SIÈGE DE LA LÉSION ENCÉPHALIQUE
une déviation de la tôte et des yeux du côté de l'oblitération et une hémiplégie du côté opposé sans que l'on ait trouvé à l'autopsie de ramollissement cérébral trèsnet, et quelquefois le ramollissement était noté comme étant superBciel. Mais alors la mort était survenue trop tôt pour que le ramollissement ait eu le temps de se produire ; on ne doit point oublier que les symptômes fonctionnels sont dus non au ramollissement cérébral, mais à l'ischémie cérébrale, résultant de l'oblitération artérielle et produisant secondairement le ramollissement du tissu nerveux.
Je citerai comme exemple les observations II, III, IV, et j'ajouterai que dans la séance de laSociétéde biologie du 18 janvier 1868, M. Charcot a parlé d'un cas, qu'il venait d'observer à la Salpêtrière, dans lequel une oblitération cérébrale suivie d'une mort très-prompte, avait donné lieu à une hémiplégie et à une déviation de la tête et des yeux du côté opposé, sans que l'on ait pu constater de ramollissement cérébral bien net, vu la promptitude de la mort.
Il faut remarquer d'ailleurs que quand la déviation des yeux et de la tête s'est montrée avec une lésion superficielle d'un hémisphère, les autres symptômes ont été graves relativement à la lésion. Il y a toujours eu, en particulier, un ictus apopledicus bien net et bien accusé ; c'est là un point important à considérer.
M. Brown-Sequard ainsi queM. Schiff(l)ont cherché
(1) Voyez à ce sujet, ScliilT, Physiologie des Mcnschen, Lahr, 1859, p. 364. — Brown-Sequard, Journ. de physiol., passim, et en particulier t. I, p. 534 et 762. — Voyez aussi, Griesinger, Remarques sur le diagn. des affections cérébrales {Arch. de méd., 1860, t. I, p. 674, on Arch. der Heilkunde, 1860).
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à démontrer que le siège des altérations anatomiques du cerveau n'est point toujours le siège des troubles fonctionnels, ou le point de départ des symptômes. Selon ces auteurs, en effet, la lésion n'agirait souvent que comme agent excitateur de parties voisines plus ou moins éloignées.
On peut donc se demander si les cas de déviation conjuguée des yeux, observés avec des lésions superficielles du cerveau, ou même des méninges, ne pourraient pas rentrer quelquefois dans l'ordre de faits signalés par MM. Brown-Sequard et Schiff, et si le symptôme ne résulterait pas d'une action de voisinage, d'une influence de la lésion superficielle de l'hémisphère malade sur ses parties profondes.
INTERPRÉTATION PHYSIOLOGIQUE DE LA DÉVIATION DES YEUX ET DE LA ROTATION DE LA TÊTE.
Il me semble difficile, quand on cherche à se rendre compte de la déviation conjugée des yeux et de la tête, de ne pas rapprocher, avec M. Vulpian (1), ce phénomène des mouvements de rotation que l'on observe chez les animaux, à la suite de certaines lésions cérébrales.
Dans le mouvement dit de manège^ en effet, pour prendre le cas le plus simple, il est de règle que l'animal tourne sa tête et dirige ses deux globes oculaires du côté où s'exécute la rotation. Un exemple me fera
(1) hoc. cit.