DÉFINITION. — DIVISION DU SUJET
On désigne sous le nom de diathèse urique un état morbide de l’organisme, caractérisé par la présence d’une quantité anormale d’acide urique dans le sang.
On pourrait donner aussi à cet état morbide le nom d ’uricémi^Gigot-Suard), qui serait même, à ce qu’il me semble, préférable au précédent, parce qu’il exprime bien la condition de l’organisme dont il s’agit, et qu’il a l’avantage de ne pas prêter aux confusions que peut entraîner le mot diathèse.
La présence en excès de l’acide urique ou des urates dans le sang peut être plus ou moins transitoire et plus ou moins accessoire aussi, dans un grand nombre de maladies diverses. Malgré quelques recherches consciencieuses, l’étude de cette forme de la diathèse est encore incomplète. J’en ai parlé plus haut, je n’y reviendrai pas.
Mais cet état peut aussi être plus ou moins permanent, parce que les conditions de l’organisme auxquelles il se rattache sont elles-mêmes durables ; il a alors un rôle pathogénique important. C’est dans ces conditions qu’on peut, à vraiment parler, dire qu’il y a diathèse. Pour répondre au titre du sujet que nous avons à traiter, nous devons étudier la diathèse urique :
1° Au point de vue des conditions diverses qui peuvent la développer, c’est-à-dire de ses causes ;
2° Au point de vue des différents phénomènes qu’elle peut entraîner, c’est-à-dire de ses effets.
Ces deux points établis, nous aurons à indiquer comment on peut reconnaître la diathèse urique, et quelles sont ses indications diagnostiques et thérapeutiques.