle classe, mais une organisation sociale vicieuse, un faux principe. Or, changer une mauvaise organisation sociale, écarter un faux principe, ce n'est point là une affaire d'impatience et de révolte, c'est une aflaire d'étude et de science. Quant à moi, Mis journellement en rapport avec le Peuple depuis la Révolution de Février, j'ai pleine confiance dans sa modération. C'est pourquoi je n'hésite pas à m'entretenir avec vous de vos souffrances. Le moindre emportement dans vos plus légitimes désirs, la moindre violence dans vos actes, risqueraient de tout compromettre. Voilà, grâce au ciel, ce que vous sentez aussi bien que moi i et c'est un des plus glorieux indices de la grandeur
de nos prochaines destinées, que celte disposition du Peuple à attendre son affranchissement, non de la force brutale, mais de l'ordre, de la discussion libre, de la science. Oui, mes amîs, soyons calmes, soyons patients et modérés. Laissons les vulgaires ressources de la violence à nos adversaires. Nous avons de notre côté la Justice et lé raison : ne foisons pas à la raison, à la justice, cette injure de nous défier de leur triomphe au moment oit elles vont enfin avoir la parole. (Applaudissements.)
«Je reprends : on nous reproche d'attaquer la liberté en attaquant la concurrence. Àlii j'avoue qu’un tel reproche me remplit d'étonnement. Car si nous ne vouions pas de la concurrence, c'est précisément parce que nous sommes les adorateurs de la liberté. Oui, la liberté, mais la liberté pour tous , tel est le but il atteindre, tel est le but vers lequel il faut marcher. (Bruyante approbation*) Voyons si le régime actuel y conduit.
« Que la liberté existe aujourd'hui, et dans toute sa plénitude, pour quiconque possède des capitaux, du crédit, de l'instruction, c'est-à-dire les divers moyens de développer sa nature, je suis certainement loin de le nier.
« Mais la liberté existe-t-elle pour ceux h qui manquent tous les moyens de développement, tous les instruments de travail? Quel est le résultat de la concurrence? N f esl-ce pas de mettre les premiers aux prises avec les seconds, c'est-à-diro des hommes armés de pied en cap avec des hommes désarmés? La concurrence est un combat, qu'on ne bouMe point. Or, quand ce combat s'engage entre le riche cl le pauvre, entre le fort et le faible, entre l'homme Imbile et l'ignorant, on ne craint pas de s'écrier : Place à la liberté ! Mais cette liberté-là, cest celle de l'état sauvage*
alû DEMOCRATIE INDUSTRIELLE.
Quoi! le droit du plus fort, c’est ce qu’on ne rougit point d’appeler la liberté ! Eh Lien, je l'appelle, moi, l'esclavage.
Et j’affirme que ceux d’entre nous qui, par suite d’une mauvaise organisation sociale, sont soumis a la tyrannie de la faiui, à la tyrannie du froid, à la tyrannie invisible et muette des choses, sont plus réellement esclaves que nos frères des colonies, qui travaillent sous le fouet du commandeur, mais qui, du moins, sont assurés de leur lendemain. (C’est vrai! c’est vrai! Applaudissements.)
« Lorsque, chaque jour, des malheureux à qui une compétition désordonnée ferme les avenues du travail viennent nous dire ici : « De grâce, du travail pour nous! du pain pour nos femmes et pour nos enfants ! » et que nous
n’avons rien à leur répondre., ces hommes sont-ils
libres? (Non ! non!)
« L’étendard que Spavtacus leva dans l'antiquité portaitil une devise plus profonde, plus poignante que celle des
ouvriers lyonnais : a Vivre en travaillant.» Je n’achève
pas... Ceux qui l’adoptèrent, cette devise, étaient-ils libres? (Voix nombreuses : Ils étaient esclaves de la faim !)
