QUELLE EST LA DENSITÉ NORMALE DU SANG
C'est la première question que l’on se pose : car, avant de rechercher les variations de la densité du sang, il faut bien savoir exactement ce qu'est cette densité à l’état sain. Il faut, bien entendu, prendre des moyennes et éliminer de la sorte les variations physiologiques que j'aurai à exposer tout à l’heure.
Si l’on consulte les ouvrages de physiologie, on trouve de grandes variations indiquées, mais on ne dit pas un mot des causes possibles de ces variations. Les moyennes données, sont du resie, assez différentes lesunes des autres. M. Duvaz, Bupce, Wuxpr, BEAUNIS, VrauLr et JOLYET, disent que la densité du Sang varie de 1045 à 1075. La moyenne serait de 1055 pour Viault et Jolyet, de 1060 pour Wundt. Frepgrico et Nurt, disent que la densité varie de 1075 à 1062, qu’elle est à 1045 en moyenne. La densité en globules peut dépasser 1100, celle du plasma n’atteint pas 1030.
Gomme on le voit, tous ces chiffres n’apprennent pas grand’chose. Il peut y avoir de grandes variations, mais voilà tout. Il convient cependant de faire remarquer que les densités de 1035 et de 1075 sont pathologiques,
Quels sont, maintenant, les chiffres donnés non plus par les physiologistes en général, mais par les auteurs qui se sont occupés Spécialement de la question.
BEGQUEREL et R oprr disent que la densité du sang est en moyenne de 1060,2 chez l'homme, de 1057,5 chez la
ST Ep femme. La densité du sérum est aussi en moyenne de 1028. Ils ont examiné vingt deux individus sains.
QuINKE admet 1060,8 pour les hommes, 1058 pour les femmes.
Scamipr, 1059,9, chez les hommes, 1050,3 chez les femmes ; 1026 à 1030 pour le sérum.
Naase de Marburg, 1055,5 chez les hommes, 1034,5 chez les femmes, 1027 à 1029 pour le sérum; 1058 et 1059 ne sont pas rares chez les hommes robustes.
Davy ne donne pas de moyenne, il parle de 1052 à 1060 chez les hommes, de 1045 à 1056 chez les femmes.
GAMGEE admet la moyenne générale de 1055, de même que DucLaux.
Tels sont les résultats fournis par les auteurs employant les anciennes méthodes. Ceux plus récents qui se sont servis de procédés plus perfectionnés n’ont pas changé notablement les données précédentes.
Roy prend comme normale 1055 ; chez les hommes, on a des chiffres variant entre 1056 et 1059 ; chez les femmes entre 1051 et 1055. Lanpois donne les mêmes nombres.
Lioyp Jones admet en moyenne 1059; de 1055 à 1060. Devoro, de 1058 à 1059.
Piper, 1055 chez les hommes, 1053,5 chez les femmes (25 examens).
SoHMaLTz, pour les hommes, admet 1059,5 à 1055,5 pour les femmes. Schmaltz qui a examiné quarante-quatre fois son propre sang dans l’espace de dix semaines, a trouvé des oscillations entre 1098 et 1061. Deux fois seulement la densité était tombée au-dessous.
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ScroLLA à fait ses recherches sur le sang d’un jeune docteur en médecine. Il a trouvé 1065,8à 1068,5 pour le sang, 1033,7 à 1032,3 pour le sérum. Les chiffres me paraissent bien forts.
ARRONET regarde comme moyenne pour le sang défibriné 1060,7 et 1028,3 pour le sérum.
SCHLESINGER admet comme moyenne chez l’homme de 1056 à 1061, et de 1054 à 1060 chez la femme.
HAMMERSCHLAG a examiné quarante personnes saines. Il prend comme moyenne chez les hommes 1060,5 et 1057 pour les femmes. Quant au sérum il trouve des variations entre 1027 et 1032. Sur lui-même, pendant vingt semaines, il a observé des densités variant entre 1060 et 1064. Une seule fois il a observé une diminution sans cause appréciable pendant six jours. Peut-être fautil faire intervenir, comme l’admet Lloyd Jones, une influence psychique.
