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(158) eux, cherchent donc à la mériter. Si jamais ils n’a busoient de la bonté d’un maître, déploieroit-il une sévérité qui répugne loujours à une âme sensible? Eh! combien il seroit doux de pouvoir se reposer entièrement sur leur vigilance et leur probité, de voir en eux des amis malheureux! Mais tant de faits prouvent que souvent cette confiance n’est sollicitée que poûr en abuser! La prudence oblige à des précautions qui aient le double effet de soustraire les domestiques aux tentations, et d’être pour les maîtres une säuve-garde, Une dame disoit un jour : Je ne suis pas surprise que Îles princes el les domestiques se portent bien, ils n'obéissent qu'à leur propre volonté.
Les grands chagrins tuent moins de monde que les tiraillemens journaliers. Une secousse violente peut troubler les facultés intellectuelles et vitales; mais‘il est plus facile à l’homme de déployer momentanément un caractère énergique, que d’en avoir habituellement. Dans le premier cas, il s’arme de courage, il appelle à son secours la religion et la raison ; au lieu que cette surveillance tracassière, mais nécessaire, qui renaît chaque jour, ces désagrémens répétés crispent les nerfs, provoquent lindignation, empoisounent lexistence.
Combien de mères de famille, dans l'alternative d’être rumées ou tourmentées, de perdre leur for-
( 159 ) tune ou leur santé, ont été par là conduites au tombeau! Cette éalansite n’est pas nouvelle : car dans le Recueil d’Inscriptions. antiques de Fabretti, On en lit une d’une romaine qui se réjouissoit de "mourir, pour être enfin délivrée de l'esclavage de ses esclaves, et qui, par testament, ordonna de graver celte énitsphe sur son Are : Pour linstruction de la postérité. La pièce est arrivée à son adrésse (1) ; mais des milliers d'individus ont hérité de ses malheurs.
(1), V. Fabreiti inscriptionum antiquarum explicatio, in-fol. Romæ, 1699, cap.10, p. 703. Le texte est bon à citer : Quo « nemo mortem alacrius admisit, quod a servorum suorum,
« servitute tandem liber evaderet. Hoc autem testamento cavit « posteris inscribi. »
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Causes de la dépravation des domestiques. La principale est la dépravation des maîtres.
Das ce que j'ai dit, concernant la dépravalion des domestiques, les maîtres seront probablement de mon avis ; Mais ne crieront-ils pas qu’on rédige une diatribe, si, en remontant aux sources du mal, on articule qu’il est presqu’entièrement leur ouvrage? Sous des formes souvent moins grossières, leurs
vices et leurs crimes sont dans la réalité plus énor-
mes que ceux de leurs subordonnés.
Jean Dalba, domestique chez les Jésuites du collége de Clermont à Paris, ayant dérobé des plats d’étain, fut traduit en justice, et s’y défendit en citant la morale du père Bauny, leur confrère, qui, dans ses Cas de conscience, autorise les domestiques à voler, pour suppléer à la modicité de leurs gages dont 1l les rend juges. Pascal, dans ses Provinciales , a saisi ce trait à côté duquel on peut placer en contraste ce qu’on a lu des domestiques de Port-Royÿal-des-Champs où il s’étoit retiré. Malgré le voisinage de Versailles et la dépravation
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