« Disons-le bien haut : 14 liberté consiste, non pas seulement dans le droit, mais dans le pouvoir donné à chacun de développer ses facultés. D’où il suit que la société doit à chacun de ses membres, et l’instruction, sans laquelle l’esprit humain ne peut se développer, et les instruments de travail, sans lesquels l’activité humaine est d avance étouffée ou tyranniquement rançonnée.
a li faut donc, pour que la liberté de tous soit établie, assurée,que l’État intervienne. Or, quel moyen doit-il employer pour établir, pour assurer la liberté? L’association. A tous, par l’éducation commune, les moyens de développement
intellectuel ; à tous, par la réunion fraternelle des forces et des ressources, les instruments de travail ! Voilà ce que produit l’association, et voilà ce qui constitue bien véritablement la liberté. (Bravo !) »
Ce passage est certainement le meilleur du discours, mais précisément parce qu’il plaide pour la liberté contre le monopole. Oui, la société doit chercher à répandre dans toute la société sans exception, les bénéfices du crédit et de l’instruction ; mais peut-elle faire que les paresseux, les incapables en profitent? peut-elle faire que l’individu sans énergie pour travailler et créer la richesse, soit soustrait a l’aiguillon du besoin ? C’est s’imaginer toujours que l'Etat a à sa dispositiou un cotïre-iorl inépuisable, rempli on 11 e sait où. Saint Paul l'a dit : celui qui ne veut pas travailler ne doit pas manger ; ayez la charité pour les incapables et les idiots qui sont l’exception, mais faites!’organisation sociale pour le citoyen actif et intelligent : celui-là a droit à prendre sa part de la richesse générale qu’il contribue à créer ; mais ne lui enlevez pas les produits de son travail pour encourager l’inertie.
— « L)u reste, qu’on ne s’v trompe pas, ce grand principe de l’association, nous ne l’invoquons pas seulement comme moyen d'arriver à l'abolition du prolétariat, mais comme moyen d’accroître indéfiniment la fortune publique ; c’està-dire que nous l’invoquons pour les riches, pour les pauvres , pour tout le monde. Car, autant la concurrence déploie de force pour tarir les sources de la richesse, autant l’association en possède pour les multiplier, les agrandir. Avec l’association universelle, avec la solidarité de tous les intérêts nouée puissamment .plus d’efforts annulés, plus île temps perdu, plus de capitaux égarés, plus d’éta-
blissemeuts se dévorant les uns les autres ou mourant du contre-coup de quelque faillite lointaine et imprévue, plus de produits créés à Y aventure, plus de machines nouvelles devenant des instruments de guerre, plus de travailleurs enfin cherchant au milieu d'un désordre immense remploi qui les cherche eux-mêmes sans les trouver, »
Ce que vous appelez ici association universelle, se traduira dans la pratique par rintervention directe de l’Etat pour régler îa production et la consommation* Le pacha d'Egypte a déjà inventé ce système, et nos ouvriers ont peu de goût pour le sort des pauvres Fellahs. IL Lamennais a parfaitement démontré que cette intervention incessante de l'Etat était la confiscation absolue de la liberté; aussi dit-il aux ouvriers : <r Dans le système qu’on vous vante, nulle place possible pour la liberté. Sous la main de l'Etat, chargé de pourvoir aux besoins si nombreux, si complexes de l'homme en société, vous ne pouvez être que de purs instruments passifs. Sans cela, comment l'Etat accompli rai t-it sa fonction de protecteur universel ? Il s'agit de la vie de tous; VËtat, pour l'assurer, pour en être responsable, doit avoir sur chacun un pouvoir absolu. À chacun donc sa tâche quotidienne déterminée, quant à sa nature et à sa durée, par les directeurs souverains du vaste atelier national* Comme iis règlent les produits, ils en règlent la distribution : ces deux termes s'impliquent T un l'autre. Que reste t-H de libre à celui qui produit selon qu'on lui ordonne, qui consomme selon qu'on le lui permet? Que devient l'homme au milieu de tout cela? Non, ce n’est pas le travail que l'on organise, mais l'esclavage des travailleurs. Pourquoi l'abolir dans les colonies, si Ton voulait rétablir en France, et sous de plus dures conflit ions? »
— a Et maintenant, quel sera dans ce régime nouveau le meilleur mode de répartition à établir, soit dans les travaux, soit dans la rémunération 7
a Je suppose un instant la société arrivée au dernier terme de sou perfectionnement - que faudrait-il pour que tous les hommes y fussent heureux? deux choses ; d'abord, que chacun püt développer librement ses facultés et ses aptitudes; ensuite, que chacun put contenter pleinement ses besoins et ses goûLs* L’idéal vers lequel la société doit se mettre en marche est donc celui-ci : produire selon ses forces ^ consommer selon ses besoins. (Oui! oui! c'est évident). »