Hammerschlag fait, en outre, remarquer que beaucoup d'auteurs donnent en chiffres trop bas ou trop hauts, comme Peiper qui regarde comme normales des densités de 1045 à 1866. Il est probable que dans les cas où il y avait une densité si basse, il s’agissait de chlorotiques ou qu’il avait quelque erreur.
Je ferai la même remarque pour les chiffres fournis par Roy (1035 à 1068), par Davy, qui admet des nombres comme 1045 et même 1038 à l’état normal.
Je n'ai pas fait sur les gens sains des recherches assez nombreuses pour pouvoir conclure d’une manière positive. En prenant cependant une moyenne entre tous les nombres donnés par les auteurs, on peut admettre que, chez l'homme bien portant, la densité doit varier de 1055
EDR te à 1060, mais pas au delà. Chez un étudiant bien portant j'ai trouvé à jeun 1061. Chez la femme il faut abaisser un peu ces limites.
IT. QUELS SONT LES FACTEURS PRINCIPAUX DE LA DENSITÉ DU SANG ? DE QUELLE FAÇON INTERVIENNENT-ILS POUR MODIFIER CETTE DENSITÉ ?
Le sang se compose essentiellement: d’une partie solide, les globules ; d’une partie liquide, le sérum : enfin, de la fibrine constituant avec le sérum le plasma.
Sur 1000 parties de sang, d’après Schmidt, il y a 913,04 de globules, et 486,96 de plasma ; le plasma renferme lui-même 3,93 de fibrine.
Quelle est l'importance de chacun de ces éléments dans la densité du sang, et ses variations physiologiques et pathologiques ?
1° Les globules peuvent agir de deux façons ; par leur nombre, par leur richesse en hémoglobine.
Quelques auteurs ont prétendu que la densité sanguine dépendait du nombre des globules. C’est ce que disent Becquerel et Rodier. Lloyd Jones a trouvé un rapport approximatif entre la densité et la richesse en globules, mais moins constant que pour l’hémoglobine. Copemann dit que la densité varie avec le nombre des globules dans les expériences où on élève ou on abaisse la densité, mais il fait des réserves pour les cas pathologiques et se contente de dire que, quand la densité est normale, le nombre des globules est normal aussi.
Mais pour beaucoup d'auteurs le nombre des globules
B, Le « ë
ins importe peu. Ainsi Hammerscglah cite le cas de ’anémie pernicieuse où il y a très peu de globules et où le poids spécifique n’est pas plus diminué que l’hémoglobine ; il parle aussi de la leucémie où malgré l’augmentation des leucocytes le poids spécifique n’est pas plus élevé que dans la chlorose avec la même teneur en hémoglobine.
Ce qui influe donc, c’est la quantité d’hémoglobine, c’est ce qu'adoptent presque tous Les auteurs.
Pflüger et Kemmerich { ont constaté chez le chien une relation tres précite entre la densité sanguine et la quantité d'hémoglobine. Quinke, sans être aussi absolu, a pourtant constaté un rapport constant entre ces deux choses.
Schmaltz a fait une série de recherches tres laborieuses pour comparer la densité du sang d’une. part, la quantité d’hémoglobine et le nombre de globules d'autre part. Il est arrivé aux mêmes conclusions que Quinke, et a publié un tableau très détaillé, que je crois inutile de reproduire en entier. Voici seulement quelques nombres :
Densité Hémoglobine Globules rouges 1035 30 3.364.000 1042 40 -45 3.440.000 1049 45 -50 4.164.000 1058 70 4.352.000
Hock et Schlesinger, Sophie Scholkoff, Hayem, Trangott, professent la même opinion.
