‹ De la dissolution des sels dans l'eauChapitre 11 sur 17 · ÉTUDE DES DISSOLUTIONS DES MÉLANGES SALINS · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES DISSOLUTIONS DES MÉLANGES SALINS

Après avoir étudié les propriétés des dissolutions salines qui ne contiennent qu’un seul sel, il faut passer en revue les"propriétés des dissolutions complexes, et [voir les modifications que cette complexité même leur fait subir.

On doit à M. F. Pfaff des expériences sur la solubilité de divers mélanges de deux sels formés par le même acide. Il a vu que la solubilité d'un sel est singulièrement modifiée par la présence d’un autre sel de même acide dans la même dissolution.

Elle peut être plus que doublée : sulfate de soude en présence do sulfate de magnésie ;

Ou réduite de plus de moitié : sulfate do cuivre en présence de sulfate de magnésie.

11 peut arriver que la solubilité des «leux sels soit à la fois augmentée : sulfate de soude et sulfate de potass'c mélangés.

On peut tirer les mêmes conclusions d’expériences sur la solubilité des mélanges de nitrates, expériences qui sont dues à M. Bernard Karsten.

Ces expériences, fort importantes au point de vue théorique, le sont aussi au point de vue de l’analyse des eaux minérales. Elles montrent que l’on ne doit pas croire, avec certains géologues, que c’est toujours le sjI le plus soluble qui se dissout en plus grande proportion dans l’eau, et particulièrement dans l’çau courante. M. Pfaff a, en effet, montré que l’influencé réciproque des sols mélangés est encore plus évidente quand, après les avoir placés dans un tube de verre, fermé à la partie inférieure par du papier à filtrer environné de neige, on fait traverser ce tube par un courant d’eau à 0°.

Nous avons vu que les sels dissous dans l’eau diminuent la tension des vapeurs que ce liquide émet; si donc on pouvait trouver deux sels incapables de réagir l’un sur l’autre, à l’état de dissolution, la diminution do la force élastique des vapeurs émises par cette dissolution serait égale à la somme des diminutions de tension que produirait individuellement chacun des sels dissous. M. Régnault a même indiqué ce caractère comme très-propre à faire reconnaître si deux sels ont ou n’ont pas d’action l’un sur l’autre. Mais M. Wülper a montré qu’une dissolution de deux sels de même acide ou de même base, tels, par conséquent, qu’on ne puisse concevoir entre eux aucune action chimique, émet des vapeurs dont la diminution de tension n’est pas égale à la somme des diminutions produites individuellement parles deux sels. Ainsi, en appelant /la tension maxima de la vapeur aqueuse émise à une température donnéo, J la diminution de la tension de cette vapeur qui s’observe,

si dans 100 p. d’eau on dissout 1 de sel, on a, d’après les expériences antérieures de Wiilner, pour le chlorure de sodium :

* = 0,00601 /, et, poür le sulfate de soude :

La somme de ces deux formules,

devrait représenter, si les deux sels n’avaient pas d’action l’un sur l’autre, la diminution produite par la dissolution simultanée de 1 partie de chlorure de sodium et de 1 partie de sulfate de soude dans 100 parties d’eau.

L'expérience a donné :

La diminution est d’ailleurs proportionnelle à la quantité du mélange des deux sels à parties égales que l’on fait dissoudre dans l’eau.

M. Wiilner à pbtènu les mêmes résultats en opérant sur des mélanges en proportions quelconques d’azotates dépotasse et de soude. Ils sont encore plus marqués si l’on considère des sels dont l’action chimique est manifeste. Ainsi, par le sulfate de potasse, on a :

<? = 0,00383/— 0,0000019 pour l’azotate de soude :

t = 0,00313 / 4- 0,000000907 / 2 ; pour le mélange de ces deux sels, à parties égales :

La somme des formules propres aux deux sels séparés aurait été :

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