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s’en aller, et ses travaux, jusqu’à vingt-et-un an, étant d’un prix dont notre Europe n’a pas d'idée, influeront d'autant sur la conduite des maîtres à son égard. Une chose qu’on peut assurer, c’est qu’on n’aperçoit aucune différence entre l’indented et les enfans de la maison, relativement aux vêtetemens et à la nourriture. On laisse à décider si cette institution n’est pas préférable à celle de nos hôpitaux pour lés enfans trouvés.
Les esclaves dans l’antiquité étoient Incomparablement plus nombreux que les domestiques dans nos temps modernes. Plusieurs auteurs italiens ï Fidèle Honofri, Jérôme Bardi, Nicolas Dolgioni et Zitlio ont consigné dans leurs écrits sur la populaüon de Venise, au 17° siècle, des calculs détaillés ,
d’après lesquels le rapport du nombre des domes-
tiques, à la population totale de la ville, étoit , suivant les uns ;, un peu moins que le 16°, suivant les autres , un peu plus du 14° (1).
Je n’ai pas assez de données pour asseoir un calcul exact sur le nombre des domestiques des
deux sexes dans la France actuelle. En 1760, Per-
RP OO RE PRO" RAR RER SISBREN (1) Cronologia Veneta , par Fidèle Honofri, in-12. Venetia, 1663. Le cose notabile della citta di Venetia, par J. Bardi, 2n-8.° Venetia, 1606. Cose notabile e maravigliose della citta di Wenelia, di N. Dolgioni et ampliata da Zittio, in-12. Ve netia , 1662, etc. nn Éubr 16 |
(#73) reciot imprimoit qu'il ne formoit pas le treizième dé la’population: Dans la ville de Baume, composée de 2419 habitans, on ne compte, disoit-il, que 180 domestiques des deux sexes; les grandes villes en ont davantage, mais il y en a beaucoup moins dans les villages, plusieurs même n’en ont au-
cun 1).
En 1746, à Turin, sur 93,076 individus, on comptoit 3,168 domestiques mâles et - b,292 femmes.
Ronnneanéréennmneen mme
Total 8,460 des deux sexes; c’est le onzième de la population.
D’après la statistique du département de l'Indre, on y comptoit, |
En 17989, 7,772 domestiques mâles.
Et en 1801, 7,169 donc la diminution
étoit de. DE M Aa Es 4 à te)
En 1789, 7,951 domestiques femelles.
En 1801, 7,695 donc la diminution
tit des sain tab
Donc, en 1801, le nombre total des domestià D EE
(x) V. De l'Etat civil dés personnes , 2 V01, in-4.° 1786,t.3; p. 148, ch. 15.
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(74) tiques de ce département étoit de 14,864 sur une population évaluée à 209,911 ete c'est à peu près le quatorzième.
En 1801, la population de Coblentz, chef-lieu de Rhin ke Mozelle, s’élevoit à 10 091 nbbiidtés dont 530 dnicinues mäles et 676 femelles.
Total. 1,406
Bonn, même département, avoit alors 8,853 individus et seulement 15 domestiques mâles ets ol du9 à L20xe femelles.
Æotal ex 190
Creutznach, sur 4,805 habitans comptoit 229 domestiques mâles.
2099 femelles.
a et
Total: sx, 1090
On voit quelle disparité présentant ces localités dE. férentes.
Le nombre dés personnes en service s’accroit avec l’accumulation des richesses, les distinctions sociales et l’inégalité des diverses classes. On a dit précédemment que Colquhoun compte à Londres environ deux cent mille domestiques. Il yen a proportionnément plus encore à Moscow, ville de deux cent mille âmes en été, et de trois cent mille
en hiver, où suivant un géographe on comple 8o mille domestiques (r).