Hammerschlag est encore de cet avis. Mais avec quel ques restrictions. Voici quelle est sa manière de voir que partage complètement Siegl. Pour ces deux auteurs la
4 Arch, f. d, ges. Physiol., I, S. 76.
uen
densité n’a aucun rapport avec le nombre des globules, elle
est dans un rapport constant avec l’hémoglobine, sauf
dans un cas particulier : les lésions rénales. Hammerschlag fait remarquer que rien n’est plus
naturel de voir se modifier parallèlement la densité et la
- teneur en hémoglobine.
Il a construit le tableau suivant :
A un poids spécifique de : Correspond une quantité d’hémoglobine def :
. Hammerschlag a trouvé cette relation constante entre l’hémoglobine et le poids spécifique dans une foule de maladies (chloro-anémie, tuberculose) ; aussi propose-t-il de prendre la densité du sang et non la quantité d'hémoglobine pour l’étude des maladies ?. Quand la densité tombe à 1045, l’hémoglobine n’est que la moitié de la normale. À une densité de 1060 comprend une quantité physiologique d’hémoglobine. Il y aurait moins de cause d'erreur en opérant ainsi qu’en dosant l'hémoglobine.
1 100 représente la quantité normale d’hémoglobine. C’est donc une notation tout à fait différente de la notation française.
2? Dans certains cas d’ictère, la richesse en hémoglobinene peut être déterminée par les méthodes usuelles (Lépine, Benoit-Jeannin).
HA
Lloyd Jones, qui fait Jouer un grand rôle au nombre de globules, remarque cependant que la courbe de la densité du sang suivant les âges, qu’il a dressée, correspond exactement à la courbe faite par Leichtenstern pour les variations de l’hémoglobine suivant les âges.
Il convient, je crois, de conclure que la densité du sang dépend un peu du nombre des globules, mais surtout de la quantité d’hémoglobine. à
2° Le sérum peut être en plus ou moins grande abondance, de plus ou moins forte densité.
Ce sont mêmes les variations dans la quantité et la qualité de ce liquide qui expliquent les variations journalières. L’absorption d’une certaine quantité d’eau, une transpiration abondante n’agiront sur le sang que grâce au sérum. Mais, à l’état physiologique, ces modifications sont transitoires, le sang régularise très vite sa composition comme nous le verrons tout à l'heure. Il compense les pertes en eau par les boissons, élimine l’eau en excès par la transpiration, les urines.
À Grosglick ! a fait sur ce sujet un intéressant travail au laboratoire de pathologie générale de l’Université impériale de Varsovie dirigé par le professeur S. M. Loukianoff.
À l’exemple de Cohnhein et Lichtheim ? il a fait des injections d’eau salée à 6 pour 1000, dans les vaisseaux d’un animal. Il injecte 1/13 du poids du corps. La composition du sang redevient vite normale ; le sang réglant sa
! Contribution à l'étude defla pléthore hydrémique {Archives de physiologie, 1890, p. 704).
? Ueber Hydræmie und hydræmischer Œdem (Cohnheim’s gesammelte Abhandlungen, p. 556).
00e propre composition. Ainsi, la première heure qui suit l’in-- Jection, il y a un rétablissement des substances solides qui est égal à 79,11 pour 100 de la perte apparente provoquée par l'injection.
Ainsi chez un chien, on constate :
Avant linjection, résidu see. . . 17,267 2
De suite après — ee A es le ef 7 on
Uneheure après — RE RCA LOUE SCIE Chez un autre chien, on a:
Avant l'injection, résidu sec. . . 16,163 (,
De suite après — Er AO EME EE) EMA
Uneheureaprès — TO Nan IP TEA
Ges expériences me serviront tout à l'heure, quand je parlerai de l’influence des boissons.
Copemann à pu, dans certains cas, abaisser considérablement la densité du sang en produisant une dilution du plasma sans diminution du nombre des globules. Il doit publier bientôt ses recherches dans le Journal of physiology. 7
Avec Sherrington, il a pu, par l'injection continuelle d’une solution saline normale, amener pendant une heure la densité à 1030, la densité normale étant 1055.
