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(5) V. Epist. ad Thimoth., ©. 5, v.s.
(2) V. L’Abrège du traité des canonisations de Benoit XIV,
| par Joseph d’Audierne, t. 4, p. 42 et suiv.
(3) V. Dans let. 13 des Œuvres du chancelier d'Aguesseau. Sa vie,p.ri7et1:8.
(4) V. Le Testament de Pithou dans le Conservateur, 1757;
(5) V. Le Nécrologe de Port-Royal, p. 119et 45.
( 166 ) verneur de Massachussets, mort en 1720, quiles catéchisoit lui-même (1).
Louis XIV , avant d’expirer, demande pardon à ses domestiques qu'il avoit si souvent scandalisés : le cardinal Pierre de Luxembourg, près de mourir, se fait donner la discipline par les siens qu'il avoit édifiés (2). Celui-ci pratiquoit un acte d’humilité assez étrange , mais le premier acquittoit un devoir. bien tardif. |
Sur les côtes occidentales de l'Afrique, les Européens, portant les exemples de brigandage et de
débauche, ont altéré les vertus natives des indi-
gènes, tandis que dans Pintérieur de ce continent Ledyart, Horneman et Mungo-Park ont trouvé la simplicité patriarchale. Le missionnaire M. Perrin, qui à publié en 1804 son voyage dans l’Indostan, reproche aux Français établis dans cette contrée d’avoir, par leurs scandaleux exemples, perverti les serviteurs (3). | L'exemple bon ou mauvais est le plus éloquent desprédicateurs; très-peu d'hommes cultivent leur.
(1) V, An American biographical. and historical dictionary, elc., by William Allen, in-8.° Cambrige d’Amérique, 1809, art. Joseph Dudley.
f2) VW. Dans Baillet, 5 juillet, la Vie du bienheureux Pierre de Luxembourg, |
(3) V. Voyage dans l’Indostan, par Perrin, in-8.°. Paris, 2 Vol. 1804, t. 2, p. 262.
raison , leur cœur , et agissent par principes : presque tous imitenil; rarement trouvera-t-on an ser- | viteur vertueux chez un homme vicieux. Ce serviteur le quittera, sinon il lui ressemblera, et com- | munément il est vrai le proverbe trivial : te! maître tel valet. Les maîtres sont les premiers, les plus | grands coupables. Des enfans, des serviteurs entendront-ils sans cesse le langage de la fausseté | sans devenir fourbes , de lincrédulité sans devenir impies, du vice sans se corrompre ? Dans vos jar-
| dins, vos maisons, la peinture, la sculpture, la gra- |vure offrent partout les scènes dégoütantes de la
Jubricité. Eussiez-vous banni ces turpitudes, n’es- | pérez pas que vos exhortations leur imculqueront Vamour de la vertu , si votre conduite personnelle n’est en harmonie avec vos discours ; ils écoutent ce qu'on leur dit, ils font ce qu'ils voyent pratiquer.
Des maîtres ayant suborné , débauché des domestiques , leur parleront-ils de délicatesse dans les sentimens, de régularité dans la conduite ? Lorsque, foulant aux pieds les devoirs religieux et la majesté | des mœurs, ilsinvitent à la licence par leurs propos
| et leurs actions, peuvent-ils s'étonner de l’immoralité de ceux qui leur obéissent ?
| Des domestiques auront-ils des mœurs, lorsque, | complices de la maîtresse qui achète leur silence, | elle se ligue avec eux pour grossir des mémoires
( 168 ) dont l’excédant, payé par l'époux trop confiant , “ servira au libertinage ct à la vanité de sa femme ? . Auront-ils des mœurs, lorsqu'ils sont confidens des foiblesses du chef de la maison, quand l'avantage ou le malheur d’avoir une figure attrayante expose une jeune personne à être séduite par le maître et maltraitée par la maîtresse.
Bonacossa vouloit sans doute prémunir les filles contre ce danger, lorsqu'énumérant les qualités convenables à celle qui entre en maison, il veut “ qu’elle soit fidèle, laide et intraitable (1). L'ius- | tre Salvien, si peu lu présentement, et si digne d’être lu, écrivoit, 1l y a quinze siècles : La matrone, ou dame de la maison est ravalée à l’état de ses servantes, quand le père de famille devient leur mari : alors la perversité du chef gangrène tous les membres (2).
Il est des vices, imhérens pour ainsi dire à chaque
(x) Fidelis, deformis, ferox. Ÿ. le Traité De Servis, hominibus propriis et famulis, par Huzanus Bonacossa et Erchard, én-12. Gissæ, 1663.
