‹ De la Distinction des Combattants et Non CombattantsChapitre 7 sur 27 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

vées dont l'effet est d'éviter le carnage inutile, de mettre un frein à la violence quand la violence n'est plus nécessaire, de répudier les actes les plus contraires à la décence et à l'honneur, on pourra en conclure que cet état de droit est l'indice d’une civilisation plus avancée, le respect d'une loi étant évidemment plus méritoire dans le feu de l’action guerrière que dans les loisirs et le calme de la paix » (1).

Seulement, peut-être s’était-on laissé aller à de trop chimériques espoirs, en voulant pousser trop loin une réglementation trop minutieuse, L'écart entre ce qui est et ce que des conventions pompeusement élaborées avaient proclamé s'est trouvé tel que les moins sceptiques ont pu douter de la possibilité de restaurer des règles internationales de la guerre, au lendemain de ce cataclysme. Quoi qu’il en soit, il ne faut pas oublier que si les empires centraux ont foulé aux pieds, non seulement toute convention, mais même tout principe, les États alliés, au contraire, n'ont cessé d’apporter dans la lutte les procédés les plus conformes au droit de la guerre, se donnant ainsi la faculté de parler au nom du droit international, d’en proclamer l'existence, et plus tard, d’en assurer le respect. Etil n’est pas téméraire d'augurer, de leur triomphe, l'établissement durable d’une loi internationale plus modeste peut-être que celle qui a précédé, mais plus réelle, plus conforme aux précédentes, et sur-

tout plus exactement observée.

(1) Pillet, La guerre actuelle et le droit des gens, 1916, p. 1ets,

Nous ne ferons pas, par suite, œuvre inutile en étudiant, sur le point particulier qui nous occupe, les prescriptions du droit des gens contemporain. En les mettant en parallèle avec la pratique germanique, nous verrons jusqu’à quel point, dans une matière aussi essentielle, l'absence de tout scrupule et le dédain le plus complet de toute limitation de la force ont pu conduire l'Empire allemand.

Une grande division dominera toute notre étude. Nous traiterons séparément de la guerre terrestre d’abord, puis de la guerre maritime, les problèmes concernant la distinction des combattants et des non combattants différant d'aspect dans les deux hypothèses. Nous nous efforcerons, du reste, dans chacune d’elles, d'envisager le plus complètement possible les questions si diverses

que fait naître la complexité de la guerre moderne.

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