SOUDE
méthode, et s’étonne par exemple que sur cinquante- cinq examens, Devoto n’ait trouvé que cinq fois une densité inférieure à 1030.
S. MoncxToN COPEMANN (de Londres), « assistant Lecturer in physiology at St. T'homas’s Hospital, Research Scholar ofthe British medical Association », à fait pendant trois ans des recherches sur la densité du sang avec le D' SxerriNGron. La méthode que ces auteurs ont employée est celle de Roy, telle qu’elle a été modifiée par Lloyd Jones. Il n’y a que de très légères différences 1.
Les solutions sont faites avec de l’eau et de la glycérine. Ltur densité varie de 1025 à 1070, mais comme les nombres extrêmes sont rarement employés, il n’y a pas besoin de toutes les solutions. En ne faisant les solutions qu'avec de l’eau et la glycérine, il se fait vite des alté rations du liquide, surtout s’il développe des moisissures à la surface. Ces auteurs mélangent à parties égales de l’eau et de la glycérine, ils satureut cette solution avec de la boroglycéride et du sulfate de magnésie. [ls ajoutent ensuite une petite quantité de sublimé à 1 pour 1000. Une fois ce mélange obtenu, on le dilue avec de l’eau ou bien on ajoute de la glycérine ou de la boroglycéride pour obtenir les densités voulues. Les solutions ainsi préparées
1 Copemann et Serrington, Proceedings of the Physiologica ! Society, May, 10, 1890 (The journal of physiology, 1890).
Copemann, Annual Meeting of the British medical Association held in Birmingham, July, 90, Section of pathology (British med. Jour., 1891, p. 13). — Report on the specific gravity of the blood in disease (British med. Journ., 1891, p. 161). —The Specific gravity of blood in disease (British med. Journ.. 21 fév. 189 1).
AT se conservent très bien, il y avait à peine un changement très léger au bout de trois ans.
Les densités des liquides sont pesés avec un hydromètre construit spécialement par Dring and Fage; Souvent les” résultats sont contrôlés par des pesées.
Les solutions sont renfermées dans de petites bouteilles de 2 onces bien bouchées, de 1 pouce 1/2 de profondeur (4 centimètres), larges de 1/2(13 millimètres), et versées au moment de l’examen dans de petites éprouvettes, une sixaine environ.
La piqûre est faite avec une aiguille en lance. Il faut vite procéder une fois que la pipette est remplie de sang, car à la fin la densité change un peu. s
Copemann notait d’abord les températures, mais il s’est rendu compte que c'était tout à fait inutile.
Pour se soustraire aux variations diurnes qui se produisent dans la densité du sang (nourriture, boissons), Copemann faisait ses recherches, en général, à la mème heure, à 11 heures du matin. L'influence de l’exercice n’a que peu d'importance dans ses estimations, car le plus souvent il étudiait des malades au lit, à l'hôpital Saint- Thomas surtout.
A l’ensemble de diverses pièces qui sont nécessaires pour évaluer la densité du saug et qui furment une sorte d'instrument complet, Copemann a donné le nom d’Aémomètre. Ce terme est un peu répréhensible, il vaudrait mieux, ce me semble, appeler cet ensembie Lémodensimnètre. -
ECTS De
Procédé de Landois
L. Lanpots, professeur de physiologie, à Greifswald, a proposé de légères modifications à la méthode de Roy et de Lloyd Jones.
Il emploie un tube de verre effilé en pointe dont la partie terminale est coudée à angle droit. L’extrémité opposée est fermée par une membrane en caoutchouc. Par pression sur cette membrane on aspire une goutte de sang. Puis on porte le tube dans une petite éprouvette renfermant une solution de sel de Glauber ou un mélange d’huile et de chloroforme (Landois). On fait sortir le sang par pression sur le caoutchouc, tout se passe ensuite comme dans les procédés précédents. Landois conseille des solutions variant de 1850 à 1070. L’autaur n’a eu en vue que les variations physiologiques, sans quoi il faudrait des solutions bien moins denses aussi.
