CHAPITRE VI
Densité du sang dans les maladies infectieuses aiguës.
Fièvre en général. — Les anciens auteurs se sont toujours beaucoup occupés des modifications du liquide sanguin dans les fièvres.
SyLvius DeLBog disait « qu’une des causes les plus fréquentes de la fièvre était, selon lui, un âcre doué de propriétés chimiques diverses qui allait exciter le cœur ».
HuxHam prétend que, dans la fièvre, le sang devient épais et gluant, ce qui est dù à la grande quantité de globules et à leur tassement les uns avec les autres.
Puis vinrent des recherches chimiques portant surtout sur la fibrine, sur l’existence de la couenne dans le caillot.
ANDRAL et Gavarrer ! montrérent que la fibrine est diminuée où normale dans la fièvre, tandis qu’elle est
‘ Sur les modifications des propriétés de quelques principes du sang dans les maladies. (Annales de chîmie et de physique, 1840). Andral Æssai d'hématologie pathologique) 1843.
augmentée dans. les inflammations aiguës, où elle peut atteindre 6 et 8, alors que la moyenne est de 3 pour 1000.
Becouerez et Roprer admettent que dans les phlegmasies la densité diminue. 11 y à une diminution du nom bre des globules et de l’albumine.
Perrer soutient que la densité augmente au début des fievrse.
HammEerscHLAG dit que dans les fièvres la densité varie suivant l’état de la nutrition. Aussi, elle est assez haute dans la pneumonie, plus basse dans le typhus et la malaria.
En général, il y a dans la fièvre une diminution de la densité dans la période aiguë, puis une augmentation après la défervescence. Il fait jouer un certain rôle à la diminution de la fibrine. Il proteste contre l’opinion de Peipér.
Si, d’après Hammerschlag, on compare la densité avec le teneur en hémoglobine, on voit que la densité est un peu plus basse que ne le feraient supposer les quantités d’hémoglobine. Mais ce fait est moins marqué que dans les néphrites, de sorte qu’il n’est pas possible d'affirmer que dans les maladies fébriles le sérum soit plus pauvre en albumine.
Pour voir l'influence de l'élévation de la température, il faut examiner le sang pendant et après l’élévation thermique, mais à petits intervalles, car sans cela le sang subirait d’autres modifications. Aïnsi, dans la malaria et dans l’emploi de la lymphe de Kock, 1l a vu des diminutions souvent assez marquées. Chez un typhique cependant il y avait une élvéation de la densité après la chute
de la fievre.
Quoi qu’il en soit, il reconnaît qu’il est difficile d’expli quer cet abaissement de la température.
Hocx et SCHLESINGER, dans 8 cas, ont trouvé aussi une diminution de la densité sanguine, la densité du sérum restant la même.
SCIOLLA et SCHOLKOFF sont du même avis.
Scholkoff a pourtant constaté, au lieu d’une augmen tation dans la convalescence d’une maladie aiguë, une diminution, comme Schmaltz, Peiper, Devoto. Elle n’a pu constater de parallélisme bien net entre l’hémoglobine et la densité. Elle admet que dans les fièvres les Un sont très diminués.
HAyem parle de l’épaississement du sang dans les fièvres et déclare que celui-ci est déterminé par de grandes pertes de liquide que subit l'organisme par la peau, les poumons.
F. Srein” (de Vienne), qui vient de publier un impor tant travail sur le sang dans les fièvres, admet que la densité est augmentée pendant la période fébrile et diminuée ensuite dans la défervescence. Ds
Ses recherches portent sur 178 personnes dans l’espace , de deux aus. Dans 9 cas, il a vu, avec l’augmentation de la température l'augmentation de la densité. Dans 5 cas, un état stationnaire. Dans 11 cas de défervescence spontanée, 1l y avait toujours une diminution de la densité au moment où la température devenait normale. Dans les défervescences produites par les antipyrétiques, vaso-dilatateurs, il y avait aussi dans la majorité des cas une diminution de la densité.
! Hamatometrische Untersuchungen zur Kenntniss des Fiebers (Centralbl. f. klin. Med., 11 juin 1892).
En comparant ces résultats avec ceux de Maragliano, il conclut que les oscillations de la température vont parallèlement avec les oscillations de la dilatation vasculaire et dans la majorité des cas avec la densité.
En somme, sil fallait conclure, nous serions bien em-— barrassé.
Les uns, en effet, disent que la densité est énorme dans la fièvre (Peiper, Hayem- Stein).
D’autres disent, au contraire, et c’est ce qui paraît le plus vrai, que la densité est diminuée (Andralet Gavarret, Becquerel et Rodier, Hammerschlag, Hock et Schlesinger, Sciolla, Scholkoff).
Ce qu’il conviendrait peut-être d'admettre, c’est que la densité paraît dans tous les cas peu modifiée, et c’est ce qui expliquerait un peu ces divergences d'opinion.
TRANGoOTT fait remarquer qu'il y a peut-être des causes d'erreur. Rien ne prouve, en effet, que chez les fébricitants les variations journalières ne soient pas plus étendues que chez les gens bien portants.
Je vais maintenant passer en revue quelques maladies infectieuses en particulier, etje pense trouver des résultats moins confus.
Impaludisme. — ScroLLa a étudié trois cas. IlLa vu que la densité descendait rapidement à des chiffres qui se rencontrent seulement dans les plus graves altérations du saug 1043, 1047. Cependant on peut observer des chiffres normaux au commencement du processus, ce n’est que plus tard que la densité diminue. Quand la guérison arrive, la densité augmente.
HAMMERSGHLAG admet aussi une diminution.