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II. — Procédé de dosage de Purée

Les procédés destinés à apprécier la teneur d’une urine en urée sont excessivement nombreux; on n’en compte pas moins d’une trentaine (Hugounenq) ; les deux principales méthodes sont celles de Liebig et d’Esbach.

La méthode de Liebig, mise en usage en Angleterre et en Allemagne, repose sur le principe suivant (Neubauer et Yogel) (1) : on précipite l’urée par l’hydrate de bioxyde de mercure, en neutralisant à mesure le mélange par le bicarbonate de soude; il se produit, quand toute l’urée est précipitée, une coloration jaune due à l’action du bicarbonate de soude sur l’hydrate de bioxyde de mercure.

Le procédé d'Esbach (2), ou méthode volumétrique, à peu près universellement employé en France, est basé sur la propriété que possède l’hypobromite de soude de décomposer l’urée en eau, acide carbonique et azote. — On opère avec l’appareil d’Esbach, dont on renverse, après dégagement, le tube gradué dans une cuvette remplie de liquide : l’eau s’ajoute aux liquides que contient le tube, l’acide carbonique sert à former du car-

(1) Neubauer et Yogel. Traité d' Urologie, 1877.

(2) Esbach. Société de biologie, 1873. — liull. de thérap ., 1874.

bonate de soude qui se dissout ; l’azote seul se dégage et vient occuper dans le tube un certain espace qu’il est facile de déterminer. Si l’on se reporte alors aux tables d’Esbach, en tenant compte des conditions de température, de pression et d’hygrométricité indiquées par le baroscope, on trouve tout calculé le chiffre de l’urée par litre correspondant à la quantité d’azote dégagé. Ce volume d’azote représente assez bien l’azote de l’urée, surtout si on a eu soin, dans la fabrication de la liqueur de lvnop qui sert au dosage et dont voici la tormule :

100 gr.

40 gr.

6 gr. (soit 2 cent, cubes)

Eau .

Lessive de soude . .

Brome .

l’aération est telle qu’cà la pression normale elle ne peut plus absorber de gaz.

Notre ami M. Hugounenq, l’un des brillants agrégés de la Faculté de Médecine de Lyon, a comparé, dans son excellente thèse (1), les méthodes de Liebig et d’Esbach, et est arrivé à la conclusion suivante : dans le dosage de l’urée urinaire, la première conduit à des résultats beaucoup trop élevés, la seconde à des chiffres un peu trop faibles. Il propose à son tour une méthode alcalimétrique d’une exactitude rigoureuse, appelée certainement à rendre de grands services dans les fines recherches de chimie biologique, mais que la complexité de ses manœuvres ne permet pas au praticien de faire sienne.

Inutile de revenir ici sur ce que nous avons dit, dans notre introduction, du dosage de l’azote total des urines. Cette recher-

(1) Hugounenq. /Expériences nouvelles sur le dosage et la pioduction physiologique de l’urée. Thèse de Montpellier, 1883, n 33.

che, à laquelle MM. Cazeneuve et Hugounenq (1) (de Lyon), et un distingué professeur de la Faculté des sciences de Montpellier, M. OEchsner de Coninck (2), ont récemment apporté d’importants perfectionnements, est encore trop compliquée pour rallier les suffrages des cliniciens.

Nous avons fait usage, dans nos recherches, du procédé d’Esbach, qui, des deux méthodes allemande et française, est de beaucoup la plus exacte, et que sa simplicité meta la portée de tous.

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