‹ De la diathèse uriqueChapitre 13 sur 22 · ÉTAT DE L’URINE · texte numérisé non relu

ÉTAT DE L’URINE

de la goutte consistait dans un défaut d’élimination de l’acide urique par les reins et dans une rétention de ce principe dans le sang, amenant secondairement son dépôt dans certains organes avec les accidents qui s’y rattachent.

La moyenne de l’excrétion normale étant de 0 gr. 51 cent, dans les vingt-quatre heures, Garrod a trouvé que, dans sept cas de goutte aiguë, le chiffre de l’acide urique a oscillé entre Ogr. 027 et 0 gr. 525 (1).

Au début de l’attaque, l’urine est claire et la quantité d’acide urique diminuée ; à mesure que la maladie s’avance, la proportion d’acide urique éliminé augmente et peut même dépasser la moyenne normale, constituant alors des sédiments critiques ; plus tard, l’acide urique diminue de nouveau, mais toujours moins qu’au commencement de l’attaque.

Dans la goutte chronique, la quantité cl’acide urique éliminé a toujours été inférieure à la quantité normale. Sur 17 observations , Garrod a trouvé une moyenne inférieure à 0 gr. 061 2). L’urine est plutôt pâle que foncée, d’une faible densité, et accrue en quantité ; elle ne laisse ordinairement pas de dépôts.

Dans l’intervalle des attaques, la quantité d’acide urique n’a jamais excédé la moyenne normale ; le plus souvent elle lui a été inférieure.

Ce qui avait contribué à induire en erreur les anciens observateurs, et à leur faire croire que, dans la goutte, l’urine con tenait un excès d’acide urique, c’est que, pendant la période fébrile de la goutte aiguë, l’excrétion urinaire est moindre, et que l’acidité du liquide est augmentée. Ces deux conditions font que les urates se précipitent et forment des sédiments plus ou moins abondants. Mais, si, au lieu d’envisager la quantité d’urates contenue dans la faible proportion d’urine qui est sécrétée, on tient compte de la quantité totale d’acide urique éliminée par les reins dans les vingt-quatre heures,

(1) Garrod, loc. cit., p. 173.

(2) Garrod, loc. cit., p. 188.

ou constatera facilement l’exactitude des faits avancés par

Garrod .

ün peut voir, quelquefois, dans l’intervalle des attaques de goutte, la quantité des urates augmenter de temps en temps dans les urines, comme s’il se faisait des décharges de ce principe (Charcot). Cette surabondance des produits uriques peut donner lieu à de lagravelle ou à des calculs.

Les autres constituants urinaires, l’urée entre autres, ne subissent que peu de changements dans la goutte. Mais il est assez commun de trouver dans l’urine une quantité d’albumine plus ou moins considérable. Cette albuminurie s’observe surtout dans les cas où l’urine contient des sédiments uratiques assez abondants (Garrod).

L’état des autres humeurs dans la diathèse urique n’a pas été recherché avec autant de soin que l’état du sang et de l’urine.

L’acide urique peut-il être éliminé par la peau? Nous avons vu que cette voie d'excrétion était très-douteuse pour l’état normal. Mais en est-il autrement dans l’état pathologique? Garrod, après avoir fait quelques recherches sur ce point, ne croit pas que l’acide urique puisse être éliminé par la sueur, il n’en a pas trouvé trace dans trois cas où il a analysé cette humeur chez des goutteux. Une fois, il a trouvé dans ce liquide de l’oxalate de chaux (1). Cependant, Petit et O. Henry disent avoir constaté, de l’urate de soude, chez quelques goutteux, dans la substance blanche qui se montre souvent sur la peau à la suite des accès (2) ; mais Garrod fait des réserves sur ces faits, et pense que peut-être l’acide urique provenait des dépôts tophacés qui existaient chez ces malades et dont quelques parcelles se seraient détachées avec l’épiderme. Martini et Ubaldini n’ont pu trouver, pas plus que Garrod, aucune trace d’acide urique dans les sueurs spontanées ou provoquées chez des goutteux (3).

(1) Garrod, loc. cit., p. loi.

(2) Ch. Petit, Nouveaux résultats de l’emploi des eaux minérales du Vichy dans le traitement de la goutte ; Paris, 1842.

(3) Martini et Ubaldini, Gaz, méd. de Paris , 1867, p. 746.

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