DÉPÔTS DANS I.ES VOIES URINAIRES. \ I
Od n'a pas déterminé si l’acide urique se trouve dans les sécrétions de la muqueuse des intestins chez les goutteux. 11 serait intéressant de voir si cet acide se trouve dans les excrétions aqueuses provoquées par un purgatif salin (1).
M. Charcot a trouvé de l’acide urique dans le liquide céphalo-rachidien (2). D’après Garrod, on le rencontrerait souvent dans les sécrétions morbides, par exemple dans les épanchements de la plèvre, du péricarde ou du péritoine, lorsque l'acide urique existe en quantité anormale dans le sang.
Enfin le môme auteur a démontré que l’on pouvait reconnaître, par le procédé du fil, la présence de l’acide urique dans la sérosité des vésicatoires appliqués chez le goutteux. Il a même établi que l’analyse de cette sérosité pouvait remplacer en partie la recherche de l’acide urique dans le sang. Il résulte en effet des observations qu’il a rapportées que, dans le cas où la présence de l’acide urique pourra être reconnue dans le sang à l’aide des procédés ordinaires, elle sera également constatée dans la sérosité des vésicatoires; mais il faut éviter d’appliquer les vésicatoires sur les parties enflammées, parce que l’inflammation, celle du moins qui est de nature goutteuse, aurait pour effet de détruire l’acide urique et d’empêcher qu’il ne se montre dans la sérosité.
§ 2. Dépôts de l’acide urique dans les voies urinaires. — Parmi les concrétions qui se forment dans les voies urinaires, les unes sont sous la dépendance de la diathèse urique ; les autres lui sont totalement étrangères. Nous ne voulons nous occuper que des premières : faire une étude complète de la gravelle et des calculs serait sortir complètement de notre sujet. Il est admis, en effet, par tous les auteurs, qu’un grand nombre de concrétions sont formées par des dépôts de nature, variable et sont liées à diverses maladies des organes urinaires, et qu’elles ne se rattachent en rien à un état général diathésique.
L’acide urique et les urates peuvent traverser les voies uri-
(1) Reynolds, A System, of medicine, art. Goût, par Garrod, t. I, p. 83U.
(2) Charcot, Lee. cliniques sur les maladies des vieillards, p. 43.
noires sans donner lieu à des accidents sérieux et sans former de concrétions ; on les retrouve alors dans l’urine. Mais il peut arriver, quand ces substances sont en quantité excessive ou que l’urine est rare, quelles se déposent sous une forme insoluble dans les reins ou la vessie et forment un noyau sur lequel, par une sorte de cristallisation imparfaite, de nouvelles quantités de ces produits pourront s’ajouter en donnant naissance à un calcul.
Sous le rapport de la maladie calculeuse en général, l’acide urique a une plus grande importance que les autres éléments des formations calculeuses, et cela pour plusieurs raisons : d’abord, il forme seul (avec les urates, bien entendu) un grand nombre de calculs urinaires; en second lieu, quand ceux-ci sont composés d’autres matières, le noyau sur lequel elles se sont déposées est, dans la grande majorité des cas, composé d’acide urique. Golding Bird rapporte que, sur 374 calculs renfermés dans la collection du muséum de l’hôpital de Guy, on trouve que les noyaux, pour 269 d’entre eux, sont formés d’acide urique ou d’urate d’ammoniaque (1).
Dans la gravelle, les fines concrétions que l’on a désignées sous le nom de sables sont presque uniquement constituées par de l’açide urique cristallisé. Les graviers composés par l’acicle urique pur ou uni aux urates sont aussi les plus fréquents. L’urate d’ammoniaque est le seul des sels uratiques qui puisse former des concrétions; les urates de soude, de potasse, de chaux et de magnésie sont toujours associés, dans la formation des graviers ou des calculs, à l’acide urique ou à l’urate d’ammoniaque.
Outre les concrétions qui se forment dans les canaux excréteurs de l’urine, la diathèse urique peut encore produire des dépôts uratiques dans la substance même du rein. Ceux-ci se présentent sous deux formes bien distinctes.
La première, décrite par Rayer (2) sous le nom de néphrite
(T) Golding Bird, De l’urine et des dépôts urinaires, trad. O’Rorke ; Paris 1831, p. 209.
(2) Rayer, Traité des maladies des reins, t. II p. 12.