Voilà la formule définitive de M, L, Blanc. Ici il faut s'arrêter, car F utopie déborde,et Dieu merci! a été jugée sévèrement par le bon sens public. La société est une association de droits et de devoirs, elle ne doit rien à personne que la rémunération de ses efforts et la propriété de ses œuvres. Après avoir passé par l'égalité des salaires, avoir proclamé que F ouvrier qui fabriquait, par exemple, deux serrures, devait être payé comme l'ouvrier moins habile qui n'en produisait qu'une pendant le même temps, M. L. Blanc a senti que sa formule était imparfaite, transitoire et arrive h la formul e: produire suivant ses forces, consommer suivant ses besoins* C'est-à-dire pour continuer notre exemple, que si l'ouvrier paresseux a des goillscoûteux à satisfaire il ne s en fera pas faute, tandis que l'ouvrier laborieux, plus modeste, vivra sans oser réclamer aucune jouissance. On voit que ce système est du communisme du plus mauvais aloi* Tandis que le communisme, cri de protestation de la misère des uns contre la richesse des autres, demande un niveau commun, dut-il être celui de la misère pour tous ; M. L. Blanc
m contraire, réclame la richesse pour ceux qui en ont ic goût, le besoin, fussent-ils les moins méritants. Tout cela est de l'organisation au rebours de la justice et de la vérité.
Nous ne nous sentons donc pas le courage d'aller plus loin, car la lin de ce discours n'est que le développement de ce triste système. Il n'est plus question de la concurrence et nous espérons avoir mon tré ce que valaient les arguments au nom desquels on voulait confisquer la liberté du travailleur. Organisons la société au profit de tous, mais ne confisquons la liberté depersonne, au nom de théories erronées.
Nous ne parlerons donc pas de ce malheureux système d'ateliers nationaux si connu aujourd'hui et dont le vide a été si bien démontré. Nous rapporterons seulement quelques mots de la brochure de notre ami À, Gratiot (Organisez le travail, ne le désorganisez pas ! ) auxquels il n’y a rien à répondre.
k ... Mais que l’État se fasse industriel et fabricant; mais qu'il abuse de sa force qui vient de nous, de ses armées qui se composent de nos enfants* de ses impôts qui s'alimentent de nos écus, pour écraser la concurrence loyale de nos industries par la concurrence odieuse de ses ateliers ; mais qu'il courbe sous le même niveau lu paresse et b activité, l'ignorance et l'intelligence; mais qu'il proclame l'égalité des salaires, c'est-à-dire la destruction de l'émulation, la négation du génie* l'abandon du travail; mais qu'il pense racheter ses paroles de la veille en déclarant que Tégalité des salaires sera l'égalité du maximum et non du minimum; je ne crains pas de le dire en face des ouvriers qui me comprendront, Vapplication d'un pareil système serait : pour l’industrie, la ruine ; pour l'ouvrier, lu misère ; pour la Franco, la banqueroute. »
DJiMOÜUATtE ÜSüUSTÜlELtl^.
La critique violente de M. L* Blanc prouve bien clairement, ce nous semble, l'existence du malentendu que nous avons cherche à faire comprendre dans tout le cours de ce travail, c'est qu on s'en prenait constamment, et le plus souvent à tort, à la concurrence de maux dont elle ifélait pas la cause, mais qui au contraire résultent de monopoles oppressifs qui engendrent la misère et que le remède en était dans leur anéantissement et la constitution, la division de monopoles justes et légitimes* Nous allons rendre ceci plus clair par un exemple*
Considérons une grande étendue de terrain et supposons qu'elle appartienne à un seul propriétaire. Qu'il juge convenable de l'exploiter en pâturages, quelques patres suffiront pour la garde des troupeaux, tout individu venu au monde en sus de ce nombre ne pourra vivre sur ces terres, ne pourra y employer son énergie et sou activité* Qu'il divise celte terre en fragments et la livre en location à un nombre très-grand de petits fermiers comme en Irlande, souvent il créera la misère irlandaise, chacun offrant un prix de location élevé pour obtenir les pommes de terre qui lui permettront de vivre 1 Qu'il vende au contraire la terre à ces ouvriers, payable h des termes éloignés (et nous sommes persuadé que ïà est le seul remède à la misère de l'Irlande), devenu propriétaire, assuré de sa nourriture du lendemain, certain de jouir du fruit de ses sueurs, te travailleur fera bientôt rendre à in terre et de quoi en payer le prix et de quoi remplacer une famille de misérables par une famille de citoyens libres et heureux* Le monopole de la propriété est le même pour le grand et le petit propriétaire ; le résultat pour le bonheur général d'une nation est bien différent.
