HISTORIQUE
Il n’est pas de maladie dont on se soit plus occupé que de la goutte.
Connue dès les premiers temps de la médecine, les symptômes en avaient été très-bien observés par les anciens, qui l’appelaient arthritis, ou encore, selon qu’elle occupait telle ou telle articulation, podagra, chiragra, gonagra, ischiagra; M. le professeur Piorry l’appelle agrie.
Cette maladie est demeurée pendant bien longtemps entourée de beaucoup d’obscurité, les anciens ne possédant pas les connaissances physiologiques et chimiques qui devaient éclairer son étude. Elle a commencé à être mieux précisée, vers le milieu du xvii® siècle, par Baillou, qui s’est surtout attaché à la séparer du rhumatisme articulaire. En 1663, Sydenham en donna une description très-pittoresque et d’autant plus fidèle que ce qu’il décrivait, il l’avait éprôuvé lui-même. Beaucoup d’autres auteurs ont fait sur la goutte des travaux remarquables, mais c’est surtout aux études modernes que sont dus les plus grands progrès dans la connaissance de la nature de cette affection.