‹ De la densité du sang: Sa détermination clinique Ses variations physiologiques et pathologiquesChapitre 15 sur 31 · CHAPITRE Ill · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ill

- Densité du sang chez les anémiques et les cachectiques.

Lloyd Jones condamne l'emploi usuel du terme anémie comme non scientifique. Il Pemploie dans son sens étymologique, c’est-à-dire pour désigner une diminution dans la quantité du sang, or l’on ne peut guère déter miner cette quantité.

Quoi qu'il en soit, j’emploierai le mot anémie, dans son sens le plus large, et je parlerai dans ce chapitre de la chlorose, de l’anémie pernicieuse, de la leucémie, des hémorragies.

Puis j'envisagerai une série de maladies cachectisantes telles que : le cancer, la tuberculose, les affections chro miques de l'estomac, la diarrhée chronique, le saturnisme, etc. :

Ce groupement est peut-être artificiel, quoi qu'il en soit, il comprend une série d'états où la densité sanguine est modifiée. En effet, toutes les maladies qui amènent la

RCE dénutrition, la cachexie, le marasme abaissent la densité (Peiper, Siegl, T'rangott).

C’est ce groupe que dans le monde et dans les réclames pharmaceutiques on appelle les appauvrissements du sang

Chlorose. — Dans cette maladie les recherches des auteurs sont assez nombreuses. Tous ont trouvé des densités diminuées, comme il était naturel de s’y attendre, étant donné le fort abaissement de l’hémoglobine connue depuis longtemps.

BEcQuEREL ET Ropier ont trouvé 1045, 8 en moyenne, Quixe de 1035,2 à 1049. Copemann suppose, à tort, d’après Schmaltz, que cette densité de 1035 doit correspondre à une anémie pernicieuse.

Lioyp Jones a étudié 86 cas de chloro-anémie de quatorze à vingt-six ans. La densité a varié entre 1032 et la moyenne normale. Chez quinze malades, la densité était inférieure à 1035. C’est dans la chlorose qu’il a observé les plus faibles densités. Lloyd Jones fait observer qu’à l’âge habituel de la chlorose il y a une chute physiologique de la densité, mais il regarde comme pathologique le chiffre de 1041 et au dessous.

SCHMALTZ, dans 29 cas de chlorose et d’anémie, a trouvé neuf fois une densité inférieure à 1040, deux fois même au-dessous de 1035. En moyenne il a vu des oscillations entre 1030 et 1049.

Perper a trouvé 1042,7 en moyenne, apres la disparition de la chlorose il peut y avoir une augmentation de la densité.

TRANGoOTT a observé dans cette affection les plus basses densités sanguines.

CoPEMANN a fait plus de cent observations chez les anémiques, il a trouvé des variations entre 1041 et 1043.

SHOLKOFF trouve un rapport constant avec l’hémoglo bine. Elle insiste sur l’oligochromémie dans la chlorose.

HAMMERSCHLAG constate une diminution du poids spécifique qui ne peut être due qu’à la diminution de l’hémoglobine, car le sérum est presque toujours normal. Ce n’est pas une augmentation de l’eau du sérum, il n'y à pas d’hydrémie.

Les chiffres qu’il donne concordent avec ceux de Schmaltz, la densité est parallèle à la richesse en hémoglobine, les petites différences tiennent à l’inexactitude du dosage de Phémoglobine.

Devoro trouve des modifications analogues, bien qu’un peu moins marquées que Schmaltz.

Luzer, dans sa Monographie de la chlorose, se borne à constaté les résultats des auteurs allemands.

J’ai étudié 5 cas de chlorose dont 8 appartiennent à mon excellent maître, M. H. Mollière qui a bien voulu me permettre de me servir des malades de son service.

OBSERVATION I. — Dam... Marie, vingt et un ans tisseuse, entrée le 19 novembre 4892, salle Sainte-Marie, n° 33

Chlorose. Sommets suspects.

20 novembre. D — 1046.

OBs, II. — Coh.…, Louise, dix-huit ans, domestique, entrée le 17 novembre 1892, salle Sainte-Marie, n° 14.

Chlorose datant de quatre ans.

21 novembre. D — 1040.

CRT

28 novembre. D — 1044.

Hémoglobine — 7.

Os. III. — Bern... Antoinette, vingtet un ans, tailleuse, entrée le 26 novembre 1892, salle Sainte-Marie, n° 4.

Chlorose très forte datant de trois mois.

28 novembre D — 1038, Hémoglobine — 4,

OBSAIV EN Fanny, dix-sept ans, corsetière, entrée le 28 novembre 1892, salle Sainte-Marie, n°3,

Chlorose.

30 novembre. D — 1040.

Hémoglobine — 5,25,

Si maintenant on prend la moyenne de toutes ces densités, on trouve 1041,6, ce qui est, comme on le voit, une densité justement fortement diminuée.

Gomme on le voit ces observations concordent tout à fait avec celles des auteurs que J'ai cités tout à l'heure. La densité dut surtout servir à juger la gravité d’une chlorose, à surveiller son évolution, si la densité s’élôve la chlorose s'améliore (Lloyd Jones, Siegl, Hammerschlag- Schmaltz).

Dans une de nos observations (obs. IT) on voit la densité s'élever un peu, ce qui a correspondu avec une amélioration.

Nr Anémie pernicieuse. — [à encore grande dimi-

nution de la densité.

LLorb Jones parle de neuf observations. La densité la plus faible à été 1029, la plus élevée 1040. Dans tous les cas, les globules étaient très diminués et la densité plus forte que l’on pouvait le penser d’après le nombre des globules.

Ce fait est une confirmation de la loi formulée par M. Lépine : dans l’anémie pernicieuse, la valeur globulaire est conservée, tandis qu’elle est fortement diminuée dans le cancer. La densité est fonction de l’hémoglobine, il est-donc tout naturel qu’elle soit relativement conservée de même que l’hémoglobine.

Copmanx cite des densités de 1027 à 1034.

SHOLKOFF à trouvé dans l’anémie pernicieuse les plus faibles densités, et trouve l’hémoglobine aussi très diminuée.

- J'ai observé les deux cas suivants d’anémie pernicieuse.

O8s. V.— Drev... François, soixante et onze ans, tailleur d’habits, entré le 18 juin 1892, salle Sainte-Elisabeth, no 11.

Anémie datant de trois mois consécutive à des chagrins et au manque de soins. Anasarque légère depuis deux mois. Pas d’albuminurie.

Globules — 1.200.000.

Hémoglobine= #4.

Valeur globulaire — 1,3.

23 juin. D — 1838.

(Deux cuillerées de sirop de tartrate de fer, — Liqueur de Fowler XX gouttes. — Vin de Bordeaux).

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