‹ De la Démorphinisation BrusqueChapitre 24 sur 30 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

- Observation 1 (personnelle).

Mme G. H..., 29 ans, sage-femme. Aucun antécédent héréditaire qui puisse faire conclure à une certaine prédisposition ; la malade avant d'être une morphinomane a d’abord été une morphinisée ; en effet en 1903 dans le mois de juin, elle a une attaque violente d’appendicite avec forte réaction péritonéale ; elle est amené à l'hôpital de la Pitié : pour permettre ce transport M. Auclair, médecin des hôpitaux, prescrit une injection de un quart de la seringue de Pravaz de la solution de mor- . phine au cinquantième ; la malade montre de suite une grande susceptibilité et aussitôt elle est calmée ; ses douleurs abdominales qui étaient atroces deviennent soudainement supportables et le transport à l'hôpital se fait sans aucun accident ; une fois à l'hôpital, la malade encore sous l'effet de son injection de morphine qui lui fournit une sédation presque complète de ses souffrances, passe une bonne nuit; l'opération est décidée, mais comme les symptômes ont tendance à diminuer et que les jours suivants l'état général devient meilleur, le chirurgien préfère attendre afin d'opérer la malade «à froid ». Six semaines environ après son entrée à l'hôpital, c’est-à-dire en août 1903, l'opération est effectuée dans d'excellentes conditions. La malade a très bien supporté la chloroformisation, mais le soir et le lendemain elle a des vomissements et des nausées qui se reproduisent fréquemment ; de plus elle a une insomnie rebelle et devient très agitée ; une piqûre de un demi-centigramme est prescrite le second jour après l'opération; aussitôt comme par enchantement tout vomissement

cesse, et la malade passe une nuit dans la plus grande tranquillité.

Devant un tel efret magique, la malade reste très impressionnée ; elle commence déjà à avoir une profonde reconnaissance et une grande vénération pour cette substance vraiment merveilleuse qui lui fait disparaître ses douleurs, ses vomissements et son agitation.

Le 4 jour, l'agitation reparaît encore plus accentuée que les deux premiers jours ; l’insomnie est absolue, et quelques nausées commencent à se produire ; aussitôt la malade appelle la surveillante de nuit qui cédant à ses supplications lui fait une injection de un demi-centigramme de morphine ; tout symptôme douloureux disparaît encore une fois ; la malade devient de plus en plus confiante, si bien que les jours suivants, à l'approche de la nuit, elle prend l'habitude de réclamer une piqûre par crainte de ses vomissements et dans le but de se procurer un sommeil exempt de toute agitation ; Cela dure environ quinze jours, mais à cette date, il fallait déjà injecter deux centigrammes de morphine pour arriver au même résultat qu’une injection de un demi-centigramme avait produit le lendemain de l'opération.

La malade quitte l'hôpital complètement guérie de son appendieite, et va à la campagne dans le but de reprendre des forces ; en effet elle s'était fort anémiée pendant son séjour à l'hôpital et elle avait maigri d’une douzaine de livres ; aussitôt arrivée à la campagne, elle cesse ses piqûres car elle ne ressentait aucun symptôme de douleur, et les nuits étaient excellentes ; mais au bout de quinze jours ne voyant pas se produire l'effet attendu, ne retrouvant pas une vigueur nouvelle et surtout n'ayant constaté aucune augmentation de poids, elle attribue cette inefficacité du séjour à la campagne à la suppression de ses injections de morphine qu’elle se faisait faire chaque soir à l'hôpital ; aussitôt, elle retrouve sa première ordonnance, fait venir de Paris une seringue de Pravaz et se fait une piqüre ; sa confiance dans la morphine était telle

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