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CHAPITRE III

L’HYPOAZOTURIE COMME MOYEN DE DIAGNOSTIC DIF¬ FÉRENTIEL ENTRE LE CANCER DE L’ESTOMAC ET LES AUTRES AFFECTIONS DE CET ORGANE.

Le cancer de l’estomac est le type de ces cancers internes, de ces affections malignes souvent latentes dont il vient d’ètre question. Il arrive, en effet, en l’absence de tumeurs apparentes — or, Brinton nous apprend que la constatation caractéris¬

tique de la tumeur fait défaut dans 30 p. 100 des cas — que le diagnostic reste hésitant jusqu’à la période ultime de la maladie. Le malade souffre, il a des vomissements, des hématémèses et se eachectise. L’hématémèse étant, dans ce cas, le symptôme autour duquel doit pivoter le diagnostic, on recherche soigneusement toutes les causes susceptibles de le produire : traumatisme, affection du foie ou des reins, pyléphlébite, tension veineuse excessive (maladies du cœur), hémophilie, suppression d’un flux habituel, névrose (?) enfin. Puis, toutes ces causes éliminées, le diagnostic se cantonne entre les trois affections suivantes : ulcère de l’estomac, gastrite chronique, cancer. — C’est alors que le symptôme dont nous nous occupons acquiert une valeur considérable.

Nous renvoyons, poiir l’historique des applications de la méthode de Rommelaere au cancer de l’estomac, à notre premier chapitre. Tous les auteurs qui ont étudié fhypoazoturie

dans le cancer, en particulier Rommelaere, Dujardin-Beaumetz, Robin, Deschamps, ont envisagé ce côté de la question et rapporté des faits dans lesquels on voit le taux de l’urée tomber rapidement aux chiffres de 6, 7, 10 grammes. Dans la gastrite chronique et l’ulcère, au contraire, le taux de l’urée ne subit aucune diminution, même aux périodes avancées de la maladie.

On nous reprochera peut-être d’entreprendre ce chapitre sans pouvoir donner d’observations personnelles qui établissent la réalité de l’hypoazoturie dans le cancer gastrique. Par une curieuse coïncidence, la clinique médicale se trouve depuis plusieurs mois dépourvue d’affections de cette nature, alors que nous avons eu l’occasion d’observer un certain nombre d’ulcères et de gastrites. Mais la confirmation est moins nécessaire ici que dans beaucoup d’autres localisations cancéreuses. On conçoit sans peine que le cancer, lorsqu’il affecte l’estomac, détermine une hypoazoturie d’autant plus marquée, qu’à l’influence particulière de la tumeur maligne sur la nutrition vient s’ajouter l’altération spéciale des voies digestives, avec les troubles mécaniques et chimiques qui l’accompagnent.

Voici d’ailleurs le tableau, emprunté à la thèse de Deschamps, des moyennes obtenues par cet auteur et par Rommelaere dans un certain nombre de cas :

STATISTIQUE DE ROMMELAERE

Cancer de V estomac

Quantité d’urée

Moyenne de

quotidienne

Ferdinand M .

12 jours

6 gr. 12

Eléonore L .

Philomène B .

De B .

De M . . .

Catherine M .

Ce qui fait une moyenne générale de 9 gr. d’urée quotidienne.

Cancer de V estomac et du foie

Moyenne de

Urée

Mlle H .

1 jour

gr. 79

De B .

Van V .

Mme E .

Pétronille M .

Soit une moyenne quotidienne de 10 gr. 91 d’urée.

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