I. — Récolte de F urine
Il est indispensable, pour des recherches exactes, que 1 examen porte sur la totalité de Vurine des *24 heures ; les auteurs qui se sont occupés de la question sont unanimes à le prescrire. « Le côté le plus important de ces recherches, nous écrivait récemment M. Rommelaere, réside dans la récolte totale du produit de la sécrétion rénale. C’est un point très difficile à obtenir, en pratique, et sans l’observation duquel les travaux entrepris n’ont aucune importance. »
Il est évident, en effet, tous les procédés de dosage ayant pour but la détermination du chiffre de l’urée par litre, qu’il laut multiplier ce coefficient par le chiffre total de l’urine émise en 24 heures pour connaître le taux quotidien de l’urée.
En supposant, d’ailleurs, que la quantité d’urine fût constante chez un même sujet, des recherches portant sur une fraction quelconque de l’urine de la journée n’auraient aucune valeur ; car, on le sait, la teneur d’une urine en urée varie considérablement aux diverses heures du jour. La plupart des auteurs qui ont écrit sur l’urologie ont fait des expériences à cet égard et constaté des écarts considérables : Rommelaere a trouvé chez un même sujet les termes extrêmes de 11 gr. 55 (à 10 heures du soir) et de 37 gr. 69 (à 6 heures du matin) d’urée par litre. On voit par là à quelles erreurs on s’expose si on n’a pas le soin de réunir pour l’examen le produit des 24 heures.
La récolte de l’urine des 24 heures est souvent difficile à réaliser ; il est indispensable de faire au malade en expérience des prescriptions minutieuses pour éviter la moindre erreur , qui aurait inévitablement pour cou équence un chiffre erroné des déchets azotés. Voici comment nous procédons d’habitude : au moment où le bocal est remis pour la première fois au malade (généralement vers dix heures, à la fin de la visite), celui-ci doit uriner dans son récipient ordinaire ; puis, durant 24 heures, il accumule dans le bpcal tous les produits de sa miction ; le lendemain, à dix heures, il urine pour la dernière fois dans son bocal, qui, dès lors, contient toute l’urine d’une journée. — Il est utile de recommander au sujet, lorsqu’il sent le besoin d’aller à la selle, de commencer par vider sa vessie dans le bocal, pour éviter la miction involontaire qui se produit au cours de la
défécation.
Malgré ces précautions, il est des erreurs inévitables dans la récolte de l’urine d’une seule journée, et l’on ne peut guère avoir la certitude d’une collection exacte que dans les cas où l’urine est directement retirée de la vessie par le cathétérisme.
Pour diminuer cette chance d’erreur, il est bon de ne pas
borner ses recherches aux produits d’une journée, dont la teneur en urée peut d’ailleurs avoir subi du fait de certaines circonstances [variations de l’appétit; diarrhée (Burot, Congrès de Rouen, 1883); émotions morales (Thiriar) ] des modifications exceptionnelles ; l'urine doit être recueillie pendant plusieurs jours consécutifs , trois jours par exemple. Il est utile, en outre, de répéter les analyses à quelque temps d’intervalle.