DANS L HISTOIRE
fois tant de docilité et de pénétration. En présence de ces témoignages, une intelligence vulgaire s'émousse, une intelligence orgueilleuse se trouble et s'obscurcit. L'intelligence évidemment ne suffit pas; il faut rassembler toutes les ressources de Tâme, conscience, amour du vrai et du beau, pour pénétrer dans le sanctuaire. Ouplutôt,comme un humble catéchumène, on s'arrête sur le seuil. La science ne peut ici rien démontrer, rien rejeter. L'histoire évangélique a quelque chose d'absolu , d'inévitable, d'auguste, comme les mystères qu'elle renferme.
Plus j'ai réfléchi à ces conditions prodigieuses de
l'histoire évangélique, plus j'ai reconnu clairement l'eifet d'une volonté providentielle.
Vous voyez donc en quel sens la critique doit tenir compte de l'Evangile, et sur quelle base reposent les faits qu'il faut admettre, dès avant que le christianisme ne descende dans l'histoire. Mais, me direz-vous,la croyance que vous m'imposez est-elle donc si facile? La raison humaine, éprouvée par l'examen, perfectionnée par la méthode, ne répugne- t-elle pas à admettre des assertions dont on lui interdit le contrôle? J'avoue que ce serait une prétention vaine que de vouloir qu'on crût à l'Evangile de la même manière qu'on croit à César ou à Alexandre. Mais cette prétention, pouvez-vous en accuser l'Eglise? La preuve qu'elle n'a pas considéré la foi à l'Evangile comme un acte ordinaire de la raison, c'est qu'elle a fait de la foi la première