Pour étudier le sérum et les globules, Landois conseille la centrifugation.
Procédé de Siegl
Orromar Ta. Siear (de Prague) a fait dernièrement une étude importante sur la densité du temps. Les recherches furent faites d'abord à la clinique de Jaksch, puis au Franz Joseph Kinderspital, grâce à l’obligeance du
Eulenburg's Real Encyhlopädie, 3, 163, 1885. — Traité de physiologie humaine, traduction de la 7e édition par Moquin- Tandon.
professeur Gangofner et de M. Bayer. Il a employé la méthode de Roy et de Lloyd Jones, mais en lui faisant subir des modifications assez importantes.
Les solutions sont faites en mélangeant de l’eau et de la glycérine, puis elles sont placées dans de petits tubes de verre semblables aux tubes à urine, maisde dimensions plus grandes. Ges éprouvettes sont placées en deux rangs sur une étagère, elles sont facilement transportables. Le point qui paraît surtout avoir inquiété l'auteur est l’évaporation de l’eau et par suite le changement de densité du liquide, Pour obvier à-cette cause d'erreur, Siegl bouchait d'abord ses tubes avec un bouchon de caoutchouc où un morceau de ouate humide. Puis il a proposé le moyen suivant. Il recouvre d’une petite couche d’huile la surface du mélange d’eau et de glycérine, et de la sorte toute évaporation est impossible. Mais il ne serait pas facile de faire traverser à la goutte de sang cette couche sans en entraîner quelques gouttes d'huile. Par suite le résultat serait troublé. Aussi, Siegl a-t-il soin, avant de placer la couche d'huile, d’introduire un petit entonnoir de verre qui plonge dans le liquide et qui est fixé au bouchon fermant l’éprouvette. Cet entonnoir est lui-même fermé par un couvercle limité par un anneau en caoutchouc. Comme on le voit il ne peut y avoir d’évaporation que par une ouverture très petite quand on Ôte le couvercle, aussi les solutions se conservent-elles de la sorte pendant un mois sans varia-
1 Ueber die Dichte des Blutes {Wiener klin. Wochenschr., 383, 1891, p. 606. — Ueber eine Verbesserung der Roy’ schen Methode zur Blutdichtebestimmung und damit angestellte Untersuchungen beiKindern (Prager medin. Wochenschr., 892, n°20, 21,22).
SE
tionaucune, ou du moinsavecdes variations insignifiantes, Ainsi, après un mois d’usage, Siegl a trouvé que les variations ne dépassaient pas 0,05 des degrés de l’aréomêtre. Une solution que l’on couvre d'huile et que l’on ne touche plus garde sa densité sans aucune variation, tandis que, si l’on prend plusieurs fois la densité de cette solution, on à une légère diminution, car la glycérine, dans les diverses manipulations, absorbe un peu de la vapeur d’eau de l'air. Ainsi une solution de densité 1035, étudiée par Siegl a varié de la façon suivante :
Au bout de 18 heures la densité était de. . ‘0 1088;0 — 2 jours — 25 Dern d0De — 3 — — el 00060 2= 4. — — AT ay AUBENEn — 5 — — ie LOS DE = 6 — —- Ne EDS
Les solutions se conservant de la sorte très bien, on n’est plus obligé de la rectifier souvent comme il faut le faire quand on bouche simplement les tubes avec du caoutchouc.
Le sang est aspiré par une petite pipette capillaire à laquelle est adapté un caoutchouc la reliant à une serin gue de Pravaz. Sieel recommande de mettre d'abord le piston au milieu de sa course, et d’aspirer alors, on aura ainsi le piston à la partie supérieure du cylindre et l’on aura plus dejeu quand il faudra pousser, ce qui est nécessaire. La pipette n’est pas coudée au bout comme dans le procédé Lloyd Jones. Elle est introduite, une fois pleine de sang, dans le petit entonnoir en verre et l’on procède comme dans les autres méthodes en faisant tomber une goutte de sang et en observant la direction qu'elle prend.
