‹ De la dissolution des sels dans l'eauChapitre 15 sur 17 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

APERÇU DE L’OPINION DES DIVERS AUTEURS SUR LA NATURE DE l’aFFINITÉ DE DISSOLUTION.

Nous ne pouvons terminer notre étude de la dissolution sans parler des hypothèses qui ont été émises sur la nature de la force qui préside à ce phénomène. Comme nous allons le voir, cette force est encore inconnue; nous serons donc très-sobre de détails, et nous ne ferons

(I) Recueil de mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires, tome LiV, page 302.

qu’exposer brièvement les idées des principaux auteurs qui se sont occupés de cette question.

Pour Berthollet, la cohésion, Taffinité dissolvante et l’affinité chimique ne diffèrent de l’attraction astronomique que par la distance infiniment moindre qui sépare les molécules des corps qui réagissent les uns sur les autres. La cohésion a lieu entre dos molécules identiques quelle ne modifie en rien ; l’affinité dissolvante entre dos molécules analogues et le résultat est un corps liquide dans lequel les propriétés des composants ne sont pas changées ; Taffinité chimique s’exerce entra des molécules différentes, et le résultat est un corps dont les propriétés sont distinctes de celles des composants.

Berthollet, on le sait, admettait que, entre un maximum et un minimum de combinaison, il peut y avoir un nombre infini de «degrés ; aussi, pour lui, la dissolution et la combinaison ne différaienbqae par l'antagonisme plus ou moins grand des corps en présence. En se bornant à l'observation stricte des faits, et en admettant, comme Berlliollet, que là cohésion, la force dissolvante et Taffinité sont des dérivées 4e l’attraction universelle, voici comment M. Bornas (l) résume des différences qui séparent les effets de ces trois forces ; nous citons textuellement :

« La cohésion s’exerce entre des molécules similaires ; -elle est faible « et sans limite apparente. La force dissolvante s’exerce de préférence « sur des particules analogues; elle est plus forte que la cohésion, et si « elle s’exerce d’une manière indéfinie, c’est seulement entre certaines « limites. L’affinité s’exerce surtout entre des particules dissemblables ; <i elle est très-énergique, présente des limites tranchées et donne des <( produits toujours définis. »

M. Ghevrëul (2}doit être rangé parmi les sa vaut s-qui rumeueut à l’attraction universelle les trois forces dont les effets sont si bien définis par M. Dumas.

Liebig (3) définit ainsi la dissolution : « Toutes les fois qu'un corps « solide se combine avec un liquide, él que de produit de du‘combinai- « son est lui-même un liquide, l’on nomme cette opération une disso- « dation. •» Liebig ne regarde pas l’affinité comme nue déri vée. de là

(1) Dümas. Zcçims sur la 'philosophie chimique professée au collé je de France, X e leçon. 1830.

(2) Comptes-rendus, tome LUI, page 40t.

(:)) Liebig. Introduction à l'élude de la chimie, traduction Gerhardl, 1837, §à*>-

cohésion; pour lui, ces forces sont distinctes, « Dans une dissolution, « dit-il, la force de cohésion du corps solide se trouve anéantie par l’af- « imité chimique du liquide. » Il regarde donc la force dissolvante comme lu Résultante de l’affinité et de la cohésion.

Berzélius (f), n’admet pas non plus l’identité de l’affinité dissolvante et de l’affinité chimique. Il regarde la première comme analogue à la capillarité ou attraction par les surfaces.

Telles sont les principales théories émises sur la force dissolvante ; en parler davantage serait nous entraîner à dns considérations sur |l’affiaâté chimique incompatibles avec les limites de notre thèse. La thermochimie, cette science, nouvelle due, ou peut le dire, à notre savant professeur* M. Berthelot, jettera, n’en doutons pas, un grand jour sur la cause de la dissolution ; rappelons seulement, pn terminant, ces, trois caractères de la dissolution :

Elle est due à la présence du calorique latent de liquéfaction du liquide;

Elle produit un refroidissement ;

Elle a lieu entre des particules analogues ; c’est à elle que l’on peut appliquer cette phrase d’Hippocrate : 'opotov ÿgrrm rp'o; r'o hpou-».

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