‹ De la diathèse uriqueChapitre 7 sur 22 · PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE

qui est sécrété. D’autre part, Lehmann, dans des expériences faites sur lui-même, a montré qu’une alimentation non azotée diminuait la quantité d’acide urique, qu’une alimentation azotée l’augmentait (ces résultats sont, il est vrai, contraires à ceux obtenus par Magendie). Ces mêmes expériences montrent que le régime azoté augmente à la fois la proportion d’acide urique et d’urée ; ce qui établit que ces substances doivent provenir en partie de la combustion directe dans le sang des matériaux azotés apportés par l’alimentation.

Les recherches de Boussingault sur des canards montrent bien l'action isolée de la désassimilation et de l’alimentation sur la production de l’acide urique : celui-ci proviendrait à la fois des tissus usés et des matériaux albumineux absorbés par l’alimentation; l’influence de cette dernière source serait même considérable. Bence Jones a établi que l’alimentation avait même une influence immédiate, que l’acide urique était plus abondant après qu’avant le repas.

Mais, dans toutes ces expériences, comment a-t-on pu faire la part de la désassimilation en même temps que de l’alimentation? Comment établir l’influence de la seconde sur la première? Comment prouver que, si l’acide augmente après l’ingestion de matières azotées, cela ne tient pas à ce que la désassimilation est exagérée en même temps que l’assimilation?

Cependant, la plupart des auteurs admettent « la probabilité d’une double origine pour l’acide urique : l’une, des éléments azotés des tissus, et l’autre, des éléments de l’alimentation, riches en azote, qui échappent à l’action de l’assimilation primaire, ou subissent des changements incomplets tels qu’ils ne peuvent être convertis en parties constituantes du sang. Ils obéissent en conséquence, avec facilité, à l’influence métamorphique si enei giquement exercée dans les vaisseaux capillaires du corps ; et leurs éléments, en dernier ressort, sont excrétés sous forme d’acide urique, ordinairement combiné avec la soude, la chaux, etc. » (G. Bird).

Existe-t-il un rapport entre la quantité d’acide urique et la

quantité d’urée excrétées dans un même temps? D’après la théorie de Liebig, toutes choses égales d’ailleurs, ces deux substances devraient varier de proportion en rapport inverse. Or, contrairement à cette opinion. Thudichum est arrivé à cette conclusion, que les deux principaux produits d’excrétion des matières azotées étaient chez l’homme dans des relations intimes et variaient dans, le même sens, bien que leurs variations physiologiques ne fussent pas parallèles (1). D’autre part, les tableaux de Bodeker, rapportés par M, Scliutzenberger, montrent que ce rapport est très-variable suivant les individus, et que les écarts dans le chiffre d’acide urique sont beaucoup plus étendus que les écarts dans le chiffre d’urée : en effet, tandis que celui-ci oscille entre 20,3 et 38,9, le chiffre d’acide urique varie entre 0,3 et 1,4 (2).

Pourquoi les produits azotés sont-ils rejetés, parfois sous forme d’acide urique oud’urates, d’autres fois sous celle d’urée? On l’ignore, et on ne saurait se contenter d’invoquer l’énergie de la respiration : car, s’il est vrai que, chez le lion par exemple, qui respire activement, il se produit beaucoup d’urée et peu d’acide urique; d’un autre côté, chez les oiseaux de mer qui respirent activement aussi, c'est le contraire qui a lieu et l’urine est surtout riche en acide urique. Cependant cette condition est encore une des plus puissantes influences, comme nous le verrons dans un moment.

Quant au rapport qui existe entre l’acide urique et d’autres produits qui résultent, comme lui, de la combustion incomplète des substances azotées , l’acide oxalique par exemple , et aux conditions qui font que ces produits se forment au lieu de l’urée, ils sont encore moins déterminés, et nous n’en parlons que pour signaler ce fait, que l’acide oxalique et les oxalates se trouvent souvent à côté de l’acide urique et des urates, et paraissent dériver de conditions analogues.

J’ai signalé plus haut les organes dans lesquels on avait indiqué la présence de l’acide urique, et j’ai dit qu’on avait

1) Tlnidichum, On the pathol gy of the urine; London, 1858, p. 93.

(2) Schutzenberger, Chimie appliquée à la physiologie; Paris, 1864, p, 245.

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