Dies
Le point important pour Siegl est d’aller vite, sans cela les résultats ne sont pas bons.
L'auteur pense que, pour des expérimentateurs exercés, sa méthode n’est point de beaucoup inférieure à celle de Schmaltz, et qu’elle est beaucoup plus clinique, beaucoup plus rapide, puisqu'en une demi-heure il a pu faire 10 examens.
Voici du reste les résultats obtenus par Siegl en comparant la méthode de Roy à celle de Schmaltz que je décrivais tout à l'heure et qui paraît être la plus exacte sinon la plus pratique.
Méthode de Schmaltz D — 1060,57 Roy D — 1062 — Schmaltz D — 1054,5 — Roy D — 1055
— Schmaltz D — 1040,38 — Roy D'=1021
Comme on le voit, il y a quelques différences, mais en somme bien minimes.
La méthode de Siegl me paraît, à coup sûr, avoir le grand avantage de garder la densité des solutions d’une manière parfaite, mais la construction de l’appareil doit certainement être délicate, demander du temps, et je crois que l’on peut simplifier le procédé comme je l’indiquerai tout à l'heure, quitte à vérifier plus souvent les solutions et à avoir un peu moins d’exactitude.
Procèdé employé dans cette thèse.
J'ai employé, pour faire mes recherches, la méthode de Lloyd Jones, en adoptant quelques-unes des modifications de Devoto et de Siegl, en en faisant aussi quelques autres personnelles.
Mes solutions sont faites avec de l’eau, de la glycérine et du sublimé. Voici comment je procède. Je fais faire le mélange suivant :
OILYCÉPINE 0 EN Me OURS HAE ee BA RE RP COTES CUOPSTS DUDDMe NE RSS er
La densité de ce mélange doit être à peu près de 1,050.
En effet, si nous consultons l’agenda du chimiste, nous trouvons une table construite par Leroy, en 1880, qui nous donne les densités du mélange d’eau et de glycérine. La densité de la glycérine est de 1,26 à 15°.
Un mélange de glycérine et d’eau à :
15 °/, a une densité de 1,0374 202 — — 1,0498 LD — — 1,0635
Je ne cite que ces trois solutions comme étant les seules qui soient importantes dans le cas.
J’ai soin de bien filtrer la solution avant de l’employer. Cela fait, en ajoutant soit d: la glycérine, soit de l'eau distillée, je prépare vingt-quatre solutions ayant les densités suivantes :
CEE 1027—1029—1031—1033—1035—1037—1039 1041—1043—1045—1047—1049—1051— 1053 1055—1057—1059—1061—1063—1065—1067 1069—1071—1078.
c’est-à-dire tous les nombres impairs de 1027 à 1073 (inclusivement).
Je prends toutes ces densités à l’aide de l’aréomètre. Il serait possible, d’après la table précédemment signalée, de calculer la quantité de glycérine qu’il faudrait ajouter pour obtenir chaque densité; mais il est, je crois, plus simple de se servir d’un densimètre et de procéder par tâtonnements.
Au début, je me servais d’un densimètre construit par Dujardin, à Paris, allant de 1000 à 1100. Dans la suite, j'ai fait construire par M. Demichel, successeur de Salleron, 24, rue Pavée, à Paris, un densimètre allant seulement de 1025 à 1075. Avec cet instrument j’ai un écart beaucoup plus considérable entre deux degrés, ce qui rend les recherches à la fois plus justes et plus faciles.
La densité de mes solutions est toujours prise à 15 degrés centigrades.
Mes solutions sont placées dans de petits flacons bouchés à l’émeri, d’une contenance de 180 grammes environ. Les flacons sont remplis aussi complètement que possible et comme leur partie supérieure se rétrécit énormément, on voit qu'il n’y a qu’un faible espace exposé à l'évaporation comparé à la masse de la solution.
Le sang est pris, dans toutes mes recherches, à l’un des doigts, l’index ou le médius en général. La piqûre est faite avec l'aiguille en forme de lance qui appartient à