‹ De la divinité du christianisme dans ses rapports avec l'histoireChapitre 18 sur 57 · LA PLACE DE L'ÉVANGILE · texte numérisé non relu

LA PLACE DE L'ÉVANGILE

Un grand physicien se livrait en ma présence à des expériences sublimes sur une science qii*il a fondée, l'électricité dynamique. Cependant Teffet ne répondait pas à la démonstration : c'est qu'il avait oublié d'abaisser la soupape qui isolait son appareil du mouvement de la terre. Dans la recherche de la vérité métaphysique, ou plutôt hyperphystque, surnaturelle, nous ne posséderons jamais cette précieuse soupape.

L'homme a eu beau dérober le feu du ciel, il n'en a pas déplacé le foyer; la plus brillante lumière qu'il ait pu produire ne pâUt-elle pas devant le rayon du soleil ?

Ne nous y trompons pas, cette chimère de l'indépendance absolue de la pensée est le dernier fort dans lequel se maintient la dernière illusion d'un établissement purement humain de la justice et de la vérité sur la terre. Je ne m'occupe pas de ceux qui, dans un secret accord avec leurs passions, redoutent de croire, parce qu'ils voient le joug de la discipline au bout de toute croyance. Je ne m'adresse ici qu'à ces âmes vraiment honnêtes et pures qui se sont prises d'une passion désespérée pour le vide qui les entoure. L'oiseau se débat sous la machine pneumatique ; il redemande à la fois l'air et la vie ; mais les âmes dont je parle préféreraient la mort que donne le vide, à une existence qu'ils ne pourraient accepter sans faire l'aveu de leur propre faiblesse.

C'est que l'orgueil les mène à leur insu; c'est que

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le rôle de Titan les flatte ; c'est qu'elles se croient reines dans leur isolement, comme l'aigle dans son aire. Quant à moi, j'ai sincèrement renoncé à ma part de royauté. Je suis soldat, je suis ouvrier, rien de plus. Puissé-je mourir à mon poste, après avoir sérieusement travaillé et loyalement combattu ! Je n'ai pu parler aujourd'hui que de l'esprit qui animera le cours de cette année : on verra plus tard la marche que je dois suivre. Je le dis sincèrement et du fond de l'âme, si j'ofl're une garantie dans un si grave sujet, c'est parle sentiment profond que j'ai démon insuffisance. Ce sentiment seul dans ce siècle est un progrès; il guérit de la légèreté avec laquelle on adopte les jugements individuels ; il oblige à remonter à la source, à discuter les témoignages ; il rend fécond pour les générations nouvelles ce trésor de recherches et de convictions que le passé du christianisme nous a légué. Quand on est entré dans cette voie, on sent disparaître l'isolement dans lequel vivent les esprits de notre époque. Le problème n'est point nouveau. Les doutes qui nous assiègent ont aussi tourmenté nos pères ; il n'y a rien d'insolite, ni dans les objections, ni dans la contrariété des doctrines ; seulement, autrefois, le faisceau des traditions et l'harmonie de la défense constituaient une force que nous avons laissée se désorganiser : nous en sommes venus à ce degré d'oubli, que c'est être neuf que d'exhumer le passé. Les archives de la religion sont à mes yeux les monuments de la conscience humaine ; savoir y puiser,

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c'est tout ce que je voudrais, c'est plus que je n'espère.

L'abnégation personnelle que j'apporte à cette tâche empêchera du moins que mes efforts ne soient tout à fait inutiles.

DEUXIÈME LEGON

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