CONCLUSION
Le spectacle des horreurs de la guerre présente, le mépris avec lequel un adversaire sans scrupules a méconnu systématiquement les règles les plus fondamentales du droit des gens, doit fatalement amener à se demander s’il est possible encore de parler, à l'heure qu'il est,de l’existence d'un principe aussi important que la distinction des combattants et des non combattants. Que ce principe soit véritablement la pierre angulaire de tout le droit de la guerre,c’est ce qui résulte de toute cette étude. N'’enpas tenir compte,c'est renoncer aux atténuations que de longs siècles d'efforts et un état de civilisation avancé avaient fini par obtenir dans la pratique de la guerre ; c'est nous ramener à la barbarie primitive. Mais il ne faut pas se dissimuler que les complexités de la guerre moderne font de l'application de cette distinction un problème des plus délicats. Aussi, vouloir, comme l'ont fait les Conférences de La Haye, en réglementer tous les détails, c’est aller au devant d’une déception cruelle, et la leçon du présent conflit doit nous servir à cet égard. Pour vouloir trop prévoir on a abouti, en fait, à des résultats absolument négatifs.
En se terminant par la revanche du droit, la lutte
actuelle constituera la preuve la plus éclatante de l'exis-