Slü
Ce qui est vrai pour la propriété agricole est vrai pour la propriété industrielle. Poussez h sa division par l'intervention de fÉtat, par la multiplication des monopoles justes et équitables qui opposent une barrière insurmontable au capital seul, et vous ferez disparaître le paupérisme qui suit la grande industrie, et vous créerez la richesse pour tous : non en dépouillant ceux qui possèdent, mais eu permettant à ceux qui ne possèdent pas de se créer des propriétés nouvelles, au grand avantage de tous.
Éloge de la eaueurrence
Si après avoir montré combien les critiques de la libre concurrence s attaquaient surtout à des abus qui n'étaient pas nécessairement inhérents à la liberté du travail et pouvaient être évités par des correctifs convenables, nous passons aux apologistes de cette liberté, nous verrons qu'ils sentent bien qu'elle doit être soumise à certaines restrictions pour ne pas devenir oppressive. Nous le prouverons par le discours d'ouverture de 1848 du cours d'Économie politique, que professait au Collège de France, M. Michel Chevalier, un des plus vaillants défenseurs du principe de la liberté du travail.
« L'économie politique suppose l'individu placé dans la société avec les bénéfices et les charges de la liberté* La politique aujourd’hui considère l'homme comme étant assez éclairé, assez digne de confiance pour faire sentir l'inlluence de sa main sur le gouvernail de l'État* L'élection qui, dans les sociétés primitives, sous le régime théocratique où vécurent de grands empires, se faisait de haut en
bas, maintenant, dans les sociétés les pins avancées, se lait de bas en haut; des centaines de mille, des millions d'individus y prennent part, eL à ce titre s'immiscent officiellement dans l’œuvre compliquée du gouvernement delà société, et dans l'agencement délicat des relations internationales- Du moment que l'individu est investi par la politique d'attributions de cette lui portance, à plus forte raison doit-il être réputé capable de conduire ses aifaïres personnelles. Puisqu'il est supposé d'un jugement assez ferme pour que les accidents, les secousses et les périls qui surviennent sur l'orageuse mer de la politique 11 e le troublent pas, et pour qu'il marche droit sous le vent des passions publiques, à plus forte raison doit-il être regardé comme ayant en lui assez d'énergie et de ressources pour parer à toutes les difficultés que les vicissitudes de l'industrie peuvent lui susciter, en mettant à profit tous les moyens d'assistance qu'offre une société façonnée au travail, riche en capitaux, et non moins abondamment pourvue en sentiments d'une bénévolence mutuelle.
« Dans les anciennes sociétés, la majorité des hommes subissait dans son travail, comme dans le reste de son existence, un patronage excessif. Ce joug, jusqu'à un certain point, se justifiait par l'absence de discernement et de prévoyancechez la multitude. Le grand nombre était incapable de se ménager un avenir, un lendemain* Pour lui la liberté eût été un présent funeste. Aujourd'hui, Je grand nombre est, de par la loi politique, et de par la valeur intrinsèque des hommes, mur pour la liberté. La liberté est un bien qui lui est acquis dans la carrière de l’industrie comme dans 1 arène politique. Ainsi la concurrence, par laquelle se manifeste dans l'industrie la liberté, n’est rien
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moins que la sœur jumelle de la liberté politique : c’est dire st elle doit être respectée.
