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RELATIONS AVEC LA GOUTTE

fait n’est nullement démontré pour la plupart d’entre eux.

Assurément l'altération du sang pourrait parfaitement rendre compte de tous ces accidents, depuis ceux qui semblent être des névroses jusqu’à ceux qui revêtent le mode inflammatoire; je suis très-éloigné de vouloir le contester, et l’exemple de ce qui se passe dans le diabète peut rendre cette hypothèse légitime. Mais encore une fois, si l’on ne veut pas préjuger la question, encore faudrait-il que cette altération fût établie, comme elle l’a été pour la goutte articulaire ; ce serait un beau sujet de recherches à entreprendre.

§ 5. Relations de la diathèse urique avec la goutte, le diabète et l' albuminurie . — A. Avec la goutte. — Les détails dans lesquels nous sommes entré, au chapitre des accidents de la diathèse urique, nous permettront de résumer en un petit nombre de propositions les rapports de la diathèse urique et de la goutte.

Y a-t-il une diathèse urique dans la goutte articulaire ? Oui, cela est démontré. Garrod, en effet, a établi de la manière la plus positive que, dans la goutte articulaire aiguë ou chronique, il y avait toujours un excès cl’acide urique dans le sang.

La diathèse urique est- elle la cause de l’arthropathie goutteuse? Cela est probable, puisque la diminution de l’excrétion d’acide urique par les voies urinaires et l’accumulation de cet acide dans le sang précèdent l’apparition de la goutte articulaire (Garrod).

La diathèse urique est-elle la cause des concrétions uratiques qui se forment dans les tissus extra-articulaires ou dans les voies d’excrétion de l’acide urique? Même réponse que poulies arthropathies goutteuses, avec les réserves que nous avons faites pour les concrétions urinaires.

La diathèse urique est-elle la cause des accidents goutteux ab-articulaires? Ceux-ci relèvent-ils directement de la dyscrasie sanguine? On n’en sait rien. En somme, la diathèse urique ne parait être jusqu’ici qu’un mode dans la goutte, le plus important à la vérité, et celui qui tient sous sa dépendance les accidents les plus caractéristiques de cette maladie; mais, jus- Fernpt. 4

qu’à nouvel ordre, il n’est pas possible de lui rattacher toutes les manifestations delà diathèse goutteuse.

J’ajouterai, avec réserves, que ce mode ne paraît appartenir qu’à un des temps de l’évolution de la goutte ; et en effet, avant l’apparition des accidents confirmés de cette maladie, des dépôts et des concrétions uratiques, on observe souvent un grand nombre de phénomènes morbides qui paraissent dépendre de cette maladie générale : migraine, troubles gastriques ou intestinaux, etc., dont la relation avec la diathèse urique est encore douteuse.

B. Avec le diabète. — Les relations qui existent entre la diathèse urique et le diabète ont été traitées avec un très-grand soin par Marchai (de Galvi), et par Charcot dans ses leçons cliniques. Avant ces auteurs, cependant, Stosch (de Berlin), Neumann, Prout, Rayer et quelques autres (1) avaient signalé la relation entre la goutte, la gravelle et le diabète. M. Cl. Bernard avait même admis une forme de diabète qu’il appelait alternant et qui, comme son nom l’indique, pouvait alterner avec des accès de goutte. Mais c’est surtout Marchai (de Calvi) qui a insisté pour établir une connexion intime entre ces deux maladies et qui a démontré l’existence d’un diabète goutteux. Les faits rapportés par cet auteur (2) ne peuvent laisser aucun doute dans l’esprit sur la légitimité de l’interprétation qu’il leur a donnée. Charcot accepte l’opinion de Marchai (de Calvi) ; il a vu lui-mème le diabète succéder à la goutte, et il en rapporte un exemple remarquable (3). Le même auteur cite plusieurs faits qui établissent d’une manière très-nette les rapports en question, non plus chez le même sujet, mais chez plusieurs individus composant une même famille.

Ün a remarqué depuis longtemps déjà que la goutte et le diabète confirmés coexistaient rarement chez le même individu. Mais on les voit assez souvent se succéder l’un à l’autre.

(1) Consulter, pour cet historique, Charcot, Leçons cliniques, etc., p. 98.

(2) Marchai ("de Calvi), Des accidents diabétiques; Paris, p. 138, 147, etc. et p. 635 et suiv.

(,3) Charcot, Loc. cit., p. 99.

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