Copemann et Sherrington se sont même servis de ces injections de sérum artificiel pour déterminer la quantité de sang d’un animal vivant.
Is prennent un lapin, l’endorment avec du chloroforme et du chloral, sectionnent le grand sympathique droit. Ils prennent une goutte de sang artériel à l'oreille droite. Ils trouvent par la méthode de Roy 1052. Puis, 20° d’une solution de chlorure de calcium ayant une densité de 10046
GE à une température de 88° C. sont injectés dans la veine jugulaire en quinze secondes.
Trente secondes après une goutte de sang artériel est de nouveau prise et la densité, examinée comme tout à l'heure, est de 1047. Le poids de l’animal était, avant l'expérience, de 8 k. 572. Aucune nourriture solide n’avait été donnée trente heures avant l’injection.
Les auteurs font les deux suppositions suivantes :
1° Le sang et le liquide injectés sont complètement mêlés en trente à quarante -cinq secondes.
2° Une quantité négligeable a échappé à la circulation en trente à quarante-cinq secondes.
Etant donné les nombres précédents, appelant x le poids du sang, on a le calcul suivant :
80 >< 10046 + + 1052 — (30 + x) 1047 x — 254% pesant 267:"6
267,6 3572 — 7,49 ?, du poids du corps
J’ai tenu à rapporter cette expérience qui montre tout le parti que l’on peut tirer de l’étude de la densité du sang. ! Il ressort des expériences de Grosglick qu’à l’état physiologique l’hydrémie n’est que passagère. Il n’en est plus ainsi dans les maladies, et un des chapitres les plus importants de cette thèse sera consacré au sang des brightiques où l’on trouve souvent cet état spécial du sang. Inversement, 1l y aura des cas où la quantité de sérum sera diminuée, par suite la densité sera augmentée. Ce
. 4 Proceedings of the physiological Society, May, 10, 1890. — The Journal of physiology, 1890.
oi
fait se produira dans les cas où une grande partie du sérum passe au dehors comme dans le choléra ou les fortes diarrhées (Scholkoff), les purgatifs salins (Copmann). Dans les cas où de grandes pertes acqueuses amènent une sorte de dessèchement du sang, il y à auparavant un dessèchement des tissus (Hock et Schlesinger). C'est probablement pour la même raison que la densité s'élève dans le pemphigus (Schlesinger), les brûlures (Baradu‘, Tappeiner ?, Schlesinger).
Le sang trop riche en eau régularise sa composition, de même le sang trop concentré. Ainsi Von H. J. Hamburger # d'Utrecht à montré que sion rend le sérum trop dense, il se fait une attraction de l’eau des tissus. Ce sont Les parois vasculaires qui jouissent de cette propriété.
Outre la quantité de sérum, il faut faire intervenir sa composition. Sa plus ou moins grande richesse en albumine, en sels minéraux, a une grande importance. Sciolla insiste spécialement sur les sels dont la diminution jouerait souvent un rôle capital (bydrémie vraie).
3 La fibrine peut enfin jouer un certain rôle, mais principalement à l'état pathologique. De 3 pour 100 qui est la normale, elle peut atteindre 6 et 8 pour 100 (Andral). Ses variations physiologiques ne sont pas connues.
1 Causes de la mort dans les brûlures. Paris, 1862. Analyse in Un. med. mai, 1863.
? Ueber Veränderungen der Blutes und der Muskeln bei ausgedehorten Verbrennungen (Centralbl. f. medic. Wissenschaften n° 21 et 22, 1881.
3 Ueber die Regelung der Bluthestandtheilele bei experimenteller hydramischer Plethora, Hydrämie und Ankydramie, (Zeitschrift furB iologie, 1891).
Comme conclusion de tout ce queje viens de dire, je puis citer l'opinion de Copemann.
