PNEU
terribles ; elle ne pouvait dormir qu'avec une lunrière allumée toute la nuit.
Son appétit était très modéré ; elle présentait des alternatives de diarrhée et de constipation ; son corps se couvrit d'abcès fréquents, mais jamais elle ne s’en plaignit et n'accusa la moindre douleur, car elle avait une crainte immense du bistouri. Ces suppurations continuelles amenèrent rapidement une cachexie profonde ; la malade paraissait extrêmement vieille, sa démarche était trainante, ses traits tirés, ses yeux excavés, son appélit était devenu nul. A la suite d’un séjour à la campagne, vers le 1% août 1900, elle présente une série d'abcès énormes qu’elle refusa de laisser inciser si bien que le 20 août elle est contrainte de prendre le lit; à ce moment la cachexie est très avancée ; les abcès siègent principalement sur les cuisses, le ventre, remontent jusqu’au niveau des fausses côtes, et s’'irradient jusqu’à la face postérieure du tronc ; l'appétit manque d’une façon absolue, la langue devient sèche, rôtie, le facies lui-même prend la teinte spéciale et caractéristique des longues suppurations ; on incise alors les abcès et on les traite par des applications humides sans cesse renouvelées.
C'est alors qu’on propose à la malade de la démorphiniser lentement, lui affirmant qu'elle ne souffrira pas ; ce traitement est commencé le 15 septembre ; on supprime cinq centigrammes par jour, mais environ deux semaines après, au moment où la malade ne reçoit plus que vingt centigrammes de morphine quotidiennement, elle est prise d’une crise aiguë d’urémie ; un délire violent apparaît, la diarrhée devient vite extrémement abondante, et la malade est de plus en plus agitée ; les reins sont touchés, l'analyse de l'urine y révèle deux grammes d’albumine par 24 heures ainsi que la présence d’une quantité notable d’indican ; le pouls menaça à plusieurs reprises de devenir irrégulier, mais la température ne subit aucune modification.
La malade est soumise à la diète hydrique ; on Jui prescrit
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