(2) Haud multüm matrona abest à vilitate servarum ubi paterfamiliäs anciliarum maritus est... Quanta servarum illic corruptela , ubi dominorum tanta corruptio ? morbido enim capite, nil sanum est , neque ullam membrum officie suo fangitur, ubi quod est principale non constat, Salviani de Gubernatione dei , 1. 5, p. 157 et 158, édit. de Baluze, Paris,
( 169 } état. La propension des domestiques à linfidélité
trouve un aliment dans leur position même relati-
vement au maître. Voilà deux individus, dont com-
munément lun estinstruit, l’autre ignorant : l’un,
dit Godwin (1), a des principes, l'autre n’a pas de
volonté; lun habite un bel appartement, l'autre est relégué us an galetas; l’un est maltraité de la
fortune, l’autre en a les faveurs; l'aspect des ri-
chesses irrite sans cesse la convoitise de celui qui en est privé. Résistera-t-il à cette tentation conire laquelle l'éducation ne l’a pas fortifié : ? Résisterat-il à l'usage presque général chez les marchands de faire aux dépens du maître des remises aux domestiques sur toutes les emplettes? car les vendeurs comme les acheteurs ont souvent leur morale à part, et l’on ne peut se dissimuler que la plupart des professions qui fournissent au besoin journalier des familles coopèrent puissamment à dépraver la domesticité.
La fureur de détruire a frappé, dans le temps de la terreur, presque toutes les écoles-de campagne qui sont cependant les plus indispensables. Leurs modiquesrevenusontété dilapidés, et, depuis cette époque, plusieurs générations ont atteint l’adolescence. Le défaut d'instruction qui les rend accessibles à tous les excès, accuse les gouvernans lors-
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(1) The Inquirer, by Godwin, 2.° part., Essai 4.° q / > P
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qu'ils négligent cette branche de l'administration
publique. Les persécutions ont également tari pen-
dant plusieurs années linstruction religieuse sans Jaquelle la société n'aura jamais de garantie , et qui est l'indispensable supplément de la loi: car un peuple, je lai dit ailleurs, et on ne peut trop le répéler , un peuple ne recevra jamais sa morale que des mains de la religion. Quant à vous, soidisant sages, qui prêchez la vertu sans la rattacher aux espérances d’une vie future où chacun sera traité selon ses œuvres ; pardonnez à la sévérité de mon jugement; mais l’expérience acquise, en vous étudiant, a vérifié que parmi les contempteurs de toute religion, il wen est point dont je voulusse cautionner la probité.
Il est une foule de domestiques sur lesquels la vertu et ses motifs ont absolument perdu leur empire, et qui lasseroient la patience la plus in trépide. Cette observation atiénue la vérité de ladage trivial : Les bons maitres font les bons domnestiques. Quoique lurbanité française n’existe plus guère que dans nos souvenirs et dans nos regrets, la corruption des maîtres a communément des formes moins hideuses que celles de leurs subordonnés, mais elle atteste d’autant plus l’hypocrisie des premiers. L'abus des moyens que leur ofroit une éducation plus cultivée les rend plus coupables.
Où trouvera-t-on des vertus, quand la pudéur publique est éteinte au point que, dans les Petites Affiches, on a lu des annonces telles que celles-ci : «& Un homme seul désireroit trouver pour son mé- « nage une jeune personne de dix-huit à vingtans. « — Une jeune fille, ayant des talens agréables,
« voudroit se placer chez un homme seul. »
. Aux causes indiquées de la corruption des domestiques, ajoutons les loteries et les jeux publics qui augmentent le nombre des dupes et des fripons. Partout où ces abus sont tolérés, il faut multiplier les hôpitaux, les prisons et les échafauds; alors les souvernemens punissent les crimes qu'ils ont fait, ou laissé naître. Une foule de gens alléchés par lespérance trompeuse de faire fortune, commencent par le vol et finissent par le suicide. Les jeux, les loteries sont, dit-on, un mal nécessaire dans les grandes villes. Ah! si Pon scrutoit les motifs d'intérêt personnel de ceux qui allèguent ce prétexte pour mettre à contribution les vices les plus désoûtans, que de turpitudes à révéler! Appliquez à d’utiles entreprisés seulement le quart des sommes absorbées par des architectes dévorateurs , et Je vous garantis des résultats bien autrement utiles que vos palliatifs.
Sur l’article des loteries, le mal est grand à Paris, il l’est plus encore à Londres, où par des chambres
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(172) d'assurance de mises en loterie, on séduit ceux qui tentent les chances de la fortune. Colquhoun, dans son ouvrage curieux sur la Police de la Métropole, déclare que ces chambres forment une effroyable confédération , et qu’en 1796 elles avoient environ deux mille agens.