Les changements de densité peuvent être dus, d’après lui, aux trois causes suivantes agissant isolément ou ensemble.
1° Une augmentation ou une diminution des globules, la densité de chaque globule restant la même ;
2° Une variation dans la densité du plasma, la densité et le nombre des globules restant les mêmes ;
3° Une variation simultanée de la densité des globules et du plasma, avecou sans modification du nombre des globules.
Copemann présente encore autrement la question :
1° La densité est augmentée. Cela est dû à la formation de nouveaux globules, ou au passage au dehors de la partie liquide du sang ; |
2° La densité est abaissée (si l’abaissement est marqué il a toujours une signification pathologique). Cela est dû à la diminution de densité du plasma ou des globules, à u ne diminution de nombre des globules, ou, ce qui est le plus probable, à tous ces facteurs combinés.
IT. QUELLES SONT LES VARIATIONS PHYSIOLOGIQUES DE LA DENSITÉ SANGUINE ?
Un certain nombre de facteurs peuvent donc intervenir pour modifier la densité du sang, il convient maintenant d'étudier les différentes conditions dans lesquelles ils agissent à l’état physiologique. C’est à peu près éxclusivement d’après les recherches antérieures aux miennes que je vais répondre à cette question.
D’après quelques auteurs la densité du sang chez une personne bien portante ne varie presque pas, l’organisme, ayant des moyens spéciaux de régularisation (Schmaltz, Peiper, Trangott) : Hammerschlag pendant cinq mois n’a constaté que des variations peu considérables. Hoch et Schlesinger chez les enfants sains ont trouvé une densité à peu près stationnaire. La plus grande différence entre deux examens dans les mêmes vingt-quatre heures était de 0,0025. Devoto admet qu’à l’état de maladie les variations physiologiques ne sont pas bien marquées, mais Scholkoff lui reproche l’inexactitude de sa méthode.
“Par contre, Lloyd Jones a trouvé des variations très importantes. Les auteurs précédents n’acceptent pas sans réserve ses résultats. Je tâcherai de corriger un peu ce qu'il a d’excessif dans chacune de ces manières de voir.
Je vais étudier successivement les causes suivantes :
1° L’âge et le sexe ;
2° La menstruation, la grossesse, accouchement ; 3° La nourriture et la boisson;
4° L'exercice ;
9° Le sommeil;
6° Les pays;
T° Le tempérament ;
8° Les différentes parties du corps;
9° La congestion passive et active.
Il ne s’agira que du sang. Les variations de la densité du sérum étant peu importantes et du reste bien plus faibles à l’état pArspIogique Gé Rebes
REC (| Re
1° Age et sexe.
C’est surtout Lloyd Jones qui a étudié les variations de la densité suivant l’âge et le sexe. Dans son premier mémoire du Journal de physiologie, il a étudié le sang de 362 personnes à tous les âges et jusqu'au-dessus de quatre-vingt douze ans. Dans son second mémoire, il dit avoir pris la densité du sang de 1166 personnes bien portantes.
Chez l'homme. — D’après Lloyd Jones, c’est à la naissance que la densité atteint son maximum 1066 en moyenne; fait très intéressant, la densité du sang de la
mère est à ce moment bien plus faible. La densité diminue-
ensuite, elle est vers deux ou trois ans de 1050. Puis elle s'élève progressivement, atteint 1058 à dix-sept ans, reste à ce chiffre pendant l’âge moyen, et tombe chez les gens âgés d’une façon assez notable.
Les autres auteurs admettent à peu près ces moyennes données par Lloyd Jones.
Naase, Landois reconnaissent que, chez les enfants, la densité est moindre. Peiper admet une moyenne de 1052,2 chez les garçons.
Hock et Schlesinger disent que, chez les enfants, le sérum va de 1026 à 1051, c’est-à-dire que les limites physiologiques sont élargies. Ils onttrouvé chez les enfants en ville au-dessous de deux ans 1048 à 1052, de deux ans à six ans 10952 à 1056 et même jusqu'ici 1060 pour la densité du sang.
