‹ De la dilatation bidigitale: par double invagination dans les retrécissements du pylore et de l'intestin et des méthodes anciennes analoguesChapitre 11 sur 15 · SON · texte numérisé non relu

SON

se rattacher au pylore. Sténose du pylore accentuée avec ses: signes habituels : dilatation de l’estomac, péristaltisme, stase alimentaire, vomissements incessants, intolérance stomacale. On la fait passer en chirurgie dans le service de M. Jaboulay qui l’opère le 2 octobre 1897. Dilatation bidigitale du pylore. On constate une grosse tumeur appendue à la paroi antérieure du pylore. Nombreux ganglions cancéreux. Pas de généralisation viscérale Foie intact. Les aliments liquides sont. tolérés le lendemain. Dès le surlendemain, la malade prend, garde et digère des aliments solides et quelques jours après elle vit du régime ordinaire de la salle. Le cours des matières est rétabli, plus de constipation. Disparition des douleurs stomacales. Cicatrisation rapide. Cette amélioration, ou plutôt cette guérison se maintient. Seulement la malade atteinte de démence sénile est transférée aux salles d'isolement où elle meurt de cachexie cancéreuse le 3 février 1898. Elle a pu presque jusqu’à la fin manger avec appétit les alibiles ordinaires de l’hôpital. Son amélioration au point de vue gas- trique a donc duré quatre mois entiers. Pas d’autopsie.

OBSERVATION XI (Inédite) Service de M. Jaboulay

Anne V..., 58 ans, souffre de l’estomac depuis quinze ans, quelques heures après les repas. Depuis un an environ, les troubles digestifs se sont aggravés.Les vomissements, d’abord peu fréquents et amenant un soulagement, sont devenus quotidiens et très abondants. Jamais d’hématémèse ni de melœna. Depuis juillet dernier, anorexie, perte des forces, grand amaigrissement. Actuellement, 16 novembre 1897, teinte jaune paille et cachexie marquées. La palpation de l'abdomen révèle une tumeur, très dure, indépendante de la paroi, semblant correspondre au pylore. L'estomac très dilaté, distendu

par des liquides et des gaz, présente du clapotage et une sen-

sation de flot allant d’un bord à l’autre. À la moindre excitation, contractions péristaltiques qui dessinent nettement les limites de l’estomac. La grande courbure dépasse l’ombilie d’un grand travers de main. Jusqu'à trois ou quatre vomissements par jour de matières alimentaires non digérées, Urine rare, sans sucre ni albumine, soif vive.

Le 17 novembre M. Jaboulay pratique une laparotomie. Outre la tumeur pylorique, l’estomac présente à sa surface des granulations carcinomateuses. Toute autre opération étant contre-indiquée, il pratique la dilatation bidigitale du pylore. Suture des parois au fil métallique sur un seul plan.

Le 17 au soir, 38%5. Pouls faible et rapide, langue humide et blanchâtre. Le 20 au soir, la température remonte encore à 38°9 pour s’abaisser définitivement à la normale le lendemain et les jours suivants. Le 21, au matin, amélioration sensible ; la malade s’alimente.

Le 1er décembre, la plaie est cicatrisée et on enlève les fils. La malade ne reste que cinq à six jours à se remettre de l’opération, pendant lesquels elle est au régime lacté sans vomissements. Puis elle demande et mange de bon appétit et sans aucun trouble le régime ordinaire de la salle. Elle se déclare très satisfaite de l’opération, au point de se figurer guérie. C’est pour elle un changement complet opéré du Jour au lendemain. Cet état persista pendant un mois jusqu’au 20 décembre, à partir de laquelle date elle eut quelques vomissements alimentaires tous les trois ou quatre jours. L'alimentation s’effectuait néanmoins. Finalement la malade fut emportée le 6 janvier par une diarrhée colliquative qui durait depuis trois ou quatre jours, mais sans avoir repassé par les angoisses morales et les douleurs physiques qu’elle avait eues à son entrée à l'hôpital, et sans avoir conscience de son état désespéré.

Autopsie le lendemain. Obstruction complète du pylore : les

doigts ne se rejoignent pas dans l'exploration bidigitale. Grosse masse cancéreuse du volume d’une mandarine en avant du pylore. Généralisation au grand épiploon. Rien au foie. Ganglions cancéreux disséminés un peu partout. À l’ouverture du pylore, on constate qu’il y a à ce niveau une surface ulcérée entourée de végétations molles.

OBSERVATIONS XIL, XIII et XIV

Dans son article du 19 décembre 1897, M. Jaboulay déclare avoir opéré jusqu’à cette date avec succès neuf malades. Nous n’avons pu retrouver ces trois observations qui manquent. Mais la guérison des accidents ‘a duré un mois au minimum.

OBSERVATION XV (Inédite) Service de M. Jaboulay

Jean P..., 68 ans, journalier, vomit depuis sept à huit ans après avoir mangé et soulage ainsi ses souffrances. Brülure et pesanteur au creux épigastrique sans véritable douleur en broche. Jamais d’hématémêse. Amaïigrissement depuis deux ou trois ans, bien plus notable depuis un an. Le malade entré dans le service de M. Vinay, il y a un an, pesait alors 55 kgs. Il en est sorti sept à huit mois après ne pesant que 48 kgs. Il n’a pu à la suite reprendre son travail et son état n’a fait que s’aggraver. Hématémèse considérable, il y a trois semaines sous forme de vomissement noir ressemblant à du marc de café. Le malade entre alors dans ie service de M. le Professeur Lépine ie 8 novembre 1897. Cachexie et anémie marquées. Teinte cireuse de la peau. Asthénie complète. Léger œdème aux malléoles. Constipation, melæna. Douleur épigastrique à la pression. Clapotage, pas de tumeur sensible. Vomissements très acides avec Hel libre en notable quantité.

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