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LA SUPPRESSION RAPIDE

Cette méthode, que Erlenmayer a fait sienne et a préconisée dès 1883, est en somme une méthode éclectique, où l'on veut essayer de remédier aux inconvénients de la suppression lente et de la suppression brusque; mais en réalité elle n'échappe à aucun de ces inconvénients et les récivives sont aussi nombreuses que celles qui se produisent avec la sappression lente ; il faut reconnaître que souvent les symptômes de l'abstinence morphinique sont moins prononcés que dans la suppression brusque ; mais peut-on dire que l’on en est à l'abri d'une façon certaine ?

Comme la suppression brusque, cette méthode exige le séjour du malade dans un hôpital ou dans une maison de santé ; il faut qu'il soit surveillé d’une façon constante, et cette surveillance de tous les instants est nécessitée par les tentatives de supercherie dont les auteurs nous ont laissé nombre d'exemples curieux ; le malade doit être isolé des siens qu'il ne peut plus tyranniser par les éclats de sa colère, ou tromper par ses artifices etses supplications ; ce n’est qu'alors qu'il se sent forcé, pour ainsi dire, de se soumettre à une volonté plus forte que la sienne.

Nous dirons que cette méthode est appelée à suppléer la méthode par suppression brusque dans certains cas où le malade

estaffaibli, quand il est atteintde lésions cardio -pulmonaires.

Erlenmayer à posé les principes de cette méthode. Il met d'abord le morphinomane en observation pendant quelques jours pour bien se rendre compte de la quantité de. toxique absorbé ; puis il lui supprime brusquement la moitié de-cette dose ; à ce moment, si le malade doit ressentir les phénomènes graves de l’abstinence, il les éprouvera avec autant de rigueur et de violence que si on lui avait supprimé complètement son toxique habituel. Il y a des malades qui montrentune grande susceptibilité à toute diminution de leur dose quotidienne de morphine.

Les défenseurs de la suppression rapide maintiennent pendant quelques jours cette dose diminuée du poison ; puis à une deuxième reprise, quand l'organisme s’est habitué à cette dose, ils la diminuent encore de moitié, et ainsi de suite par moitié jusqu'à l'obtention d'une dose ultime assez faible pour que l’on puisse la supprimer sans danger.

Mais le fait important c’est d'arriver à cette dose suffisamment minime ; la cure n'est qu'une succession de suppressions plus ou moins considérables de morphine : à chaque passage d’une dose à une autre le malade peut voir se produire les mêmes symptômes graves de l’abstinence ; peuton affirmer que les souffrances seront moins aiguës el moins longues ; certainement non.

Nous dirons même que le malade doit se lasser très vite et pour peu que l’on ait assisté à plusieurs cures de démorphinisation, l'on se représente facilement dans quel état d'agitation et d'appréhension pour le lendemain doit être le morphinomane qui par exemple en est arrivé à son deuxième ou troisième stade de la suppression ; il vient de subir des

souffrances plus ou moins violentes à chaque diminution,

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