Naase prétend que le nouveau-né a un sang très léger,
TT Se mais que dans les vaisseaux ombilicaux il est de 1075 d’après Denis.
Il convient de rapprocher de ces études sur la densité les recherches de mon maître M. Lépine? sur la numération des globules chez l’enfant nouveau-né. M. Lépine et deux de ses élèves, MM. Germond et Schlemmer, ont vu que, vingt-quatre heures après la naissance, le nombre est augmenté, puis à partir du deuxième jour il diminue. Il y a donc un rapport inverse entre le poids de l’enfant et le nombre des globules.
Chez la femme. — De l'avis de tous les auteurs la densité est plus faible que chez l’homme (Lloyd Jones, Landois, A. Rollett de Graz, Siegl).
Naase dit que le sang de l’homme a toujours une densité supérieure à 1053, tandis que chez les femmes souvent on trouve seulement 1050.
Lecanu, Becquerel et Rodier prétendent que chez la femme le sang renferme plus d’eau.
Voici ce que dit Lloyd Jones : C'est aussi à la naissance que l’on trouve la densité la plus élevée, elle est comme chez l’homme de 1066. Elle tombe à 1030 environ vers l’âge de deux ou trois ans, et demeure à peu près sem blable à celle de l’homme jusqu’à quatorze ans où elle atteint 1035,5. Mais après quinze ans, elle descend chez la femme tandis qu’elle monte chez l’homme. Elle reste basse jusqu'à vingt-cinq ans où elle atteint 1055. Elle s'élève un peu à la ménopause. Vers cinquante-
quatre ans elle est à peu près semblable à celle de
1 R. Lépine, Swr la numération des globules rouges chez l'enfant nouveau-né (Soc. de biologie, 1876).
To l’homme 1037. A partir de ce moment chez l’homme il y a une chute très marquée, il n’y a que peu de modifications chez la femme; aussi la densité chez les vieilles femmes est-elle plus élevée que chez les hommes du même âge.
En somme, la densité est plus élevée chez l’homme que chez la femme, il n’y a d'égalité qu’à la naissance et dans l'extrême vieillesse.
Peiper chez les fillettes trouve 1050,1.
2 Menstruation, grossesse, accouchement.
Lloyd Jones a étudié l'influence de la menstruation sur quatre personnes. Il à trouvé une légère diminution de la densité, sauf chez une personne.
Pendant la grossesse, Lloyd Jones trouve une diminution assez marquée, 1049,9 au lieu de 1052.1. Naase a trouvé souvent 1045. Becquerel et Rodier disent que la densité du sang arrive à 1031, celle du serum à 1025,5. Hammerschlag a trouvé peu de modifications. Hoch et Schlesinger, une diminution. -
Après l'accouchement, d’après Lloyd Jones, il y a une diminution constante de la densité. Il l’attribue à-la perte de sang. Dans un cas, la densité est tombée de 1050 à
TT PE de —
30 Nourriture et boissons.
Tous les auteurs, avec quelques variétés, s’accordent pour reconnaître une influence à la nourriture et aux boissons.
L’ingestion d’une certaine quantité de liquides diminue la densité du sang (Lloyd Jones, Landois, Schmaltz, Hammerschlag, Roy) {.
La diminution sera surtout marquée s’il s’agit principalement d’eau (Lloyd Jones).
Pour quelques auteurs il n’y aurait jamais que de légères diminutions (Schmaltz) ; elles pourraient même manquer totalement parfois (Hammerschlag).
