‹ De la déviation conjuguée des yeux et de la rotation de la tête dans certains cas d'hémiplégieChapitre 20 sur 25 · DE LA DÉVIATION CONJUGUÉE DES YEUX. OÙ · texte numérisé non relu

DE LA DÉVIATION CONJUGUÉE DES YEUX. OÙ

d'intensité exceptionnel par rapport à ce que l'on observe d'habitude en pareille circonstance.

Etat des paupières. — Quand l'attaque apoplectique est accompagnée de coma , il est assez général de constater la chute des deux paupières; cette particularité peut se rencontrer aussi lorsque le coma n'est pas complet. '

Dans quelques observations, il est noté que les deux yeux étaient ouverts, mais que l'une des paupières était plus tombante que l'autre, ou l'un des yeux moins ouvert que l'autre.

Je dois faire remarquer que toujours la paupière • ailectée d'un léger de^ré de ptosis était celle de l'œil correspondant au côté hémiplégique. (Obs. I, IV, XVI, XXIV, XLI, XLII.)

État des jMpilles. — On peut trouver la plus grande variété dans l'état des pupilles, qui quelquefois sont égales, dilatées ou contractées toutes deux et souvent peu contractiles; quelquefois, au contraire, inégales.

Dans trente-deux observations dans lesquelles l'état de dilatation des pupilles est noté, voici comment se présentèrent ces pupilles :

Dans vingt-quatre cas, les deux pupilles étaient égales. ■ Dans trois cas, la pupille la plus dilatée était celle du côté hémiplégique. (Obs. I, XLII, Ll.)

Dans cinq cas, au contraire, la pupille la plus dilatée était celle du côté opposé à l'hémiplégie. (Obs. XI, XVIII, XLIV, L, LVIII.)

On voit donc que la plus grande variété s'est montrée dans l'état des pupilles; ce qui n'est point inutile à considérer au point de vue de la physiologie patholo-

gique de la déviation oculaire. Si cette déviation était due en effet à une paralysie du nerf moteur oculaire coffimun du côté correspondant à la déviation, la pupille devrait toujours être dilatée du côté opposé à l'hémiplégie, ce qui n'est point le cas.

Je ferai remarquer, en outre, que le ptosis, qui pourrait être attribué par quelques personnes à une paralysie du nerf moteur oculaire commun de ce côté, n'a point correspondu invariablement à la pupille la plus dilatée, mais s'est toujours montré du côté de l'hémiplégie, et quelquefois avec des pupilles égales. (Obs. IV, XVI.)

Dans l'observation XLII avec une déviation des yeux du côté droit, il y avait léger ptosis de la paupière gauche et plus de dilatation de la pupille gauche que de la droite; ce ptosis et cette dilatation pupillaire auraient dû se rencontrer du côté droit si la déviation des yeux à droite était due aune paralysie du nerf moteur oculaire commun droit qui fournit les rameaux nerveux qui animent le muscle droit interne de l'œil droit.

Strabisme. — Dans quelques observations, on a noté un certain degré de strabisme de l'un des yeux qui s'ajoutait à leur déviation conjuguée, et à la rotation de la tête. Cette particularité est signalée dans les observations XXXV, XXXIX et L. Mais tandis que dans les observations XXXV et L, c'était l'œil opposé au côté hémiplégique dont la déviation était exagérée par rapport à l'autre œil, dans l'observation XXXIX, au contraire, c'était l'œil correspondant au côté hémiplégique dont la déviation était exagérée par rapport à l'autre œil.

Il faudrait savoir si, dans ces cas, il n'y avait point

peut-être un certain degré de strabisme congénital, ce qui n'est pas noté dans ces observations.

État de la paralysie des membres. — Les membres paralysés ont pu être dans des dispositionstrès-diverses, sans que je puisse établir le moindre rapport entre cet état et le degré de déviation des yeux et de la tête.

Tantôt, en effet, en flaccidité complète, tantôt plus ou moins contracturés, avec une rotation de la tête et des yeux très-prononcée, ils ont pu être dans le même état avec une déviation légère ou une simple tendance à cette déviation.

Tantôt la paralysie a pu être complète, tantôt, au contraire, incomplète avec une déviation très-variable dans les deux cas, et nullement en rapport, comme intensité, avec le degré plus ou moins considérable de la paralysie.

Il est impossible aussi de rapprocher le phénomène de raideur des muscles du cou, observé assez souvent, des contractures des membres. Il est en effet des cas où l'on trouve signalée une raideur très-énergique des muscles du cou, qui ramène brusquement la tête dans sa position, comme le ferait un ressort, avec une flaccidité complète des membres. Il est des cas dans lesquels il n'y avait aucune trace de contracture du cou, quand existait, au contraire, une contracture manifeste du côté hémiplégique.

Phénomènes apoplectiques. — On peut établir un rapport entre la déviation oculaire et les phénomènes de l'apoplexie. Le plus habituellement, en effet, cette déviation se montre dans les cas où il y a ictus apoplecticus ; j'ai dit plus haut que M. Charcot ne serait pas éloigné

d'admettre que dans les apoplexies dues à une lésion cérébrale unilatérale, on pourrait toujours observer un certain degré de déviation oculaire. Mais il n'est pas possible d'établir un rapport entre l'intensité de celte déviation et la perte plus ou moins complète de connaissance.

La déviation oculaire se rencontrant ordinairement dans les attaques brusques, il n'est point impossible que quelquefois elle se montre comme phénomène tout à fait passager, au début même de l'attaque : il se peut qu'elle disparaisse après quelques moments, comme on voitles mouvements rotatoires des animaux ne se montrer quelquefois qu'au moment même de la blessure du cerveau, et cesser au bout de fort peu de temps.

Si Victus apoplecticus est une condition généralement nécessaire pour la manifestation de la déviation oculaire, il est cependant quelques cas d'hémiplégie à marche lente dans lesquels on a pu remai'quer ce phénomène. L'exemple le plus remarquable que je possède est l'observation LV de tumeurs tuberculeuses du cervelet observées par M. Vulpian.

Température. — On ne peut non plus établir un rapport constant entre la déviation des yeux et de la tête et l'élévation de la température du côté paralysé qui a pu manquer dans certains cas, exister au contraire dans d'autres.

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