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et la perspective d'une nouvelle diminution. pour le lendemain avec tout son cortège de nouvelles souffrances doit être loin de lui donner la force d'énergie et la puissance de volonté nécessaires pour mener une cure à bonne fin ; il se découragera vite, et la peur de souffrir une nouvelle fois le fera renoncer de bonne heure à toute continuation de traitement. :
Le morphinomane comme nous l'avons dit est un être chez qui la force de vouloir manque complètement, et pour peu qu’il ait accusé au moment du passage à une dose moindre une recrudescence même minime de l’état de besoin de morphine, le traitement sera irrémédiablement compromis et tout sera à recommencer.
Vaut-il mieux souffrir d’une façon aiguë pendant quelques jours ou vivre pendant une ou deux semaines dans un état de malaise et d’énervement ne laissant que peu de repos? Il est certain que les morphinomanes sont comme la plupart des malades ; ils veulent guérir dans le plus bref délai, et ils
préfèrent souffrir davantage pendant un temps très court que de voir prolonger et réveiller, souvent avec une acuité croissante, les souffrances que toute tentative de démorphi-
nisation ne manque jamais de faire subir à l'organisme.