À Paris et dans toutes les grandes villes, le nombre des domestiques augmente journellement par les tristes effets d’un luxe autrefois toléré, ensuite encouragé. Mais s’écarteroit-on beaucoup de la vérité en supposant qu'en France un nmullion d'individus des deux sexes est employé au service personnel, indépendamment de ceux qui sont livrés aux travaux agricoles? Communément la même table réunit ces derniers à leurs maîtres, dont ils sont plus rapprochés que dans les villes ; ici la distance est plus marquée. |
Dans ce tableau ne sont pas comprises les Co- Jonies flétries par l'esclavage. J’en excepte l’île de Saint-Louis en Afrique, où l’on a des domestiques dont le voyageur Durand fait l'éloge (2). Ainsi, il faut entendre avec restriction et n’appliquer qu’à l'intérieur de ce continent l’assertion de Mungo-Park, que dans cette partie du monde on
ne connoîit pas de serviteurs salariés et libres
comme en Europe (3).
(1) V. Les Annales géographiques, par Malte-Brun. t. 1, p.50.
(2) V. Voyageau Sénégal, par Durand , in-4.° Paris, 1802, P. 214.
(3) F. Mungo-Park, Voyages dans l’intérieur de l'Afrique. 1800, p. 32,
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Des noirs de la Nubie ont été jusqu’à la fin du siècle dernier dans l’usage d’aller librement offrir leurs services aux habitans du Caire, où ils étoient connus sous le uom de berberis, dont les Européens ont fait barberins. \s retournoient dans leur pays au bout de quelques années avec ce qu’ils avoient gagné. On les peint comme des do-
mestiques intelligens et adroits , mais voleurs. Leur
habillement et leur nourriture ne coûtoient presque rien; leurs gages étoient très-modiques, et les Européens établis en Egypte les prenotent vo- Jontiers à leur service, excepté les Français à qui, depuis l’an 1706 ; le consul Maillet avoit défendu d’avoir des domestiques Nubiens; cette défense étoit une espèce de représaille contre le roi de Sennaar , dans les Etats duquel avoit été assassiné Du Roule, envoyé par Louis XIV en Abyssine (1). | |
La domesticité est établie dans Plnde, où, pour être bien servi, on préfère aux Européens, les gens du pays. On est obligé d’en avoir un grand nombre, parce que la division des castes ayant réparti
les fonctions, chacun se borne à celles qui sont
affectées à sa caste; si on lui demande plus, 1l répond : ma caste le défend. Cette multiplicité de
(1) V. Voyage dans la Haute et Basse-Egypte, par Sonnini , 3 vol. 27-8.° Paris, t. 2, p. 350-0.
domestiques est telle, qu'au rapport des voyageurs, il n’est pas rare de voir à la porte d’une assemblée de quinze à vingt personnes deux ceuis
domestiques qui dent leurs maitres (1). L’inconvénient du grand nombre est compensé par la modicité des gages, puisque trois serviteurs malabares ne coûtent pas plus qu’un en Europe,
etils sont en général plus fidèles. Cependant, celte assertion est inconciliable avec le témoignage d’un homme très-instruit-des mœurs indiennes. Wardt assure que les domestiques y sont menteurs, \1bertins, et qu’en faisant des marchés pour Hi maîtres, is sont dans lasage de faire, pour leur propre compte, des friponneries qu'ils révèlent lorsque brouillés entre eux ils se querellent et se font des reproches (2).
Quant aux esclaves de ces contrées quelle que soit leur couleur, ils sont à l'abri des cruautés exercées contre ceux des Antilles, et leur sort est extrêmement adouci par la bienveillance; chez les Arabes tout leur devient commun avec les en-
(1) Voyages aux Indes, etc., par Renouard-de-Sainte- Croix , ën-8.° Paris, 1810, t. 1, p. 69, et lettre 19, p. 120.
(2) V. Account of the swritings, religion and manners of the Hindoos, by W. Wardt, in-4.0 Serampore, 1811,t. 1. Préface, p. xxj et suiy. P. aussi Buchanan, Travels, etc.
ee eee eee 2e pan EN LA AD Ve PERS PAR IREM N : 2V 0 dt D SAUT ANS
(76 ) fans de la maison , et souvent, au don de la liberté, Je maître joint celui d’un troupeau (1). Ce régime de bonté a lieu dans toute l'étendue de l'empire turc (2), où des Nègres arrivent quelquefois aux
premières dignités. Les Africains ne trouvent des
maîtres barbares que chez des nations qui se prétendent civilisées.
(:) Y. Regnier sur l'Egypte, p. 45.
(2) Sennini, zbid.