‹ De la diminution de l'urée dans le cancerChapitre 17 sur 20 · Sort le 22 décembre · texte numérisé non relu

Sort le 22 décembre

Dates

Urine

Urée

Chlorures

17 nov. 1888

Ils1- 23

Mixte. Inappét

Moyenne . . . llgr* 61.

Pas d’albumine; pas de sucre.

Observation XLIII. — Cancer de l’utérus inopérable. — Am — (Marie), 54 ans (salle Notre-Dame, n° 16). Atteinte, depuis six mois, d’un épithélioma du col de l’utérus, avec envahissement des tissus péri-utérins et de la paroi vaginale, mais sans cachexie.

Dates Urine

Urée

Chlorures

Régime

nov. 1888 l1

Mixte. Appétit

Movenne de l’urée. . .

Ni albumine, ni sucre.

Observation XLIV (Communiquée par M. Tédenat). — Cancer utérin— Il s’agit d’une dame de 51 ans, arrivée à la période ultime de la cachexie, et atteinte depuis 25 mois d’un cancer du col de l’utérus qui s’est étendu peu à peu au vagin, à la vessie et au rectum, provoquant la formation d’un vaste cloaque. Cette malade ne rend que 3 gr. d’urée dans les 24 heures.

Observation XLV. — Cancer du rectum. — Laf.. (Marie-Clémentine), 51 ans, entre, le 24 février 1888, dans le service de la clinique chirurgicale. Pas d'hérédité cancéreuse.

Constipation opiniâtre depuis son enfance. Antécédents arthritiques, douleurs rhumatismales au genou droit, il y a vingt ans; migraines, dépôts uratiques dans les urines, névralgies sus-orbitaires, hémorrhoïdes.

Réglée à 12 ans; menstruation régulière ; mariée à 16 ans ; ménopause à 40 ans.

Début de la maladie actuelle, il y atreize mois; pressée de faire sortir un bol fécal qui stationnait à l'anus, elle l'a extrait avec un crochet qui a ulcéré au passage la muqueuse rectale. A partir de ce moment, douleur continuelle, mais tolérable, à l’anus ; au bout de six mois, la malade a senti nettement l’existence d’une saillie dure et douloureuse. Deux mois après, on a enlevé, à Marseille, un gros bourgeon qui faisait saillie à l'anus. La récidive ne s’est pas lait attendre,et,depuislors, ce sontune douleur constante, des élancements à la moindre fatigue, des hémorragies à tout coup: la tumeur s accroît progressivement, la défécation est devenue extrêmement pénible.

Amaigrissement relatif. Tumeur ulcérée faisant tout le tour de l’orifice anal, avec saillies bourgeonnantes et infiltration plus marquée de la fosse ischio-rectale droite ; du côté du rectum, la lésion ne parait pas remonter au delà de cinq ou six centimètres.

Le 3 avril, M. Forgue pratique une large ablation de la tumeur et dépasse de toutes façons les limites apparentes du mal. Pendant la cicatrisation, l’orifice anal, profondément reporté, se rétrécit au point qu’il se développe des phénomènes de stercorémie. Une récidive locale apparaît en même temps vers le milieu de juin, et il survient aussi une pleurésie gauche pour laquelle la thoracentèse est pratiquée. Ultérieurement la cloison recto-vaginale est envahie, les ganglions de Faine droite s’infiltrent de matière cancéreuse ; des hémorragies se produisent; les douleurs sont terribles et continues, l’évacuation des matières fécales presque impossible.

Le 9 octobre seulement, la malade consent aune colotomie iliaque que pratique M. Forgue; l’anus artificiel fonctionne parfaitement, et prolonge, sans trop de souffrances, la vie de la malheureuse jusqu’en février 1889.

Dates

Urine

Urée

Chlorures

Régime

mai 1888

Mixte. Peu d’appétit

septembre

décembre

Moyenne de l’urée. . . 8,94

Traces d’albumine ; 0 gr. 79 de phosphates lors de la première analyse.

Observation XLYI. — Cancer du rectum. — X..., 41 ans, entre le 12 octobre 1888 dans le service de M. Forgue (salle Saint-Eloi n° 37). Depuis un an, il éprouve des douleurs violentes dans l’abdomen, une gêne notable de la défécation et de fréquentes hémorragies en allant à la selle. Il est amaigri et présente la teinte jaune-paille. Au toucher rectal, on sent à 8 ou 9 centimètres de profondeur, une série de tumeurs adhérentes aux parois, assez lisses et disposées irrégulièrement.

