‹ De la divinité du christianisme dans ses rapports avec l'histoireChapitre 23 sur 57 · SEPTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SEPTIÈME LEÇON

LE CflSlSTIANISM£ NE DECOULE PAS DU PLATONISME.

J'arrive à la dernière objection qu'on a faite à Toriginalité du christianisme. Depuis longtemps, les opinionSi dont le christianisme a fait ses dogmes, étaient déposées dans les systèmes religieux de TOrient Pythagore et Phérécyde de Syros les ont importées en Grèce. Platon a achevé de leur donner la forme philosophique, La philosophie de Platon a passé aux Juifs hellénistes d'Alexandrie. Nous avons un monument des idées qui régnaient parmi eux, dans les œuvres de Philon, monument d'autant plus précieux qu'il est contemporain de Jésus-Christ. On y voit quel mélange s'était opéré entre la religion de Moïse et les traditions philosophiques de la Grèce» Les juifs, tels que Philon, s'abandonnaient d^aatimt plus aisément à cette pente, que dans Pla*-

ton ils croyaient reprendre leur propre bien. Ils s'étaient imaginé et avaient voulu faire croire aux Grecs que Platon, dans ses voyages, avait eu connaissance des livres de Moïse, soit par des communications avec les Juifs réfugiés en Egypte, soit par une prétendue version grecque de T Ancien Testament antérieure à celle des Septante.

Platon , qui convenait sans peine des emprunts qu'il avait faits aux religions de TÉgypte et de r Asie, avait dissimulé ses plagiats de la doctrine de Moïse. Avec cette confiance, les Juifs tels que Phi- Ion puisaient à leur tour sans scrupule dans les livres de Plalon, et c'est ainsi que les conceptions du philosophe grec, tout étrangères qu'elles fussent à la doctrine de Moïse, prenaient insensiblement droit de bourgeoisie chez les Hébreux.

Si les Juifs hellénistes s'imprégnaient ainsi de la philosophie grecque, les Juifs chaldéens, de leur côté, continuaient de subir l'influence de leur long séjour sur les bords de TEuphrate. Cette invasion des idées babyloniennes, dont nous possédons les monuments dans les livres kabbalistiques et le Talmud, portait les Juifs à désirer une révolution religieuse, dans laquelle tout ce bagage étranger pût se fondre avec la tradition mosaïque. La trace d'un tel mélange se retrouve, à ce qu'on prétend, dans les dogmes du christianisme.

Vous n'attendez pas de moi, messieurs, que je développe ici les différences et les ressemblances de la Kabbale et de l'Évangile. La Kabbale est dans le

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