«J’ai parlé des charges de la liberté. Dans l'industrie comme ailleurs, c'est un fardeau qui, s'il est glorieux, n'en est pas moins lourd; et pour que les hommes pussent en recevoir le dépôt, il leur a fallu l'initiation d’une longue suite de siècles. Ainsi, dans les mystères des religions antiques, l'initié n’arrivait à la connaissance des secrets du sanctuaire, qu après avoir traversé de formidables épreuves, après être passé par l'eau et par le feu, La libellé, qui élève notre âme, qui développe notre esprit et nous rend dignes de l'empire de la création, la liberté tant voulue de nos pères, la liberté, conquise à jamais, il faut le croire, par leurs héroïques efforts, fut le fruit d'une longue et pénible lutte. Ne nous abusons pas, messieurs, H n'est pas possible de la conserver sans de continuels labeurs, La vie de l'homme libre, ou l'a dit, n'est point une lente dressée pour le sommeil. Le repos auquel cependant nous faisons tous profession d'aspirer, n est point fait pour l'homme libre sur la terre. 11 peut y avoir du repos dans l'esclavage, de même qu'il yen a dans la tombe- Il n'en est pas dans la liberté.
« Cette perspective d'une lutte sans fin dans ia vie de Fl loin me libre a effrayé quelques esprits, et les a tellement émus qu ils ont tourné le dos a la liberté. Toute lutte, lorsqu'elle est vive, a ses périls et ses angoisses. La liberté politique est semée d'écueils : la liberté de l'industrie, la concurrence, porte avec elle un aiguillon qui se but quelquefois cruellement sentir. Des écrivains dont les appréhensions ont dans le public plus d'écho qu'on ne le croit, n'ont pu soutenir le spectacle de ces dangers et de ees pei-
nés, et c’est ainsi que, lorsque la société avait définitivement franchi le seuil de la liberté politique et industrielle, on s’est mis à parler de rebrousser chemin. Ceci, messieurs, n’a rien qui doive vous surprendre ; le coeur humain est sujet à ces variations, à ces inconséquences. L'histoire nous en offre mille exemples. Le peuple hébreu, lorsqu'il fut dans le désert, se mit à regretter sou esclavage, parce que le régime des oignons,d’Egypte lui souriait plus que celui de la manne dont il fallait se contenter avant d’arriver dans la terre promise.
a Les hommes qui voudraient supprimer la concurrence font à peu près de môme, messieurs. Ce que je vois de plus clair dans leurs différents systèmes, c’est l’abandon de la liberté, c'est la perte de ee trésor acheté par tant de sacrifices. Quant aux oignons d'Egypte qu’on nous promet, je ne sache pas que le genre humain les savourât avant de s’être placé sous le drapeau de la concurrence. Je tiens pour constant qu’il était alors beaucoup plus misérable qu'en ce moment; et je me méfie des fruits exquis que les adversaires déjà concurrence nous montrent en perspective et nous font admirer en peinture. Seule, la liberté, messieurs, nous donnera 1 adresse et la force nécessaires pour récolter abondamment les biens de la terre, de même que seule elle soutient notre pensée dans ses efforts pour escalader le ciel et ravir ii la sagesse divine ses secrets.
« La concurrence ne place pas nécessairement l'homme dans les conditions désespérées qu’on a représentées. Eile lui impose une lutte, gymnastique salutaire pour son âme, tournoi où le prix est remporté par la société elle-même, encore plus que par l’individu qui triomphe. Je crois vous 1 avoir montré dans un des cours précédents, ta conctir-
DEMOCRATIE TmUISTRTFXlÆ.