Le malade refuse la colotomie iliaque qu’on lui propose.

Voici le résultat de l’analyse des urines d’un seul jour: Urine

1 ,100, densité 1010 ; acide ; urée 10 gr. 41 ; chlorures i gr. 7 , ni albumine, ni sucre.

Observation XLV1I. — Cavcinovcic vésical. — Ott... (Frédéiic), 66 ans. Entre le 30 janvier 1888 dans le service de M. Dubrueil (salle Saint- Eloi, n° 30). Pas d’hérédité cancéreuse.

Alcoolique. Une blennorrhagie à 23 ans, avec écoulement tenace. Douleur rhumatismale dans le pied droit. Jamais de sable urinaire.

Début, il y a cinq mois, par des difficultés de miction qui ont dure cinq ou six jours et abouti à une rétention complète pendant un jour et demi. Quinze jours après, le malade a commencé à uriner du sang ; à cette époque, il souffrait en urinant et pissait tous les quarts d’heure. Au bout de trois mois, les hémorragies cessent, mais les douleurs persistent ; elles atteignent le maximum d’intensité pendant la miction et particulièrement à la fin de celle-ci ; la marche ne les provoque pas ; le séjour au lit les calme. Ces douleurs sont sourdes, siègent derrière le pubis et ne sont pas rapportées au gland. L’appétit a diminué ; dégoût de la viande ; constipation. Un

peu d’œdème aux chevilles, le soir.

Pâleur jaunâtre de la face, amaigrissement. Douleur à la pression de la région hypogastrique. Au toucher rectal, on sent des masses indurées en arrière et au-dessus de la prostate. Le cathétérisme, pratiqué par M. Dubrueil, révèle une série d’inégalités et de saillies sur la paroi vésicale du côté droit. La sonde ramène des débris de tissus qui, au microscope, ont la structure du carcinome.

Les urines renferment des globules rouges, des globules blancs, des cylindres, un peu d’albumine et 3 gr. 84 seulement d’urée par litre ; le malade ne présente pas de polyurie.

Pas d’intervention; le malade quitte l’hôpital le 13 mars.

Les chiffres obtenus dans ces neuf cas de tumeurs malignes peuvent être décomposés comme il suit : dans six cas de cancer utérin , le taux de 1 urée a atteint les chiffres de 8 gr. 8,

6 gr. 99, 17 gr. 96, 11 gr. 61, 18 gr. 58, 3 grammes ; — dans deux cas de cancer du rectum, nous avons trouve 8 gi . 94 et 10 pt 41 d urée ; un cas de carcinome vésical a donné 3 gr. 84 d’urée par litre.

Le cancer de l’utérus est une affection maligne, c’est là un fait indéniable ; et cependant, parmi les six observations que nous en avons rapportées, il en est deux dans lesquelles le taux de l’urée n’a subi qu’une réduction minime et a présenté la moyenne rassurante de 18 grammes II s’agit, dans l’un de ces faits, d’une tumeur très limitée, bien que datant de deux ans (obs. XLI) ; dans l’autre, d’un épithélioma à tendances plus envahissantes, mais de récente apparition (obs. XLIII) ; dans aucun d’eux, la malade n’était cachectique.

MM. Henrijean et Prost, (de Bruxelles), dans leur mémoire, signalent des faits analogues : deux femmes atteintes de cancer de l’utérus rendent encore 24 et 20 grammes d’urée.

L’hypoazoturie est donc un phénomène fréquent dans les tumeurs malignes de l’abdomen ; mais, comme pour le cancer des autres régions, son degré dépend de la période de la maladie et de l’altération secondaire de la nutrition.

Ceci enlève au symptôme en question beaucoup de sa valeur au point de vue d’un diagnostic utile, et nous n’oserions conclure avec M. Thiriar fl), dans un cas où le diagnostic se pose entre un fibrome et un cancer de l’utérus, qu’il s’agit d’une tumeur bénigne, parce que l’examen révèle un chiffre de 21 gr. 99 d’urée. Au début de l’affection maligne, au seul moment où l’intervention serait indiquée, ce critérium fait souvent défaut, et l’on ne peut trouver dans le dosage des déchets la confirmation d’un diagnostic. Inversement, la tuberculose, une ascite, ou l’existence d’altérations rénales concomitantes peut abaisser dans des proportions notables le chiffre de l’urée éliminée.

(1) Thiriar. Compte-rendu du Congrès de dur. de 1885, p. 142, obs. I.

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