TABLEAU DU MORPHINOMANE
Quel triste tableau que celui du morphinomane ? C'est “celui d’un individu qui en est arrivé à la déchéance complète de toutes ses facultés, et qui par ce fait même est devenu un être inutile, un danger pour la société.
Quand on rencontre un morphinomane, l'attention est immédiatement attirée sur lui par son apparence, son aspect général. Sa démarche sera celle d’un homme ivre, d’un automate ; elle sera hésitante, il semblera poussé par le vent; ses yeux seront fatigués, cernés, les pupilles seront contractées et paresseuses à réagir à la lumière.
Petit à petit il ne vit plus que pour satisfaire sa passion, ne reculant devant rien pour se procurer du poison, s’infligeant toutes sortes de bassesses ; aussi il ne tarde pas à entrer dans la période de cachexie. Pâle, le facies terreux, les yeux hagards et éteints, souvent d'une maigreur effrayante, les traits tirés, le visage rempli de rides profondes, le corps couvert d’abcès et de furoncles, privé souvent de tout sens moral, machine vieillie devenue inerte, ne retrouvant d’activité que sous l’action de doses énormes de toxique, il succombe à la cachexie ou à une affection intercurrente, à moins que dégoûté, de la vie et de lui-même, il ne termine ses Jours par le suicide.
Au début il a joui de son poison : il en a éprouvé du bon-