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rence est la source d'où découlent presque tons les perfectionûeraesnls industriels dont Vinfluence sur la prospérité publique et sur F avancement des sociétés est si grande. Et quoique la concurrence oblige F homme à mettre sans cessé en jeu son ressort personnel, quoiqu'elle lui rappelle continuellement qu'il est le dépositaire de ses propres destinées, elle ne le condamne pas pour cela ù l'isolement. De ce que la concurrence sera la loi industrielle* il ne faut pas conclure qu'il n T y a plus dans l'industrie que des spadassins solitaires, tirant les uns sur les autres, chacun du sommet de la colonne où, Stylite d’un nouveau genre, il se serait perché. Les sages qui ont recommandé le régime de la concurrence, n'ont pas dit à l'homme d'eiïarer de son cœur rhomieur, la probité, la dignité, non plus que la bienveillance. Ils lui ont ilit qu'il était l'émule de ses semblables* et non pas qu’il était leur ennemi et qu’il eût h choisir, de faire son prochain sa proie, ou d'en èt te dévoré lui-même, « La concurrence, messieurs, a un complément dans un autre sentiment qui, grâce a Dieu, ne s 1 éteint pas sur la terre, qui gagne du terrain chaque jour au lieu d'en perdre, le sentiment de la solidarité, de la fraternité, de la charité. Arrachez du coeur humain ce sentiment généreux et doux, alors, je l'admets, la concurrence sera un lléau; elle agira sur la société comme un dissolvant ; elle isolera tous les hommes. Un savant philosophe l'a dit, l'isolement est le cachet des sociétés naissantes qui ne sont pas cimentées encore, ou des sociétés caduques qui s'en vont en poussière. La science physique enseigne que tout corps matériel résulte de l’équilibre variable mais continu de deux forces, l'une qui tend à séparer les molécules, l'autre qui tend à les rapprocher. Ces deux forces doivent se retrouver et se re-
trouvent à un liant degré de puissance dans toute société passablement constituée. Elles consistent, l’une dans le sentiment de la liberté manifesté en industrie par la concurrence, l’autre, dans ce qui est à la fois l’essence de la religion, la source de la sociabilité, ce que je nommais tout à 1 heure la solidarité, la fraternité, la charité.
« L économie politique suppose ainsi l’existence simultanée de la concurrence et du sentiment chrétien, que vous appellerez comme il vous plaira, l'association ou la charité. Ce ne sont pas deux principes en antagonisme; ce sont deux forces qui concourent à constituer la société, et dont la double présence est une mutuelle garantie contre des excès opposés. Ainsi, messieurs, lorsque l’économie politique vous vantera la concurrence, gardez-vous de la considérer comme une science sans entrailles, qui, à la façon de I mipitoyable génie de la guerre, au gré duquel les hommes ne sont que de la chair à canon, poursuivrait les progrès delà production, en broyant les générations sous les roues de fer de son char. L économie politique, en même temps qu'elle voit dans l'homme mie force productive, n’oublie pas que c’est un èlre pensant, un être aimant. Ce n’est pas elle qui a pour mission de développer en lui les facultés pensantes et aimantes; mais elle les reconnaît, elle les signale et elle y cherche son point d’appui. Elle suppose que Hen n’est négligé de ce qui peut fortifier à la fois chez 1 homme le triple ressort de l’intelligence, de l’activité et de la sympathie. Elle part de l’hypothèse que mille instilutious tutélaires existent dans la société; que celui qui sait et veut travailler, et qui a besoin de travail, en obtient ce qu'il lui en faut ; que le riche et le fort envisage dans le faible et le pauvre son frère selon la religion, son égal de-
BBM0CHÀT1E INDUSTRIELLE.
vaut la loi \ que l'association et la efaarifé adoucissent les frottements, tempèrent les chocs, rapprochent les extrêmes et multiplient les ressources ; qu’il n’y a de délaissé que celui qui s'abandonne lui-même, de paria que l’homme vicieux ou celui qui est lâche au travail- Elle suppose que tout cela est parce que cela doit être, et que hors de là elle n’aperçoit que désordre ou tyrannie* »
Les sentiments que M. Chevalier exalte avec raison comme équilibrant la concurrence, sont-ils suffisants aujourd'hui, ne doivent-ils pas se traduire en institutions basées sur la fraternité, la mutualité, assurant au plus digne la rémunération à laquelle il a droit? cela ne peut être douteux. L’insuffisance de celles qui existent aujourd’hui est évidente et laisse l'individu désarmé, sans capital, à la disposition des bons sentiments, le plus souvent douteux, du plus fort. Le principe de la fraternité doit s'incarner dans des institutions, des associations protectrices, plus complètement que cela n’a eu lieu jusqu'ici. C’est ce que nous avons cherché à indiquer; mais cela étant, nous ne voyons pas ce qu’on peut objecter aux arguments du savant économiste.