‹ De la dermatose de Duhring au cours de la grossesseChapitre 8 sur 14 · ESSAI PATHOGÉNIQUE · texte numérisé non relu

ESSAI PATHOGÉNIQUE

On a émis jusqu'ici deux opinions sur la nature de la dermatose de Duhring.

Les uns en font une tropho-névrose, les autres rapportent les accidents à une auto-intoxication.

En faveur de la tropho-névrose, on a invoqué : Les paresthésies,

La disposition symétrique deslésions cutanées.

L'existence d éruptions vésiculeuses ou huileuses au cours des affections nerveuses.

En faveur de l'auto-intoxication.

On fait valoir :

1° La diminution de la toxicité urinaire et l'ahaissement notable du taux de Turée (Bar).

2° L'influence aggravante qu'exercent sur les poussées éruptives certaines ingestions alimentaires (Jamieson- Sherwell White).

La polyurie, l'hypertoxicité urinaire^ le relèvement du chiffre de l'urée excrétée, observées chez les accouchées à la période de guérison.

L'étude histologique que nous avons faite nous conduit à admettre cette deuxième théorie.

Nous avons recherché chez trois malades quel était le

coefficient de la toxicité iinnaire et il en résulte que constamment ce coefficient est abaissé.

Il semble que chez les malades il. y ait imperméabilité du rein. On peut expliquer par les modifications qu'imprime la grossesse à l'épithélium rénal l'apparition de la Dermatose de Dubring pendant son cours. M. Bar déjà a insisté sur le rôle des altérations anatomiques du rein dans la production des auto-intoxications gravidiques.

La substance toxique non éliminée par le rein existet-elle dans les vésicules, c'est-à-dire est-elle excrétée par la peau ? Nous avons fait quelques expériences qui sont en faveur de cette hypothèse. Nous avons injecté à deux souris sous la peau de la région dorsale 2/5 et 1/5 de c. cube de liquide pris dans les vésicules de la malade couchée aun° 21 de la salle Gibert. Les souris sont mortes l'une après 36 heures, l'autre après 60 heures.

La substance toxique est, sans doute, celle qui est fixée par les leucocytes, c'est-à-dire une substance normale, puisque normalement il existe quelques éosinophilesdans le sang (1).

La dermatose de Duhring apparaît ainsi comme un type de toxidermie, les troubles nerveux auxquels on attachait tant d'importance seraient secondaires à l'intoxication-.

(l)Ce chapitre a été écrit en collaboration avec notre ami le D'' Leredclc. 11 est la synthèse de nos recherches communes sur ce sujet.

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