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RELATIONS AVEC LE DIABETE

Le diabète arrive d’ordinaire après la goutte, et il est rare qu’une fois établi, il disparaisse pour faire place à de nouveaux accidents goutteux. Il semble, en quelque sorte, que le diabète ait plus de fixité que la goutte.

Nous n’avons parlé jusqu’ici que de la goutte; or, nous avons déclaré qu’on ne pouvait, quant à présent, établir une identité complète entre cette maladie et la diathèse urique. Nous devrions donc nous demander si le rapport sur lequel nous venons d’insister existe en réalité entre la diathèse urique et le diabète. Pour Marchai (de Calvi) cela n’est pas douteux ; et le diabète urique serait même la variété commune et le type du diabète : « J’y vois, dit cet auteur, une manifestation goutteuse, subordonnée, comme toutes les manifestations du même ordre, à la diathèse urique (1). » A l’appui de cette opinion si nettement exprimée, il cite les exemples que nous avons signalés tout à l’heure et, en outre, des cas où l’uricémie était démontrée par l’existence de la gravelle urique ou par la présence d’un excès le plus souvent considérable d’acide urique dans les urines. Remarquons cependant que ces arguments ne prouvent qu’une chose, c’est le rapport très-étroit entre la diathèse urique et le diabète, et non la subordination du diabète à la diathèse urique.

Il parait probable que le diabète peut être une conséquence de l’uricémie. La succession fréquente du premier état au second, chez le même individu ou dans les transmissions héréditaires, conduit à le penser. Mais je ne crois pas possible actuellement de démontrer que l’uricémie soit la cause de certains diabètes; et voilà pourquoi je n’ai pas rangé cette dernière maladie parmi les effets de la diathèse urique.

Il faut noter, d’ailleurs, que les conditions qui amènent la glycoémie présentent plus d’un rapport avec celles qui amènent l’uricémie. Dans un vas comme dans l’autre, il s’agit d’une combustion incomplète des matériaux de la nutrition. Il n’est donc pas étonnant que ces deux états coïncident quelque-

(I) Marchai (de Calvi). Loc. cit., p. 634.

DIATHESE URIQUE.

fois, alternent assez souvent; faut-il en conclure que l'un soit la cause de l’autre? — 11 y aurait un parallèle intéressant à tracer entre la glycosurie et la diathèse urique (1 ) .

C. Avec l' albuminurie . — L’existence des lésions rénales que nous avons indiquées comme effets de la diathèse urique rend facilement compte de l’albuminurie qu’on rencontre fréquemment chez les goutteux ; et, dans ces cas, le passage de l’albumine dans les urines, qui est directement lié à l’altération du rein, peut être aussi considéré comme un effet indirect de l’u* ricémie.

Existe-t-il, en dehors de cette première forme, une albuminurie qui coïncide avec la présence d’un excès d’acide urique dans le sang, sans lésions rénales antécédentes? Cela parait probable ; et, si l’on observe que l’uricémie se rattache à une combustion incomplète des matières albuminoïdes dans l’économie, on pourra concevoir que ce trouble nutritif, à un degré plus élevé encore, puisse donner lieu à l’albuminurie par défaut complet de combustion des matériaux azotés. C’est là, j’ai hâte de le dire, une visée purement théorique ; car je ne sache pas que l’on ait démontré jusqu’ici l’existence de l’albuminurie dans la diathèse urique, sans lésions rénales.

Quoiqu’il en soit, la coexistence fréquente de l’albuminurie dans la diathèse urique reste un fait acquis; mais le rapport de subordination entre ces deux états ne peut être démontré que quand existent les altérations du rein signalées plus haut. Hors de cette condition, l’albuminurie et la diathèse urique peuvent dériver de conditions analogues, mais la seconde ne saurait être considérée comme une cause de la première.

On a signalé la bénignité relative de l’albuminurie chez les goutteux (Rayer). Bien que les altérations du parenchyme rénal qui coïncident avec les dépôts d’urate de soude ne diffèrent pas de celles qu’on rencontre dans la maladie de Briglit ordinaire, les symptômes propres à cette albuminurie goutteuse

(1) Consulter, sur ce sujet, Bonce Jones, Lectures en palhology and lliorapeutics; London, 18G7, p. 107 et passim.

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