Ce qu’il ya de certain, c’est que ces abaissements quelle qu’en soit importance ne durent qu'un moment. Lloyd Jones parle d’un abaissement qui dure une heure ou deux, mais c'est beaucoup trop par comparaison avec les résultats des auteurs. Ainsi avec M. Lode, Hammerschlag dans quatorze expériences a obtenu une diminution en poids spécifique au bout de trois quarts d'heure ou d’une demi-heure. Une heure après l’ingestion cette diminution avait disparu, c’est ce qui explique pour Hammerschlag résultats négatifs de Leichtenstern. Quelquefois, il y a dans la suite une augmentation de la densité.
Schmaltz est à peu près du même avis et admet qu’une
1 Chez un malade atteint d’'hémorragie cérébrale qui ne prenait aucune boisson j'ai vu trois quarts d'heure après un grand lavement d’eau, de 4073 la densité tomber à 1071 environ (sang du doigt et so * gde la veine).
AR VS demi-heure après l’ingestion d’un liquide la densité revient à la normale.
Winternitz, de Vienne 1, à la Société império-royale des médecins de Vienne, constate que les résultats obtenus par Hammerschlag s’accordent avec ceux obtenus par Beckeren 1854. Cet auteur a vu que, vingt-cinq à trente minutes après l’ingestion de 2 litres de liquide dans l’économie, il y avait une diminution de Ja densité, et que, trois quarts d'heure après, cette densité devenait plus forte qu'auparavant.
Si dans ces boissons se trouve de l'alcool sous forme de vin, de liqueurs, de bière on ne constate pas de chute, quelquefois même une élévation (Lloyd Jones).
Inversement l’abstinence de tout liquide doit élever Ja densité du sang. Cela est vrai en effet, mais moins mar— qué qu’on pourrait le croire.
Ainsi Lichtheim qui pense que le régime influe peu sur la concentration qu Sang prétend que l'abstinence absolue de liquide chez un Sujel sain où même malade ne concentre le sang que de 3 pour 1000 2.
Landois reconnaît encore qu'à une soif vive correspond une augmentation de Ja densité.
Les aliments solides seuls donneraient une élévation de la densité (Lloyd Jones, Landois), mais une nourriture ordinaire, c’est. à-dire composée à la fois de solides et de liquides, donne un abaissement de la densité, qui serait Consiant et marqué pour quelques-uns (Lloyd Jones),
ARTURE Gesellschaft der Aertze in Wien. 19 décembre 1891.
* 7° Congrès de médecine interne tenu à Wiesbaden, en avril
1838. — Therap. Monatsheft, juin 1888.
Pour d’autres, ces variations seraient bien moins im portantes et peu constantes (Schmaltz).
Scholkoff arrive même à un résultat tout à fait contraire à celui généralement admis : elle trouve une augmentation ordinaire de la densité pendant les deux ou trois premières heures qui suivent le repas, et cette augmen— tation disparaîtrait dans le même laps de temps. Elle fait
jouer un rôle important à la diffusion de l’eau du sang dans les tissus, puis à l’excrétion de l’eau par les urines, à la résorption des parties solides de la nourriture, à l’enrichissement du sang en leucocytes (leucocytose de la digestion). Ce n’est que dans quelques cas qu’elle a trouvé une diminution de la densité.
Quoi qu’il en soit, ce que l’on trouve le plus souvent après les repas, c’est une diminution de la densité ; cela concorde avec les résultats donnés par Hayem, qui trouve que les globules rouges diminuent de 300.000 après les repas.
Lloyd Jones dit qu'immédiatement après l’ingestion des aliments il peut y avoir quelques changements dus à une action vaso -motrice générale, mais ce n’est qu’une modification passagère, ce n’est paselle qu’il faut étudier. Schmaltz signale aussi le même fait.
Quant à une abstinence prolongée, Lloyd Jones, qui admettait d’abord un abaissement de la densité du sang, admet au contraire maintenant une augmentation. Ainsi, chez le jeûneur Succi, il a trouvé le dixième jour 1061, et le trente-neuvième jour 1063.
Quoi qu’il en soit, ces variations, sous l'influence des repas sont utiles à connaître pour celui qui veut entre prendre des recherches dans Îles maladies.