‹ De la déviation conjuguée des yeux et de la rotation de la tête dans certains cas d'hémiplégieChapitre 23 sur 25 · INTERPRÉTATION PHYSIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION PHYSIOLOGIQUE

mieux comprendre : Je suppose un chien, qui, à la suite d'une lésion cérébrale dont je ne spécifie pas maintenant le siège, décrit un mouvement de manège de gauche à droite.

Son corps est plus ou moins arqué et forme une courbe dont la concavité est tournée du côté droit ; son cou offre une rotation plus ou moins prononcée, qui, infléchissant légèrement la tête du côté gauche, dirige le vertex du côté gauche de façon que l'œil gauche soit sur un plan inférieur à celui de l'œil droit.

Le museau de l'animal est porté du côté droit. Si l'on examine ses yeux, on peut voir que les deux globes, souvent affectés de nystagmus, sont tous les deux portés à droite. L'iris gauche atteint l'angle interne de l'ouverture palpébrale en laissant la sclérotique apparente sous forme de demi-lune en dehors ; l'iris droit au contraire atteignant l'angle externe de l'ouverture palpébrale, laisse apparaître la sclérotique en dedans.

Si l'on redresse la tête de l'animal qui n'offre souvent aucune raideur, la déviation oculaire apparaîtra bien plus manifeste. Souvent même, si elle est légère, ce sera le seul moyen de la constater d'une manière évidente.

Quelques auteurs ont été jusqu'à supposer avecHenle que la déviation des yeux était la cause de l'entraînement de l'animal du côté de la déviation; cette théorie ne résiste pas aux expériences qui prouvent que le mouvement anormal peut subsister même après l'ablation complète des yeux ; mais elle montre du moins que la déviation des globes oculaires du côté de la rotation est habituelle.

En comparant à cet exemple un cas type de déviation conjuguée des yeux et de la tête chez un hémiplégique, on est frappé de l'analogie des phénomènes.

Je suppose en effet qu'un malade frappé d'une attaque d'apoplexie et couché dans le décubitus dorsal présente une hémiplégie gauche et une déviation des deux globes oculaires du côté droit avec mouvement de rotation de la tête dans le même sens.

La tête sera légèrement inclinée du côté de l'épaule gauche, le vertex dirigé du côté gauche, la face au contraire tournée du côté de l'épaule droite. L'œil gauche sera placé de manière que l'iris soit porté du côté de l'angle palpébral interne et la sclérotique apparente en dehors; l'œil droit, au contraire, sera placé de manière que l'iris soit porté du côté de l'angle palpébral externe et la sclérotique apparente en dedans. Ajoutons que les yeux offrent souvent du nystagmus, et que leur déviation s'accusera mieux si l'on vient à redresser la tête et à la placer sur la ligne de l'axe du corps.

Pour continuer ce parallèle, je suppose que l'hémiplégique soit placé dans la même position que le chien, c est-à-dire à quatre pattes, si je puis m'exprimer ainsi, il sera difficile de ne pas saisir la parfaite analogie que présentent les deux cas; et il est fort probable que si le mode de progression de l'homme était le même que celui du quadrupède, les mêmes phénomènes de mouvement de manège seraient observés.

Je dois maintenant, en faisant un pas de plus dans le domaine de la physiologie , chercher à déterminer les rapports qu'offre chez l'animal en rotation l'attitude spéciale des yeux et de la tête avec la paralysie et la

lésion encéphalique; analyser en un mot les divers mouvements de rotation observés chez les animaux en les comparant à mes observations pathologiques.

De cette analyse ressortira, je l'espère, plus évidente encore la thèse que je soutiens.

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