CHAPITRE m
PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQDE.
DE LA DÉVIATION CONJUGUÉE DES YEUX ET DE LA ROTATION DE LA TÊTE COMPARÉES AU SIEGE DE LA LÉSION CÉRÉBRALE.
En montrant dans la partie sémiologique que la déviation conjuguée des yeux et de la tête avait lieu du côté opposé à l'hémiplégie, c'était déjà démontrer qu'elle avait lieu du côté de l'hémisphère malade si la lésion siégedans le cerveau : toutes les observations réuniesdans le chapitre I, hormis les observations du groupe VIII, répondent à cette règle sur laquelle je n'ai pas besoin d'insister davantage. On me permettra de laisser de c6té pour le moment les trois observations exceptionnelles du groupe VIII, les lésions qu'elles présentent-ne siégeant point dans les hémisphères cérébraux, mais dans l'isthme de l'encéphale.
Ces cas exceptionnels s'expliqueront tout naturellement plus loin.
Mais si le sens de la déviation des yeux et de la téte
se fait toujours du côté de l'hémisphère cérél)ral malade, je crois qu'il n'est pas possible d'établir un rapport constant entre le degré, entre l'intensité, entre la durée de ce symptôme et le siège de la lésion anatomique.
Dans la note que j'avais publiée en 1865 dans la Gazette hebdomadaire, j'avais cru, en me fondant sur les observations que j'avais alors, pouvoir avancer que ce symptôme ne se rencontrait que dans les cas de lésions profondes de l'un des hémisphères cérébraux, et qu'il était surtout accusé quand la lésion se rapprochait du corps strié et de l'irradiation pédonculaire\
Je dois modifier aujourd'hui celte opinion, car dans les cas que j'ai pu rassembler, il est un certain nombre de faits qui son t contraires à cette manière de voir. On a vu , en effet, que la déviation conjugée des yeux du côté de l'hémisphère malade et la rotation de la tête dans le même sens se sont montrées avec des lésions superficielles du cerveau (ch. I, groupe 1), et dans des cas d'hémorrhagies méningées (ch. I, groupe II).
Mais si je dois modifier l'opinion que j'énonçais en 1865, il n'en reste pas moins vrai que les cas de lésions superficielles du cerveau accompagnées de déviation conjuguée des yeux et de la tête, sont des cas relativement exceptionnels-, que les exemples les plus constants et les plus accusés de ce symptôme sont fournis par des lésions profondes du cerveau, par des lésions qui se rapprochent des corps striés et de l'irradiation pédonculaire.
Je dois citer à celte occasion des cas d'oblitération d'une des artères parties du cercle de Willis, d'une sylvienne, par exemple, à la suite desquels on a observé